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      <title>32 mai by </title>
      <link>https://padlet.com/offta2020/32mai</link>
      <description>Épisode 3</description>
      <language>en-us</language>
      <pubDate>2020-05-22 20:15:18 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/589691632</link>
         <description><![CDATA[<div>Je m’appelle Yohayna. J’habite à Montréal. Je me lève. Je lave mes mains pendant une heure. Je m’habille. Je prends mon masque et mes lunettes blindées. Je  donne une bise à mon chum à travers les murs de verre qui nous séparent à l’intérieur de notre maison. Je sors pour chercher les aliments que le gouvernement nous assigne tous les 15 jours. Je marche, toujours en gardant les 5 mètres de distanciation humaine. Une application dans mes lunettes blindées me donne des notifications lorsqu'un danger humain s'approche de moi. Aujourd’hui, je ne travaille pas en marchant parce que c’est ma journée de congé de l’année. Aujourd’hui, c’est le 32 mai 2030. Qu’est-ce que vous faites le 32 mai 2030? Pouvez-vous raconter votre journée du 32 mai 2030 à une personne qui vous intéresse et ensuite lui demander de raconter à son tour ce qu’il/elle fera le 32 mai 2030?<br><strong>Yohayna Hernández, dramaturge, 36 ans, Montréal.</strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-22 20:17:58 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/589692669</link>
         <description><![CDATA[<div>Le vent froid souffle son haleine matinale et pénètre au travers des murs mal isolés de notre cabane.</div><div>Le sol stérile de la taïga dégradée gèle nos pieds. Autour du poêle nos visages inquiets et émaciés par la faim cherchent le réconfort de la chaleur.</div><div>Notre dissidence nous a bannis définitivement.  Nous n’avons plus rien que nos larmes et les moyens nous manquent de contester les pratiques spoliatrices des États et des industries mafieuses. Nous attendons patiemment un jour d’insurrection où nous pourrons tuer de nouveau quelques-uns de ceux qui nous causent du tort.</div><div>Au travers de la vitre et de la lumière de l’aube, nous apercevons de nos compagnons qui reviennent d’un raid nocturne. Aux abords de la mine, ils ont capturé un capitaliste et deux gestionnaires. Cet après-midi, nous allons les tuer, les dépecer, les rôtir et puis manger les quelques rations que nous aurons préalablement partagées, avant de congeler les restes dans la neige.</div><div>Ce banquet sinistre ne nous aura extirpé aucune joie, aucune espérance.</div><div>Nous sommes le 32 mai 2030, et tant bien que mal, nous nous efforçons d’assumer la laideur morale du monde. <br><strong>Jonathan Laroche, gardien de l'ordre social (caissier-vendeur, SAQ), 42 ans, Montréal.</strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-22 20:18:50 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/601614434</link>
         <description><![CDATA[]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:19:50 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/601648481</link>
         <description><![CDATA[<div>Mi nombre es Daniel. Vivo en Isla X, Cayo Largo del Sur antes de que cayera el gobierno comunista y se produjera El Gran Exodo, pero nadie usa ya ese nombre. Me levanto a las 7am, y voy al mar turquesa, a tomar mi baño matinal, desnudo, como todo el mundo. Froto mi cuerpo, reseco ya como cuero curtido y siento vigor, ganas infinitas de vivir y contribuir a nuestro proyecto. Por la mañana me toca cuidado y reproducción de nuestra colonia de corales resistentes al calentamiento y acidificación del mar. Después de almuerzo, mantenimiento de nuestra modesta pero suficiente flotilla de barcos pesqueros y catamaranes. Cuando se ponga el sol, habrá debates y más música y más arte. Hoy es 32 de mayo del 2030, y mañana 33 será igual de interesante.  <br><strong>Daniel Hernández, Físico, 37 años, NYC.</strong><br> <br> <em>Je m'appelle Daniel. Je vis sur l'île X, qui s’appelait Cayo Largo del Sur, avant que ne chute le gouvernement communiste et ne se produise le Grand Exode, mais personne n'utilise plus ce nom. Je me lève à 7 heures du matin, et je rejoins la mer turquoise, pour prendre mon bain matinal, nu, comme tout le monde. Je me frotte le corps, déjà sec comme du cuir tanné, et je ressens un désir vigoureux et infini de vivre et de contribuer à notre projet. Le matin, je prends soin de notre colonie de coraux résistants au réchauffement et à l'acidification de la mer. Après le déjeuner, je maintiens notre modeste, mais suffisante flotte de bateaux de pêche et de catamarans. Quand le soleil se couchera, il y aura des discussions et plus de musique et plus d'art. Nous sommes le 32 mai 2030 et demain, le 33, sera tout aussi intéressant. <br></em><strong><em>Daniel Hernández, physicien, 37 ans, NYC.</em></strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:40:15 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/601650388</link>
         <description><![CDATA[<div>Acabo de hacer una investigación, <em>Internet huele a muertos</em>, sobre un proyecto de archivo que se generó en el 2020 cuando la pandemia. Es un proyecto un poco confuso, una especie de archivo del confinamiento que hizo una gente que terminó desapareciendo sin dejar rastro, todo un poco misterioso, y por eso me interesó trabajarlo y también por todo aquel revuelo que se armó en aquel momento con lo del virus. Visto desde hoy, parece ya todo aquello tan ingenuo... como una historia para niños, o para fantasmas. Os acordáis cuando las redes funcionaban por internet? Ahora basta con calentarse uno un poco y ya te empiezas a comunicar con quien quieras.</div><div> «<em>Internet huele a muertos</em> se podía entender de muchas maneras, aunque en aquel   momento solo se tomó como una provocación fuera de lugar; nadie pensó en el erotismo de los muertos, como mucho se llegó a relacionar con el consumo de pornografía en internet, que sufrió también los efectos del archivo.  El archivo reducía la libido. Increíble. ¿Qué posibilidad de erotismo quedaba en la red? ¿Y de todos modos, a quién le interesaba hablar de muertos con los cementerios desbordados? »<br><strong>Oscar Cornago, investigador, 51 años, Madrid.</strong></div><div> </div><div><em>Je viens de faire un travail de recherche, nommé Internet sent les morts, sur un projet d'archives qui a été généré en 2020 lorsque la pandémie a frappé. C'est un projet un peu déroutant, une sorte d'archive de l'enfermement des personnes qui ont fini par disparaître sans laisser de traces, tout cela est un peu mystérieux, et c'est pour cela que je me suis intéressé à y travailler et aussi à cause de toute l'agitation qui s'est créée à l'époque avec le virus. Du point de vue actuel, tout semble si naïf... comme une histoire pour les enfants, ou pour les fantômes. Vous souvenez-vous de l'époque où les réseaux fonctionnaient grâce à Internet ? Maintenant, il suffit de s'exciter un peu et de commencer à communiquer avec qui vous voulez.</em></div><div><em> "Internet sent les morts pouvait être compris de nombreuses façons, bien qu'à l'époque, elle n'ait été considérée que comme une provocation hors de propos ; personne ne pensait à l'érotisme des morts, tout au plus était-il lié à la consommation de pornographie sur Internet, qui subissait également les effets des archives.  Les archives ont réduit la libido. Incroyable. Quelle possibilité d'érotisme restait-il  sur le net ? Et de toute façon, qui pouvait s’intéresser à parler des morts avec des cimetières débordants ? » <br></em><strong><em>Oscar Cornago, chercheur, 51 ans, Madrid.</em></strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:41:35 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/601650989</link>
