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      <title>2015-2016 - 309 - la poésie au XXème siècle ( le langage et l&#39;engagement) by Monsieur A.</title>
      <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie</link>
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      <language>en-us</language>
      <pubDate>2016-01-18 13:17:45 UTC</pubDate>
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         <title>Sélection de textes de Guillevic</title>
         <author>SieurAmon</author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89820983</link>
         <description><![CDATA[]]></description>
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         <pubDate>2016-01-13 12:36:21 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author>SieurAmon</author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89820984</link>
         <description><![CDATA[<p><b>Mes occupations, </b>Henri Michaux,...<br>
        Je peux rarement voir quelqu'un sans le battre. D'autres préfèrent le monologue intérieur.&nbsp;
        Moi non. J'aime mieux battre.
        Il y a des gens qui s'assoient en face de moi au restaurant et ne disent rien, ils restent un certain temps, car ils ont décidé de manger.
        En voici un.
        Je te l'agrippe, toc.
        Je te le ragrippe, toc.
        Je le pends au portemanteau.
        Je le décroche.
        Je le repends.
        Je le décroche.
        Je le mets sur la table, je le tasse et l'étouffe.
        Je le salis, je l'inonde.
        Il revit.
        Je le rince, je l'étire (je commence à m'énerver, il faut en finir), je le masse, je le serre, je le résume et l'introduis dans mon verre, et jette ostensiblement le contenu par terre, et dis au garçon: <br></p><p>«Mettez-moi donc un verre plus propre.»</p><p>
        Mais je me sens mal, je règle promptement l'addition et je m'en vais.
                </p>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-13 12:29:56 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title></title>
         <author>SieurAmon</author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89820985</link>
         <description><![CDATA[<h1><b>Le grand combat</b>, de<span></span> Henri Michaux, 1927.</h1><p>
	Il l’emparouille et l’endosque contre terre ;
	Il le rague et le roupète jusqu’à son drâle ;
	Il le pratèle et le libucque et lui barufle les ouillais ;
	Il le tocarde et le marmine,
	Le manage rape à ri et ripe à ra. 
	Enfin il l’écorcobalisse. 

	L’autre hésite, s’espudrine, se défaisse, se torse et se ruine. 
	C’en sera bientôt fini de lui ; </p>
	Il se reprise et s’emmargine... mais en vain 
	Le cerceau tombe qui a tant roulé. 
	Abrah ! Abrah ! Abrah ! 
	Le pied a failli ! 
	Le bras a cassé ! 
	Le sang a coulé ! 
	Fouille, fouille, fouille, 
	Dans la marmite de son ventre est un grand secret 
	Mégères alentour qui pleurez dans vos mouchoirs ; 
	On s’étonne, on s’étonne, on s’étonne 
	Et on vous regarde 
	On cherche aussi, nous autres, le Grand Secret.
<p>
	&nbsp;« Papa, fais tousser la baleine », dit l'enfant confiant.
        Le tibétain, sans répondre, sortit sa trompe à appeler l'orage<br>
        et nous fûmes copieusement mouillés sous de grands éclairs.<br>
        Si la feuille chantait, elle tromperait l'oiseau.</p>
<p>
	Henri Michaux «&nbsp;Le grand combat&nbsp;» in <em>Qui je fus</em> recueilli dans <em>L’espace du dedans</em>, © Éditions Gallimard, 1998.</p>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-13 12:25:46 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title></title>
         <author>SieurAmon</author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89820986</link>
         <description><![CDATA[<h4><b>Le mimosa</b>, de Francis Ponge, 1952.</h4>

<h4>Sur fond d'azur le voici, comme un personnage de la comédie italienne, avec un rien d'histrionisme saugrenu, poudré comme Pierrot, dans son costume à pois jaunes, le mimosa.<br>
Mais ce n'est pas un arbuste lunaire : plutôt solaire, multisolaire… 
Un caractère d'une naïve gloriole, vite découragé.<br>
Chaque grain n'est aucunement lisse, mais formé de poils soyeux, un astre si l'on veut, étoilé au maximum.<br>
Les feuilles ont l'air de grandes plumes, très légères et cependant très accablées d'elles-mêmes ; plus attendrissantes dès lors que d'autres palmes, par là aussi très distinguées. Et pourtant, il ya quelque chose actuellement vulgaire dans l'idée du mimosa ; c'est une fleur qui vient d'être vulgarisée.<br>
… Comme dans tamaris il y a tamis, dans mimosa il y a mima.</h4>