         <description><![CDATA[<div>Cuando yo sea más grande podré comer y bañarme solo. El 32 de mayo de 2030 me despierto por la mañana, desayuno, hago las tareas y después me baño para estar fresquito. Luego con mi tapaboca iría a comprar comida y juguetes. Y viviría en la misma casa con mi mamá, porque no quiero abandonarla. También viviría con mi abuela y con mi papá. Ese día comeríamos chícharos y un puerco asado, cocinado por mi abuela con mi ayuda. Y después de comer nos lavaríamos los dientes, nos tomamos las pastillas y nos vamos a dormir viendo muñequitos. También después de ver los muñequitos podemos leer un cuento. No tendría novia, porque no quiero tener novia hasta que no tenga 30, 40 o 1040 años de edad. Ese día en la escuela también haría las tareas y le haría caso a mi maestra, porque yo en la escuela me porto bien. <br><strong>Daniel González Méndez, 5 años, La Habana.</strong></div><div> </div><div><em>Quand je serai plus âgé, je pourrai manger et me laver tout seul. Le 32 mai 2030, je me réveille le matin, je prends mon petit-déjeuner, je fais mes devoirs et je prends un bain pour rester frais. Ensuite, avec mon embout, j'allais acheter de la nourriture et des jouets. Et je vivrais dans la même maison que ma mère, parce que je ne veux pas la quitter. Je vivrais aussi avec ma grand-mère et mon père. Ce jour-là, nous mangions des couennes de porc et un rôti de porc, cuisiné par ma grand-mère avec mon aide. Et après avoir mangé, nous nous brossions les dents, prenions nos pilules et nous endormions en regardant des poupées. Après avoir vu les poupées, on peut aussi lire une histoire. Je n'aurais pas de petite amie, parce que je ne veux pas de petite amie avant d'avoir 30, 40 ou 1040 ans. Ce jour-là, à l'école, je faisais aussi mes devoirs et j'écoutais mon professeur, parce que je suis bon à l'école. </em><strong><em>Daniel Gonzalez Mendez, 5 ans, La Havane.</em></strong></div><div> </div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:41:59 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/601651697</link>
         <description><![CDATA[<div>Hay una parte de mí que ese día estará tranquila. Llevo una vida muy tranquila rodeado de cultivos de flores. Cerca de las cascadas estoy con mis amigos, con una persona que me quiera y con la que converso mucho. Haríamos juntos unos almuerzos, de arroz con leche de coco, oiríamos música, de sonidos de reguee con sonidos de pájaros de mi jardín. En ese lugar donde estoy, amiga, vive poca gente, y las personas hablan con la mirada. Hay muchos bálsamos que curan el dolor del cuerpo y no hay pesadillas y yo, increíblemente, estoy tranquilo. Todo se cura con el sol, se toman muchos cocimientos muy agradables. También en este lugar hay todo tipo de frutas y néctares. No hay productos enlatados y el mar cerca, lo sé.  Tengo un pequeño bote en el que salgo a dar paseos en el mar. Es un futuro en la tranquilidad, entre el sonido de los pájaros y con un hombre, también tranquilo, que me ama. Hoy es 32 de mayo de 2030 y sé que es mucho pedir.  </div><div><strong>Marien Fernández Castillo, poèta, 37 años, Yaguajay.<br></strong> </div><div><em>Il y a une partie de moi qui va être tranquille ce jour-là. Je mène une vie très tranquille, entourée de cultures de fleurs. Près des cascades, je suis avec mes amis, avec une personne qui m'aime et avec qui je parle beaucoup. Nous ferions quelques déjeuners ensemble, du riz au lait de coco, nous entendrions de la musique, des sonorités reggae avec des sons d'oiseaux de mon jardin. Dans ce lieu où je suis, peu de gens vivent, et les gens parlent avec leurs yeux. Il existe de nombreux baumes qui soignent les douleurs du corps et il n'y a pas de cauchemars et moi, incroyablement, je suis calme. Tout se guérit par le soleil, il se consomme beaucoup de tisanes très agréables. On y trouve également toutes sortes de fruits et de nectars. Il n'y a pas de produits en conserves et la mer est toute proche, je le sais.  J'ai un petit bateau dans lequel je me promène en mer. C'est un avenir dans la tranquillité, au milieu du bruit des oiseaux et avec un homme, lui aussi tranquille, qui m'aime. Nous sommes le 32 mai 2030, et je sais que c'est beaucoup demander. </em><strong><em>Marien Fernández Castillo, poète, 37 ans, Yaguajay</em></strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:42:27 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/601652100</link>
         <description><![CDATA[<div>Huit ans, huit longues années que la guerre perdure.  Qui aurait pu prédire que la troisième guerre mondiale serait déclenchée à cause d’un virus.  Personne n’a réussi à prouver que les Chinois avaient créé le virus, mais le président américain avait besoin d’un bouc émissaire pour expliquer les souffrances de son peuple.  Avec cette guerre la souffrance de son peuple est devenue la souffrance de tous les peuples.  Non seulement nous avons la guerre, mais le covid-19 fait encore ses ravages.  Je travaille maintenant dans une usine de munition pour assurer ma subsistance. J’ai perdu mes enfants à la guerre et ma conjointe du covid.  Le coût de la vie est tellement élevé que je peine à survivre. Je dois marcher plusieurs kilomètres matin et soir pour aller au travail. L’usine de munition est aménagée dans l’enceinte du centre Videotron, ça permet de garder une distance entre les travailleurs. Depuis 2020 le sport professionnel, les spectacles, les concerts n’existent plus. Même l’enseignement ne fait plus dans une bâtisse.  Les grands évènements appartiennent au passé. Le covid a maintenant tué plus d’un milliard de personnes et la guerre en a fait un autre milliard.  Je me demande bien quand ce cauchemar cessera? <br><strong>Denis Lacroix, gérant d’un garage, 51 ans, Ville de Québec.</strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:42:43 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/601652791</link>
         <description><![CDATA[<div>Qué bello amanecer el de este 32 de mayo de 2030!!! Celebro mis 70 gracias a los isótopos radioactivos chinos que detectan mis pólipos digestivos. Ahora juego con mis tres nietos de 10, 7 y 6 años respectivamente. Ellos me ayudan con cuidado a subir el agua del pozo de nuestra finca y a abastecer a los animales. El agua es un recurso codiciado en la ciudad pero en el campo es diferente, el aire es puro, acá  existe mucha vegetación para alimentarnos, vivimos con poco y la tierra, nuestra Pacha Mama, no los brinda todo. Este fin de semana mis nietos deben retornar con sus padres a sus urbes contaminadas y ruidosas. Sé que disfrutan mucho su estancia con nosotros, sus abuelos.</div><div><strong>María del Pilar González, jubilada, 60 años, La Habana.</strong></div><div><br> <em>Quelle belle aube en ce 32 mai 2030 ! Je fête mes 70 ans grâce aux isotopes radioactifs chinois qui détectent mes polypes digestifs. Je joue maintenant avec mes trois petits-enfants, âgés respectivement de 10, 7 et 6 ans. Ils m'aident soigneusement à faire remonter l'eau du puits de notre ferme et à approvisionner les animaux. L'eau est une ressource convoitée en ville, mais à la campagne c'est différent, l'air est pur, ici il y a beaucoup de végétation pour nous nourrir, nous vivons avec peu et la terre, notre Pacha Mama, nous fournit le nécessaire. Ce week-end, mes petits-enfants doivent retourner avec leurs parents dans leurs villes polluées et bruyantes. Je sais qu'ils apprécient leur séjour chez nous, leurs grands-parents. <br></em><strong><em>María del Pilar González, retraitée, 60 ans, La Havane.</em></strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:43:10 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/601654256</link>
         <description><![CDATA[<div>Despierto en mi cama blanca de la Alameda 6. He soñado con un niño que fue arrancado de su madre, de su tierra, de su casa. He soñado con un niño mendigo y loco que empieza a odiar. Me duele mucho soñar con el odio y con todo lo que huela a tierra podrida. Antes de preparar el desayuno intento escribir el sueño, no puedo, he perdido la habilidad de escribir, de narrar. Quiero recordar pero la pantalla de mi laptop se ha tragado todo lo que fui. Ella guarda mi memoria, mi voluntad, mis gestos. Soy una máquina sexual y ordinaria que come y duerme, trabaja y vive en el sentido contrario del reloj.  Miro por el cristal de la ventana, en cápsulas aisaldas la gente camina rápido, temerosa. Un hombre me mira fijamente y levanta la mano, puedo imaginar que es un saludo, también podría ser una ofensa, un pregón o una aplicación para activarme el deseo de regresar a la laptop. Una amiga desde Montreal me escribe que hoy no trabaja y tiene unas gafas para detectar la presencia humana próxima. Me alegra saber que hay restos de humanidad en su pequeña patria. En este barrio de las letras somos solo Zombis. Hoy es 32 de mayo de 2030 y he vuelto a llorar. Me pregunto si esas lágrimas podrían ser curativas, venenosas o indicadoras de un poco de humanidad que habito solo en sueños. <br><strong>José Ramón Hernández Suárez, artista, 32 años, Madrid.<br></strong><br></div><div><em>Je me réveille dans mon lit blanc de Alameda 6. J'ai rêvé à un enfant qui fut arraché à sa mère, à sa terre, à sa maison. J'ai rêvé à un enfant fou et mendiant qui commence à haïr. Ça me fait très mal de rêver à la haine et à tout ce qui sent la terre pourrie. Avant de préparer le petit déjeuner, j'essaie d'écrire mon rêve, je ne peux pas, j'ai perdu la capacité d'écrire, de raconter. Je veux me souvenir, mais l'écran de mon ordinateur portable a englouti tout ce que j'étais. Il conserve ma mémoire, ma volonté, mes gestes. Je suis une machine sexuelle ordinaire qui mange et dort, travaille et vit dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.  Je regarde par la vitre, dans des capsules isolées les gens marchent vite, ont peur. Un homme me regarde et lève la main, j'imagine que c'est une salutation, cela peut aussi être une offense, un cri ou une application pour activer mon désir de retourner à l'ordinateur portable. Une amie de Montréal m'écrit qu'elle ne travaille pas aujourd'hui et qu'elle a des lunettes pour détecter la présence humaine à proximité. Je suis heureux de savoir qu'il y a des restes d'humanité dans sa petite patrie. Dans ce quartier de gens lettrés, nous ne sommes que des Zombies. Nous sommes le 32 mai 2030 et j'ai encore pleuré. Je me demande si ces larmes pourraient être curatives, vénéneuses ou révélatrices d'un peu d'humanité qui n'habite que les rêves. <br></em><strong><em>José Ramón Hernández Suárez, artiste, 32 ans, Madrid.</em></strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:43:58 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/601655049</link>
         <description><![CDATA[<div>Nous sommes le 32 mai 2030. C'est le chaos dans le monde. Dix ans de lutte acharnée, sans succès, contre le covid-19, a semé la famine, la violence et la haine envers les plus démunis de la société.  On manque de fonds monétaires, de médicaments, d'hôpitaux, de personnels pour donner les soins nécessaires aux malades. Le gouvernement n'a plus le choix, il annonce que tous les hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, dans l'incapacité de travailler, ou infectées du virus, seront conduits dans des camps pour attendre la mort et ainsi empêcher une plus grande contamination. Mon nom est Marie-Jeanne, faux je suis le no 1280. On m'a assigné mon bâtiment, mon mouroir. La mort, le désespoir, la souffrance, la solitude m'entoure de toute part. Ma seule vision sur l'extérieur, c'est le crématorium. Aujourd'hui c'est mon tour, je rêve de pouvoir serrer mes enfants dans mes bras et leur dire que je les aime. Mais, on nous prive de ce droit fondamental de la vie, de l'amour, de l'espoir. <br><strong>Marie-Jeanne Lacroix, retraitée, 68 ans, St-Jean Richelieu.</strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:44:21 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/601655421</link>
         <description><![CDATA[<div>J’ai 10 ans. </div><div>Comme tous les matins, je retrouve mes copains à l’école. J’aime bien aller à l’école, c’est un peu comme une grande famille. Maman me raconte souvent comment c’était avant : des enfants regroupés dans des classes selon leur âge, un seul maître qui enseignait tout, rester assis toute la journée dans des petites pièces fermées, respecter pleins de règles compliquées : pas parler à ses copains, pas bouger, etc. Un programme unique pour tous, où ceux qui inversent les lettres devaient apprendre à lire comme les autres, ceux qui étaient plus lents devaient aller à la même vitesse que les autres, et ceux qui n’arrivaient pas à suivre, on ne savait pas trop quoi en faire… Elle m’a même expliqué que certains enfants n’avaient pas d’école, parce qu’ils étaient trop différents. On n’aimait pas beaucoup la différence. </div><div>Moi je préfère vraiment l’école de maintenant ! On a le choix de ce qu’on veut apprendre et même si on a une maîtresse référente, y a plein de personnes qui viennent nous apprendre leur métier ou leur passion. Monsieur Pascal, enfin papi Pascal comme je l’appelle, il était fleuriste et depuis sa retraite, il nous apprend à faire pousser les plantes. On a une grande serre dans l’école, un grand potager et plein d’animaux. On doit s’occuper de tout. L’école, c’est aussi la maison de Mamie Gilberte, papi Rodolphe et plein d’autres vieilles personnes. On mange avec eux tous les midis et ils nous parlent beaucoup du monde d’avant. </div><div> Quand j’étais encore bébé, le monde est tombé très malade, à cause d’un méchant virus, ou peut-être de l’homme. La fièvre climatique a fait plein de victimes, tuant les plus fragiles et parfois le reste d’humanité des autres. Pour se protéger, les personnes sont restées chez elles, se sont battues pour manger et parfois pour rien, n’ont pas voulu aider les autres pensant se protéger, et piller tout ce qui pouvait l’être. Les personnes sont devenues tristes et déprimées, beaucoup sont mortes seules, l’économie s’est effondrée, mais par chance elle a emporté avec elle une idéologie dépassée.</div><div>Un jour, une femme est descendue dans la rue et a commencé à jouer un air de musique, marchant à travers toute la ville. Des mois qu’on avait plus entendu de musique. Elle a joué seule, puis une autre a pris son instrument et l’a rejoint, et une autre et une autre, et tous ensemble, ils ont parcouru la ville et ont réchauffé les cœurs fatigués. Les enfants ont commencé à danser, les adultes ont suivi et c’est alors une fête incroyable qui a débuté, mais ne s’est jamais arrêtée, propageant les sourires, les rires et la joie à travers le pays et les continents. </div><div>On a arrêté de compter les morts et on a continué à vivre, avec le virus, avec les autres et avec la nature. Des personnes sont mortes, mais pas seules. Il parait qu’un jour le virus a disparu, mais personne ne sait quand. D’autres virus sont apparus, le climat a continué à se réchauffer, des dictateurs ont tenté de prendre le pouvoir, les capitalistes ont essayé de faire croire qu’il n’y avait pas d’alternatives. </div><div>Mais quelque chose avait changé. L’Homme s’est rappelé qu’il appartenait au monde du vivant, un monde qui ne peut donner sans recevoir, qui ne peut vivre sans partage et sans diversité et c’est l’humanité qui s’est réveillée.</div><div> J’ai 10 ans. Nous sommes le 32 mai 2030 et j’ai envie que ce jour existe.<br><strong>Christel Jacob, chercheuse et neuropsychologue, 37 ans, Nancy.</strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:44:37 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/601655973</link>
         <description><![CDATA[<div>Les consignes du jour s’égrènent dans mon vieux transistor : « Nuées de moustiques en hausse, filets intégraux obligatoires ! » La même phrase répétée dans les soixante-douze langues officielles. Écouter les instructions avant de partir. Ce rituel est devenu un automatisme qui s’est ajouté à ceux d’autrefois, quand une envie de mettre le nez dehors se pointe : fermer les portes et les fenêtres, check ; nourrir les chats, check ; arrêter la cuisinière, check ; arroser les plantes, check ; contrôler le fonctionnement de la chatière, check ; chanter les recommandations aux chats, check, vérifier le contenu du sac à dos : anti-moustique, anti-ultra-violets, anti-pluie, anti-buée, anti-toux, anti-prévisible, anti-aucasoù, check. Quelle époque ! Comment voyager léger ?</div><div>Aujourd’hui, c’est le 32 mai 2030.</div><div>Comme tous les 1-2-4-8-16-32 du mois, j’explore les quartiers reconstruits après la deuxième catastrophe. Ce matin, direction La Taupinière qui a été inaugurée il y a plusieurs semaines. Elle ressemble à notre ville souterraine et à Coober Pedy. S’y rendre, c’est cinquante minutes d’autobus. Une longue file attend à l’arrêt. L’accoutrement du jour la transforme en un assemblage de toiles d’araignées mouvantes. Les couvre-chefs colorés des passagers en deviennent les proies prises dans les filets. Impossible de reconnaître, de loin ou de près, un ami avec ce genre d’équipement de protection. Je regarde les ornements ajoutés et essaie d’imaginer quelle personne est dissimulée sous chaque abri. Des idéogrammes bleu métallique tatouant la visière d’une casquette annoncent-ils une octogénaire qui a passé sa jeunesse dans des rizières, un anarchiste passionné de taekwondo ou un moine zen ? Le géant à la kyrielle de spaghettis de mousse dépassant d’un chapeau à large bord est-il chef dans un restaurant italien ? Et celui ou celle qui arbore un bouquet d’anémones brodé, aime-t-il ou aime-t-elle lire, voyager et dessiner ? J’ai toujours observé les inconnus dans les lieux de passage et leur ai inventé des vies.</div><div>À l’entrée de la Taupinière, on peut se procurer un plan en papier. Un panneau indique dans les soixante-douze langues officielles que les systèmes de géolocalisations par satellite ne fonctionnent pas dans les couloirs souterrains multiniveaux. Au cinquième sous-sol, tous les murs sont peints en blanc, les plafonds en bleu clair et les pseudo-ombres des bâtiments en gris anthracite. Illusion d’une ville ensoleillée, anonyme et aseptisée. Les noms des rues sont inscrits à même les murs. Les sons extérieurs ont disparu, mais chaque pas et chaque murmure raisonnent, leur écho rebondissant d’un mur à l’autre. Je me sens en perte de repère totale. Comment s’orienter sans ancrage visuel ? Le souvenir des ruelles labyrinthiques de Yogyakarta surgit. Je ne pensais pas qu’on pouvait encore se perdre de nos jours. Retrouver le plaisir d’errer, de ne pas savoir où aller, de se laisser dériver au hasard des coins de rue. Délice pour la géographe que je suis. Je revis des sensations de voyages lointains, de découvertes de cultures et de modes de vie nouveaux, ici, dans ma ville que je crois connaître par cœur. Je n’aimerais pas vivre dans ce quartier. Les arbres et les fleurs synthétiques ne sont qu’un pâle succédané de ceux que l’on trouve à l’extérieur.</div><div>À la sortie, les panneaux de consignes de protection ont changé leurs pictogrammes. La toile en filet est troquée contre l’équipement et le badigeonnage anti-ultra-violets. C’est plus pratique pour aller dîner et surtout pour procéder à la cueillette des sourires. Après une période sous couverture, ils sont nombreux et s’offrent en brassées. De retour à l’air frais, je suis surprise du temps passé sous-terre : presque trois heures.</div><div>Pour combler le manque de verdure de ce matin, je décide de rentrer à pied. Pause au belvédère du sommet de la montagne. Taches de camaïeux de verts formant des rubans entrecroisés, piquetés de fragments blancs, rouges, jaunes, roses, oranges et mauves les parsèment. Après la troisième catastrophe, les autorités ont ordonné le verdoiement de tous les toits et la transformation de la moitié des stationnements en jardins communautaires. Près du lac, des groupes d’enfants et d’adolescents font l’école dans le parc. Ils ont l’air actifs et concentrés. Je poursuis en n’empruntant que les rues piétonnes. Promenade apaisante et revigorante.</div><div>Devant la porte de l’appartement, mes chats m’attendent, impatients. Eux aussi ont passé la journée à explorer et ils sont affamés. Quelques amis de passage sur l’île me rejoignent pour le souper. On profite de l’instant. Demain 1<sup>er</sup> juin, comme tous les 1-2-4-8-16-32 du mois, excursion. Peut-être qu’on ira visiter le marché aérien, le chemin des épices ou le jardin aquatique. On improvisera, cela dépendra des alertes. La journée s’estompe en dansant sur des notes d’un vieil air de jazz.<br><strong>Martine Freedman, semi-retraitée, 55 ans, Montréal.</strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:44:57 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[<div>El 32 de mayo de 2030 yo voy a vivir en una granja y me voy a comprar un caballo. Ese día yo me levanté y después me vestí y me comí el desayuno. Después me fui a montar mi caballo en una montaña muy alta, casi vi el sol, casi toqué el sol con mi caballo. Mi caballo se llamaba Matón y era muy fuerte y muy rápido, y era blanco y tenía una manchita en el ojo y las crines eran muy largas. Después cuando regresé a mi granja fui a mirar a mis gallinitas, y tenían huevitos y nació un gallito, bueno, yo creo que es un gallito. Después le saqué leche a mi vaca y después hice un flan con la leche de la vaca. Y después cuando terminé el flan fui a jugar con mi perrito y después le di la comidita y su agua. Y después fui a visitar a mi papá y a mi mamá y después le di el flan que hice, y mi papá y yo cantamos juntos Perdóname conciencia.  <br><strong>Fernanda Correa Larramendi, 8 años, Miami, Florida.</strong></div><div> </div><div><em>Le 32 mai 2030, je vais vivre dans une ferme et je vais m’acheter un cheval. Ce jour-là, je me suis levée, je me suis habillée et j'ai pris mon petit déjeuner. Puis je suis allé faire du cheval sur une très haute montagne, j'ai presque vu le soleil, j'ai presque touché le soleil avec mon cheval. Mon cheval s'appelait Matón et il était très fort et très rapide, il était blanc et avait une petite tache dans l'œil et les crinières étaient très longues. Plus tard, quand je suis retourné dans ma ferme, je suis allé voir mes petits poulets, et ils avaient des petits œufs et un petit coq est né, enfin, je crois que c'est un petit coq. Ensuite, j'ai pris du lait de ma vache et j'ai fait une crème anglaise avec le lait de la vache. Et puis, quand j'ai fini la crème anglaise, je suis allé jouer avec mon chien et je lui ai donné sa nourriture et son eau. Et puis je suis allé rendre visite à mon père et à ma mère et je lui ai donné la crème anglaise que j'avais faite, et mon père et moi avons chanté ensemble "Pardonne-moi, conscience".  <br></em><strong><em>Fernanda Correa Larramendi, 8 ans, Miami, Floride.</em></strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:45:35 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[<div>Me llamo Manfred (esto sí es un nombre) pero me dicen WXYZ las cuatro últimas letras de una lengua muerta los días de la Lealtad cuando la Jefatura viene por aquí para resetearme. Soy ProstiFive para los amigos. Indiferente me paso un trapo aceitado y ensayo una mirada de otro mundo, qué ojos me pongo, de cíclope, anguila o niño? Necesito visión nocturna y alguien que me aguante si no soporto el azul y quiera sacarme los ojos, huir, enamorarme o profetizar. No sé si recuerde alguna luna en particular cuando vea aquella que promete mi amante bajarme esta noche. Hoy es 32 de mayo de 2030, faltan 10 minutos para el nadir y todavía no sé qué ojos reflejan con rigurosa inocencia la luz de Luna de Paul Klee para que mi amante me crea.<br><strong>Marfrey Cruz Medina, Estudió Sobrevivencia en Autodidacta, 35 ans, Praga.</strong></div><div> </div><div><em>Je m'appelle Manfred (oui, cela est bien un nom), mais on m'appelle WXYZ : les quatre dernières lettres d'une langue morte durant les jours de la Loyauté quand le Quartier Général est venu me réinitialiser. Je suis ProstiFive pour les amis. Indifférent, je m’oins avec un chiffon huilé et j'essaie un regard d'un autre monde, quels yeux vais-je adopter, ceux d’un cyclope, d'une anguille ou d'un enfant ? J'ai besoin d'une vision nocturne et de quelqu'un qui me supportera si je ne supporte pas le bleu et que je veux m'arracher les yeux, m'enfuir, tomber amoureux ou prophétiser. Je ne sais pas si je me souviendrai d'une lune en particulier quand je verrai celle que mon amant promet de me faire descendre ce soir. Nous sommes le 32 mai 2030, il reste 10 minutes au nadir et je ne sais toujours pas quels yeux reflètent avec une innocence rigoureuse le clair de lune de Paul Klee pour que mon amant me croie. </em><br><strong><em>Marfrey Cruz Medina, Étudiant autodidacte en techniques de survie, 35 </em></strong><strong>años</strong><strong><em>, Prague.</em></strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:45:52 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[<div><strong><em>Luz de Luna, Paul Klee<br></em></strong>Lune Brillante, 1919; Gouache et peinture à l'eau sur lin, 18.5x24.3 cms.</div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:50:14 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[<div>Hhummmrrrrr… encore, et encore, je dois me lever… Pourtant, tout ce dont j’ai envie, c’est de dormir, manger des croquettes de poulet et regarder la vue sur la montagne. Mais pour manger et regarder la vue, je dois me lever, c’est pénible…</div><div>Apparemment, je m’appelle Dewey, ou peut-être DewDew, ou Long Nose, ou McFaterson, c’est un peu ambigu. Mais bon, c’est ainsi que mes humains me surnomment. On dit que je suis un Corgi, je ne sais pas ce que ça veut dire, mais bon, ce n’est pas grave, ça n’a jamais eu vraiment d’impact dans ma vie. Je ne sais pas quelle année, mois ou jour nous sommes. Je sais que j’ai vu 10 fois l’arrivée de la neige, et 10 fois l’arrivée la chaleur. Oui la chaleur, cette chose qui me rend si amorphe. Je me rappelle cette chose, la première fois que je l’ai ressentie, c’était horrible. Je ne pouvais plus marcher, je pensais mourir. Heureusement, mon humaine pouvait me transporter, car à cette époque, elle était forte.  Elle m’a porté dans ses bras seulement durant une chaleur, car la neige est arrivée et ensuite, quand la chaleur est revenue, elle disait que j’étais trop lourd. Je suis persuadé que ce n’était qu’une excuse.</div><div>Quand j’étais plus jeune, j’aimais beaucoup courir après les écureuils et me faire caresser par les humains. Mais durant la première neige et juste avant la 2e chaleur, les choses ont changé. Je voyais seulement mes deux humains et les écureuils. On ne voyait plus d’autres humains ni d’autres Corgis. Je pense qu’un Corgi c’est quelqu’un comme moi, qui a du poil sur le corps, et marche à quatre pattes. Je n’ai jamais compris pourquoi les humains marchent seulement sur deux pattes, c’est tellement plus rapide à quatre pattes… Oui, ma vie a changé, juste avant la 2e chaleur. Je ne voyais plus beaucoup d’humains, et on a cessé de me caresser dans la rue. Cette période de ma vie a été terrible, traumatisante. En tant qu’être Corgi, j’avais besoin d’attention, de caresses, mais j’en étais privé. Heureusement, les choses sont revenues à la normale au 3e hiver. Mais encore, cette période m’a laissé des séquelles émotives. Les années qui ont suivies, je me suis rattrapé. Chaque fois que je voyais un humain, je devais aller le voir afin qu’il me caresse. J’étais tellement insistant que mes humains devaient parfois m’isoler avec les écureuils afin que je cesse d’harceler les autres humains. Si seulement ils avaient compris que c’était un besoin essentiel pour moi.</div><div>Aujourd’hui, je suis vieux, du moins, je pense que je suis vieux, car je n’ai plus d’énergie pour courir après les écureuils et sauter sur les humains pour recevoir des caresses. Je suis paresseux, grincheux et je suis accro à ma routine. Je déteste l’idée de devoir descendre les escaliers pour aller manger mes croquettes ou regarder la vue. Pourquoi mes humains ont installé le grand lit en haut des escaliers et le petit lit à côté du foyer. Moi, j’aime dormir dans le grand lit, entre mes deux humains. C’est là que je suis bien, sauf que ces escaliers me demandent un effort incroyable. Bon… je viens d’entendre la machine à moteur, ça doit être mes humains qui reviennent. Je vais me résigner à me lever, descendre les escaliers pour les accueillir et aller manger mes croquettes de poulet… <br><strong>Dewey, le chien de Marie-Eve Laroche, avocate, 42 ans, Idaho.</strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:51:46 UTC</pubDate>
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         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:52:44 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[<div>32 de mayo 2030</div><div> </div><div>Despierto en las afueras de la ciudad de Santiago de Chile, palimpsesto del apocalipsis político. Mi nombre es Jorge, soy biólogo, hago clases de biología celular y teoría feminista en una universidad abierta de la comuna de Recoleta donde no se obtienen títulos universitarios, sino que herramientas para colaborar con otras en la producción del conocimiento. Es una Universidad gratuita y abierta a la comunidad, no hay pruebas de ingreso. Es un proyecto que comenzó a desarrollarse por los años dos mil y que ha seguido creciendo. Somos una célula anómala dentro de la ciudad, un grupo de pensadorxs y activistas de las más variadas áreas del conocimiento. Hoy me toca enseñar un curso sobre las metáforas biológicas que surgen en la infección. Después del peak de la pandemia del coronavirus, fue la inmunidad y la infección, la relación entre los virus y sus hospederos, hacia donde se volcaron todas las escuelas de ciencia del país y del mundo. Todo se volvió cifras, curvas, gráficos, estadísticas y concentraciones. Nadie quiere hablar de las metáforas que se programan para ver la realidad. Hay “imprinting” también en los ojos. Los virus y los microorganismos actúan bajo un código que nosotros creemos son los correctos, pero no es la verdad. Los modelos matemáticos no siempre responden sobre qué es la realidad, sino que moldean un patrón que funciona para explicar una realidad. Estaba repasando la clase, perdón. Las personas aún están pagando los créditos que los bancos hicieron durante la crisis del coronavirus. Una de las pocas buenas noticias es que ahora hay más mujeres en el mundo. La letalidad que impuso el virus comenzó a especificarse hacia los hombres. Se dijo que la explicación se debía a que las mujeres al poseer un doble cromosoma X producían una especie de inmunidad al virus. Pero las mujeres trans y todo el colectivo de maricas y lesbianas también han sobrevivido mejor al virus…. Suena el celular, miro la hora, ¡pero todavía no me he levantado! ¡Tanto devaneo, tantas vueltas que me doy siempre para levantarme!  Tengo menos de una hora para salir y estar en Recoleta. Vivo en una comunidad de disidentes sexuales en las afuera de la ciudad, organizamos una casa donde vamos a cuidarnos y a morir las que nunca tuvimos ni quisimos tener hijos y nietos. Buscamos un refugio con políticas de autogestión. El neoliberalismo sigue con su empresa de comprarlo todo, la última noticia es que van a comenzar a vender hasta el aire. Coronavirus ha mutado su tasa de contagiosidad, ahora es baja pero latente. Odio las mascarillas o nasobucos o como se llamen, pero igual tomo uno y lo pongo en mi cartera. Ya estoy listo para salir y acaricio a moria, nuestra gata que tiene el nombre de una diva argentina que siempre se creyó más travestis que las travestis. Me despido de ella y de mis compañeras de casa, algunas ya se fueron a sus trabajos y las más artistas trabajan aquí. Hoy hay una gran marcha anunciada para la tarde contra la venta del aire, se está comenzando a legislar para pagar por centímetro cúbico de aire inhalado. Nos juntaremos en la alameda a las 7pm, para respirar juntas y marchar, llevamos marchando siglos y esto sigue y ya no para…..<br><strong>Jorge Díaz, biólogo, 36 años, Santiago de Chile.<br></strong><br> <em>Je me réveille à la périphérie de la ville de Santiago du Chili, palimpseste de l'apocalypse politique. Je m'appelle Jorge, je suis biologiste, j'enseigne la biologie cellulaire et la théorie féministe dans une université ouverte de la commune de Recoleta où l'on n'obtient pas de diplômes universitaires, mais plutôt des outils pour collaborer avec les autres dans la production des connaissances. C'est une université libre, ouverte à la communauté, il n'y a pas d'examens d'entrée. C'est un projet qui a commencé à être développé vers l'an deux mille et qui n'a cessé de se développer. Nous sommes une cellule anormale au sein de la ville, un groupe de penseurs et d'activistes issus des domaines de connaissance les plus variés. Aujourd'hui, c'est à mon tour de donner un cours, un cours sur les métaphores biologiques qui surgissent lors d'une infection. Après le pic de la pandémie de coronavirus, c'est vers l'immunité et l'infection, la relation entre les virus et leurs hôtes, que se sont tournées toutes les écoles de sciences du pays et du monde. Tout est devenu des chiffres, des courbes, des graphiques, des statistiques et des concentrations. Personne ne veut parler des métaphores qui sont programmées pour voir la réalité. Il y a aussi une "empreinte" dans les yeux. Les virus et les microorganismes agissent selon un code que nous croyons correct, mais ce n'est pas la vérité. Les modèles mathématiques ne répondent pas toujours à ce qu'est la réalité, mais ils forment un modèle qui permet d'expliquer une réalité. Je passais en revue la classe, désolé. Les gens continuent de rembourser les prêts que les banques ont accordés pendant la crise du coronavirus. L'une des rares bonnes nouvelles est qu'il y a maintenant plus de femmes dans le monde. La létalité imposée par le virus a commencé à se préciser à l'égard des hommes. L'explication serait que les femmes, en possédant un double chromosome X, ont produit une sorte d'immunité au virus. Mais les femmes transgenres et tout le groupe des maricas et des lesbiennes ont aussi mieux survécu au virus... Le téléphone portable sonne, je regarde l'heure, mais je ne me suis toujours pas levé ! Tant de badinage et de tataouinages pour que je me lève !  J'ai moins d'une heure pour sortir et être à Recoleta. Je vis dans une communauté de dissidents sexuels à la périphérie de la ville. Nous avons organisé une maison où ceux d'entre nous qui n'ont jamais eu ou voulu avoir des enfants et des petits-enfants vont prendre soin d'eux-mêmes et mourir. Nous cherchons un refuge avec des politiques d'autogestion. Le néolibéralisme continue son entreprise de tout acheter, les dernières nouvelles sont qu'ils vont commencer à vendre de l'air. Le coronavirus a muté son taux d'infection, il est maintenant faible, mais latent. Je déteste les masques, mais j'en prends quand même un et je le mets dans mon portefeuille. Je suis prêt à sortir et à caresser Moria, notre chat qui porte le nom d'une diva argentine qui a toujours pensé qu'elle était plus travestie que les travestis. Je lui dis au revoir, ainsi qu'à mes colocataires, dont certains ont déjà retrouvé leur travail et les plus artistiques travaillent ici. Aujourd'hui, une grande marche est annoncée pour l'après-midi contre la vente d'air, la législation commence à payer par centimètre cube d'air inhalé. Nous nous retrouverons à l'alameda à 19h, pour respirer ensemble et marcher, nous marchons depuis des siècles et cela continue et ne s'arrête plus.... <br></em><strong><em>Jorge Díaz, biologiste, 36 ans, Santiago du Chili.</em></strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:53:17 UTC</pubDate>
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         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[<div>Je suis un homme riche et je veux le rester jusqu'au 32 mai à la 25e heure en 2030...</div><div>OUI ! , riche comme l'oiseau qui chante au petit matin sur sa branche...cueillir des brins de muguet le 1er mai  ,manger les premiers radis semés avec tant de soin et d'amour : voir accourir Yanis , les bras tendus vers son papy pour recevoir les premiers câlins. Riche de pouvoir sécher les larmes de la malheureuse femme et calmer ses alarmes - riche de regards tendres, des mouvements de lèvres - pleurs d'amour et de joies accueillis en moi comme le doux murmure de l'Esprit dans les grands arbres apaisants ,abritant la prière du soir du couvent des moines .</div><div>Pourquoi chercher de nouvelles émotions dans la musique de ce temps ;  l'AVE MARIA de Gounod sera toujours beau et la Truite de Schubert ne sautera pas plus haut , elles qui t'envoient sur le grand pont scintillant reliant l'Orient à l'Occident du firmament . L 'homme riche en moi garde le goût de l'absolu et fuit la médiocrité ; les trésors emmagasinés me remplissent jusque raz-bord : pourquoi amasser d 'autres richesses...et " pourquoi , Seigneur chercher ton visage au fond du paradis " alors que je le trouve tous les jours dans la rue , aux détours de ma vie .</div><div> Je suis un homme riche dans la simplicité des petites choses, tous les jours , sachant qu'un grand amour les fait pousser jusqu'à la voûte des cieux aujourd'hui et demain . Alors je continue à cultiver mon jardin , avec toujours les mêmes radis croquants , rouges et blancs , jusqu'au terme  difficile à déterminer ...serait-ce un 32 mai , à la 25e heure ?! </div><div><strong>Jean Martz, retraité, 89 ans, Saint-Avertin.</strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:54:09 UTC</pubDate>
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         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[<div>Ahora voy a recoger todos los dinosaurios de carton. Y cuando tenga 5 años voy a jugar en el tablet, ver los muñequitos, levantarme de la cama, hacer pipi y podría también hacer y responder preguntas muy difíciles. Cuando tenga 13 años iré a la escuela de los niños grandes, con mochila y con mi mamá. Con 13 años me gustaría tener algo diferente, que sea bonito y que no lo pueda romper, porque cuando los niños son grandes no rompen sus juguetes, y así voy a ser yo. También me gustaría cuando sea grande que los niños en la escuela no se dieran golpes, porque cuando los niños se dan golpes la maestra los regaña. Cuando un niño se pone grande como su papá puede tomar cerveza. Y también puedo tomar ron. Las mamás y los papás pueden tomar ron porque son grandes, los niños no, porque si toman ron se enferman, pero los niños sí pueden tomar cuando sean como su papá y su mamá. Cuando mi tío crezca un poco más y sea viejo y muera, yo voy a cuidar a mi perrito Choqui y jugaré con Choqui como mi tío lo hace hoy.   El 32 de mayo de 2030, me levanto por la mañana y me tomo la leche en un vasito pequeñito, y despues voy a tener mucho cuidado de que no se caiga el vaso para que no se me caiga la leche. Y bueno, cuando yo siga creciendo y mi mamá y mi papá se mueran, yo voy a ser el papá y otra niña que crezca como yo va a ser la mamá y la mamá va tener un bebé dentro de la barriga. Me gustaría vivir en otra casa cuando se mueran mi mamá y mi papá. Cuando una persona se muere se tira en el piso y saca la lengua. <br><strong>Adrian Garcia Morales, 4 años, La Habana</strong>.  </div><div> </div><div><em>Maintenant, je vais rassembler tous les dinosaures en carton. Et quand j'aurai 5 ans, je vais jouer sur la tablette, regarder les poupées, sortir du lit, faire pipi et je pourrais aussi bien poser et répondre à des questions très difficiles. Quand j'aurai 13 ans, j'irai à l'école des grands, avec un sac à dos et avec ma mère. Quand j'aurai 13 ans, j'aimerais avoir quelque chose de différent, quelque chose qui soit agréable et que je ne puisse pas casser, parce que quand les enfants sont grands, ils ne cassent pas leurs jouets, et c'est comme ça que je serai. J'aimerais aussi, quand je serai grand, que les enfants à l'école ne se frappent pas les uns les autres, car quand les enfants se frappent, le professeur les gronde. Quand un enfant devient aussi grand que son père, il peut boire de la bière. Et je peux aussi boire du rhum. Les mères et les pères peuvent boire du rhum parce qu'ils sont grands, les enfants ne le peuvent pas, car s'ils boivent du rhum, ils tombent malades, mais les enfants peuvent boire quand ils sont comme leur mère et leur père. Quand mon oncle sera un peu plus âgé et mourra, je vais m'occuper de mon petit chien Choqui et jouer avec lui comme le fait mon oncle aujourd'hui.   </em></div><div><em>Le 32 mai 2030, je me lèverai le matin et je boirai mon lait dans un petit verre, et ensuite je ferai très attention à ne pas faire tomber le verre pour ne pas faire tomber le lait. Et bien, quand je continuerai à grandir et que ma mère et mon père mourront, je serai le père et une autre petite fille qui grandit comme moi sera la mère et la mère aura un bébé dans son ventre. J'aimerais vivre dans une autre maison quand ma mère et mon père vont mourir. Lorsqu'une personne meurt, elle s'allonge sur le sol et tire la langue.</em> <br><strong><em>Adrian Garcia Morales, 4 ans, La Havane. </em></strong><em>  </em></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:54:54 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[<div>El 32 mayo de 2030 estaría cercana a cumplir 78 años. Me imagino amanecer en Cuba con un cielo bien azul y un sol bien brillante, que mayo haya traído la lluvia y haya bastante verdor a mi alrededor. Al levantarme ese día iría sin falta a mis ejercicios de taichi para seguir manteniendo el cuerpo y el alma con la vitalidad necesaria para continuar la vida. Mantendría el pelo teñido porque las canas me deprimen. Aseguraría el vínculo directo con mis familiares cercanos. Degustaría una chuchería sabrosa. <br><strong>Ela Vazquez Alfonso, jubilada, 67 años, La Habana.</strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:55:32 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/601674681</link>
         <description><![CDATA[<div>Aujourd’hui, 32 mai 2030<br><br></div><div>Éclaircie dans les bois, le sol craque. Tiédeur des feuilles en décomposition sous les pieds, humides et brunes parmi les pousses nouvelles. De la neige s’évapore en atteignant la strate d’air chaud où je me tiens. J’effleure de la main l’écorce d’un arbre. Qui es-tu ? </div><div>Froissement d’ailes. Une mésange en surplace devant mon visage, réclame ou interroge.  Une autre tombe dans l’encolure du manteau. Frémissements contre ma nuque. Je suis un animal massif. L’oiseau roule le long de mon bras, atterrit sur la mousse avant de s’ébrouer et d’agripper une brindille. Je verse un monticule de grains sur la souche et les regarde manger et se chamailler. Vols ascendants, ailes qui pompent contre la gravité; approches en chute libre, reprises au dernier instant. Ces mouvements m’absorbent, m’imprègnent comme l’odeur mouillée et la chlorophylle. </div><div>Un flash, l’obscurité. Au milieu d’une rue, je commence à marcher, effarée. Je repousse les questions et le malaise du revers de la main. Il faut s’y faire. Mon souffle s’accorde à mon pas. La seule constante est le changement. Les mots coulent comme du goudron derrière ma tête. </div><div>Attendez le signal, le son du timbre ; marchez ici, libérez les portes. </div><div>Musique d’ambiance. </div><div>Une vague mouvante me frôle. Leur bouche bruisse d’une langue abstraite, enjolivée. Les corps se choquent, s’effleurent. Tumulte coloré, phéromones. C’est ce temps-là, même lorsque le reste est à l’envers. Les étudiants ont manifesté aujourd’hui encore, la révolte gonfle et s’étend. Ma fille y était, je crois. </div><div>Les contrevenants seront poursuivis en justice, souriez vous êtes filmés. </div><div>Merci d’attendre que l’on vous assigne une place. La tasse me brûle les doigts. Sourires tout de même. Il y a longtemps que nous nous sommes vues. Tant à dire sur les enfants, l’art, les amours, les vieux parents, l’inquiétude… l’espoir quand même. Les projets déboulent, pas le temps de s’essouffler. Puis, mon attention flotte. Ma fille ainée viendra nous rendre visite. Elle habite tout près, mais nous la voyons moins qu’on le souhaiterait… et probablement davantage qu’elle le voudrait. Le soleil a parcouru la fenêtre d’un côté à l’autre. Je me lève. On ne sait plus si on s’embrasse. </div><div>Le vent tourbillonne à la commissure de mes lèvres et sous mon nez ; visage parcouru de courants. J’entends <em>tzik dididi</em>, puis la chute d’un objet mou dans les fougères. Je cherche autour sans trouver de quoi il s’agit. Je bute sur une racine,  m’étale sans un son. Quelques couleuvres glissent vers mes jambes et mes bras, pour se réchauffer sans doute. Je retiens mon souffle un moment, observant le luisant de leur peau, mais la vue de cloportes me secoue.  J’époussette mes vêtements. Des aiguilles d’épinette restent gommées à mes paumes. Je me mets à avancer avec une extrême lenteur. Après quelques pas, la nuit tombe. Mes mains sont vides et froides. J’ai rendez-vous avec une amie il y a deux heures.</div><div>Ma fille surgit du coin de la maison, je la serre dans mes bras. Elle est un peu essoufflée de son trajet et de sa journée dans les rues. Ses yeux se plissent et pétillent. Nous nous assoyons dans l’air doux de la fin mai,  avec son père, sa sœur et son frère. Ensemble. Bientôt, ma mère sortira aussi sur la galerie. De rares flocons se précipitent sans nous atteindre.  Nous scrutons le ciel à la recherche d’étoiles ou de trains de satellites, de nuages et de trous noirs. Un voisin joue de la mandoline.</div><div>Le dos contre un tronc d’arbre. Je bouge avec lui, imperceptiblement. Je n’ai rien amené à faire. Je n’ai pas d’autre projet que d’être là. Des chiens couraillent dans les sentiers, me reniflent et filent. Le vent rabat les fougères, secoue les brindilles.</div><div>Clic</div><div>Qwi</div><div>Des écureuils couinent en se pourchassant.<br> Ti <br> Pwi<br> Tzik dididi<br><strong>Katia Martineau, étudiante en arts visuels et bibliothécaire, 40 ans, Ville de Québec.</strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:55:55 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
         <link>https://padlet.com/offta2020/32mai/wish/601675182</link>
         <description><![CDATA[<div>Réveillée par la douce chaleur des premiers rayons du soleil parcourant mon visage, je me suis laissée savourer quelques instants cette sensation oh tellement agréable. </div><div>Puis, comme à l’accoutumée, le rituel matinal fit son entrée. En premier lieu, régénération de toutes les dimensions de ma personne avec un bain de soleil, apprécié jusqu’à la dernière seconde. Vint ensuite, la promenade, nu-pied, à l’extérieur, pour voir si les poules avaient pondues. Et enfin, le moment de travail et de découverte des différents niveaux d’existence de mon être prit place. Ce dernier se révèle à chaque fois différent et enrichissant.</div><div>Le manguier regorge de fruits mûrs. Nous chercherons et trouverons une nouvelle recette à essayer aujourd’hui.</div><div>L’escapade sociale avec les habitués, et j’espère de nouvelles âmes, se déroulera un peu plus tard dans l’après-midi, pour une occasion de partage et de transfert de connaissances sur le vaste thème de la vie.</div><div>Cette journée du 32 mai 2030 sera synonyme d’exploration expérimentale et de triple connexion - avec la nature, avec moi-même et avec les autres.</div><div>La libération du joug de la société esclavagiste moderne a permis enfin de jouir de cette notion si prisée et tant précieuse, qu’est le temps. <br><strong>Floriann Wiatrowski, professeure de yoga, Nouvelle Zélande.</strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:56:13 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[<div>Mi nombre es Juan Miguel y vivo Bremen. Este 32 de mayo está tan oscuro, como todos los días desde que empezó la primavera. Me levanta el calor de 32 grados y el con cambio de oscuro a rojizo que filtra la nube de Smog. Increíble.  ¡Hace 10 años no Bremen no era así!</div><div>Hoy es un día especial. Todo parece indicar que hay nuevamente personas que intentan financiar nuestro proyecto del parque eólico en la costa norte de Alemania. Esta vez si que logramos arrancar. ¡Si sólo les hubiera interesado antes! Siempre había algo mejor con el presupuesto: nuevas viviendas, mejor infraestructura, robótica e inteligencia artificial, en fin.. ¡Hay tantos problemas¡ Vale la pena preguntarse si de verdad estamos tan desarrollados. Finalmente encuentro mi bicicleta en el bosque de autos eléctricos del parqueo y me voy rápido al trabajo. Ya voy haciendo el bosquejo de la propuesta de proyecto en la cabeza, mientras el semáforo inteligente me da prioridad. Primero, sí, acumular la energía de las corrientes y vientos marinos en baterías de hidrógeno. Después, claro, después de mejorar la tecnología de los acumuladores, los enviamos con los paneles fotovoltaicos al espacio. ¡Esta vez tiene que funcionar!matemático, <strong>Juan Miguel Vivar, matemático, 42 años, Bremen.<br></strong><br></div><div><em>Je m'appelle Juan Miguel et j'habite à Brême. Ce 32 mai est aussi sombre que tous les jours depuis le début du printemps. La chaleur de 32 degrés et le passage du sombre au rougeâtre qui filtre le nuage de smog me réveillent. Incroyable. Il y a dix ans, Brême n'était pas comme ça !</em></div><div><em>Aujourd'hui est un jour spécial. Tout semble indiquer que des gens essaient à nouveau de financer notre projet de parc éolien sur la côte nord de l'Allemagne. Cette fois-ci, nous avons vraiment commencé. Si seulement ils avaient été intéressés plus tôt ! Il y a toujours eu quelque chose de mieux à faire avec le budget : de nouvelles maisons, de meilleures infrastructures, de la robotique et de l'intelligence artificielle, bref... Il y a tellement de problèmes ! Il vaut la peine de se demander si nous sommes vraiment aussi développés que nous le pensons. Je trouve enfin mon vélo dans la forêt de voitures électriques sur le parking et je me rends rapidement au travail. J'esquisse déjà la proposition du projet dans ma tête, alors que le feu de signalisation intelligent me donne la priorité. D'abord, oui, accumuler l'énergie des courants et vents océaniques dans des piles à hydrogène. Ensuite, bien sûr, après avoir amélioré la technologie des batteries, nous les envoyons avec les panneaux photovoltaïques dans l'espace - cette fois, il faut que ça marche ! (Juan Miguel Vivar, mathématicien, 42 ans, Brême)</em></div><div><strong><em>Juan Miguel Vivar, mathématicien, 42 ans, Brême.</em></strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:56:33 UTC</pubDate>
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         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[<div>Mi perrito también habla. Yo me levanto y me pongo el púllover para el calor, el pantalón de salir y mi abrigo. Como ya poquito a poco estoy creciendo puedo abrir la puerta. El 32 de mayo de 2030 me voy a la escuela a estudiar y me paso todo el día en la escuela. Mi mamá no va ese día a la escuela conmigo porque ella se va poniendo viejita poquito a poco. Y después de la escuela me voy para el parque. En el parque le presto mi caballo a mis amigos. Porque voy a tener un caballo cuando sea grande. Mi mamá no va conmigo al parque, porque ella se va poniendo viejita poco a poco, como la abuela Coco. Ese día voy a ser un adulto. Ser un adulto es algo especial, voy a trabajar y estudiar. <br><strong>Ernesto Fernández Montalvo, 2 anos, casi 3, La Habana.</strong><br> <br> <em>Mon petit chien parle aussi. Je me lève et j'enfile mon pull d'échauffement, mon pantalon de sortie et mon manteau. Comme je grandis lentement, je peux ouvrir la porte. Le 32 mai 2030, je vais à l'école pour étudier et je passe toute la journée à l'école. Ma mère ne va pas à l'école avec moi ce jour-là parce qu'elle vieillit petit à petit. Et après l'école, je vais au parc. Dans le parc, je prête mon cheval à mes amis. Parce que je vais avoir un cheval quand je serai grand. Ma mère ne va pas au parc avec moi, parce qu'elle vieillit petit à petit, comme grand-mère Coco. Je vais être adulte ce jour-là. Être un adulte est quelque chose de spécial, je vais travailler et étudier. </em><br><strong><em>Ernesto Fernández Montalvo, 2 ans, presque 3 ans, La Havane.</em></strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:56:53 UTC</pubDate>
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         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[<div>32 de mayo de 2030. <br> Querido diário:</div><div>Encontrei os diários de uma antiga moradora no sótão. O ano era 2020, ela escrevia durante a “crise do covid-19”, a que deu origem à revolução. Gosto da maneira como escreve, despretensiosa, mas intensa: “Eu sinto saudade no meu dia inteiro, quando acordo e quando deito, no espaço entre a comida no prato e o garfo na boca, numa frase sem graça do filme, num cheiro que só aconteceu na minha cabeça. Sinto saudade que dói na frequência daquela dor física de um coração partido. É tudo bruto, solitário e assustadoramente no presente. Sinto saudades do que não foi vivido, do que ficou em espera, do que foi prometido.” Gostaria de ter podido conhece-la, não sei, mas me parece desse tipo de pessoa ia gostar de saber que chegamos lá, que depois da pandemia a sociedade repensou a maneira de se relacionar, que fizemos uma revolução global, que vivemos dias melhores. <br><strong>Karine Damaso Guimarães, matemático, 36 anos, São Paulo.</strong><br> <br> <em>32 mai 2030</em></div><div><em>Cher journal :</em></div><div><em>J'ai trouvé les journaux intimes d'un ancien locataire dans le grenier. Nous sommes en 2020, elle écrit pendant la "crise covid-19", qui donne naissance à la révolution. J'aime la façon dont elle écrit, sans prétention, mais intense : "Je manque toute la journée, quand je me réveille et quand je me couche, le temps entre la nourriture dans l'assiette et la fourchette dans ma bouche, une phrase sans grâce dans le film, une odeur qui n'était que dans ma tête. Je ressens une nostalgie qui fait aussi mal que la douleur physique d'un cœur brisé. Tout est absurde, solitaire et intimidant dans le présent. Ce qui n'a pas été vécu, ce qui a été laissé en attente, ce qui a été promis me manquent".</em></div><div><em>J'aurais aimé la rencontrer, je ne sais pas, mais il me semble que ce genre de personne aimerait savoir que nous l'avons fait, qu'après la pandémie, la société a repensé sa façon de communiquer, que nous avons fait une révolution mondiale, que nous avons vécu des jours meilleurs. <br></em><strong><em>Karine Damaso Guimarães, mathématicienne, 36 ans, São Paulo.</em></strong></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-29 17:57:14 UTC</pubDate>
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         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[]]></description>
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         <pubDate>2020-05-30 18:03:42 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[<div>Dessin de Marguerite Dupuy, 4 ans, Montréal.<br>Benoît, à la piscine, tout seul sous la pluie, un 32 mars 2030. </div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-30 18:17:04 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[<div>Photographie, <em>Trou ouvert</em>, local de production du OFFTA 2020. </div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-30 18:24:44 UTC</pubDate>
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         <author>offta2020</author>
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         <description><![CDATA[<div>Dessin de Marien Fernández Castillo, Un paisaje de/mente, 2017.</div>]]></description>
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         <pubDate>2020-05-30 18:31:23 UTC</pubDate>
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