<h4>F. Ponge, <u>La Rage de l'expression,</u> 1952</h4>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-13 12:20:00 UTC</pubDate>
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      </item>
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         <title></title>
         <author>SieurAmon</author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89820987</link>
         <description><![CDATA[<p><a href="http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/index.html">http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/index.html</a></p>]]></description>
         <enclosure url="" />
         <pubDate>2016-01-13 12:19:19 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title></title>
         <author>SieurAmon</author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89820988</link>
         <description><![CDATA[<h1><strong>Les embarras de Paris,</strong> de Nicolas Boileau (1636-1711)</h1><h1>. <br></h1><p>Qui frappe l'air, bon Dieu ! de ces lugubres cris ? <br>Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris ? <br>Et quel fâcheux démon, durant les nuits entières, <br>Rassemble ici les chats de toutes les gouttières ? <br>J'ai beau sauter du lit, plein de trouble et d'effroi, <br>Je pense qu'avec eux tout l'enfer est chez moi : <br>L'un miaule en grondant comme un tigre en furie ; <br>L'autre roule sa voix comme un enfant qui crie. <br>Ce n'est pas tout encor : les souris et les rats <br>Semblent, pour m'éveiller, s'entendre avec les chats, <br>Plus importuns pour moi, durant la nuit obscure, <br>Que jamais, en plein jour, ne fut l'abbé de Pure. <br><br>Tout conspire à la fois à troubler mon repos, <br>Et je me plains ici du moindre de mes maux : <br>Car à peine les coqs, commençant leur ramage, <br>Auront des cris aigus frappé le voisinage <br>Qu'un affreux serrurier, laborieux Vulcain, <br>Qu'éveillera bientôt l'ardente soif du gain, <br>Avec un fer maudit, qu'à grand bruit il apprête, <br>De cent coups de marteau me va fendre la tête. <br>J'entends déjà partout les charrettes courir, <br>Les maçons travailler, les boutiques s'ouvrir : <br>Tandis que dans les airs mille cloches émues <br>D'un funèbre concert font retentir les nues ; <br>Et, se mêlant au bruit de la grêle et des vents, <br>Pour honorer les morts font mourir les vivants.<br><br>Encor je bénirais la bonté souveraine, <br>Si le ciel à ces maux avait borné ma peine ; <br>Mais si, seul en mon lit, je peste avec raison, <br>C'est encor pis vingt fois en quittant la maison ;<br>En quelque endroit que j'aille, il faut fendre la presse <br>D'un peuple d'importuns qui fourmillent sans cesse. <br>L'un me heurte d'un ais dont je suis tout froissé ;<br>Je vois d'un autre coup mon chapeau renversé. <br>Là, d'un enterrement la funèbre ordonnance <br>D'un pas lugubre et lent vers l'église s'avance ;<br>Et plus loin des laquais l'un l'autre s'agaçants, <br>Font aboyer les chiens et jurer les passants. <br>Des paveurs en ce lieu me bouchent le passage ; <br>Là, je trouve une croix de funeste présage, <br>Et des couvreurs grimpés au toit d'une maison <br>En font pleuvoir l'ardoise et la tuile à foison. <br>Là, sur une charrette une poutre branlante <br>Vient menaçant de loin la foule qu'elle augmente ; <br>Six chevaux attelés à ce fardeau pesant <br>Ont peine à l'émouvoir sur le pavé glissant. <br>D'un carrosse en tournant il accroche une roue, <br>Et du choc le renverse en un grand tas de boue : <br>Quand un autre à l'instant s'efforçant de passer, <br>Dans le même embarras se vient embarrasser. <br>Vingt carrosses bientôt arrivant à la file <br>Y sont en moins de rien suivis de plus de mille ; <br>Et, pour surcroît de maux, un sort malencontreux <br>Conduit en cet endroit un grand troupeau de boeufs ;<br>Chacun prétend passer ; l'un mugit, l'autre jure. <br>Des mulets en sonnant augmentent le murmure. <br>Aussitôt cent chevaux dans la foule appelés <br>De l'embarras qui croit ferment les défilés, <br>Et partout les passants, enchaînant les brigades, <br>Au milieu de la paix font voir les barricades. <br>On n'entend que des cris poussés confusément : <br>Dieu, pour s'y faire ouïr, tonnerait vainement.<br>Moi donc, qui dois souvent en certain lieu me rendre, <br>Le jour déjà baissant, et qui suis las d'attendre, <br>Ne sachant plus tantôt à quel saint me vouer, <br>Je me mets au hasard de me faire rouer. <br>Je saute vingt ruisseaux, j'esquive, je me pousse ; <br>Guénaud sur son cheval en passant m'éclabousse, <br>Et, n'osant plus paraître en l'état où je suis, <br>Sans songer où je vais, je me sauve où je puis.<br><br>Tandis que dans un coin en grondant je m'essuie, <br>Souvent, pour m'achever, il survient une pluie : <br>On dirait que le ciel, qui se fond tout en eau, <br>Veuille inonder ces lieux d'un déluge nouveau. <br>Pour traverser la rue, au milieu de l'orage, <br>Un ais sur deux pavés forme un étroit passage ; <br>Le plus hardi laquais n'y marche qu'en tremblant : <br>Il faut pourtant passer sur ce pont chancelant ; <br>Et les nombreux torrents qui tombent des gouttières, <br>Grossissant les ruisseaux, en ont fait des rivières. <br>J'y passe en trébuchant ; mais malgré l'embarras, <br>La frayeur de la nuit précipite mes pas.<br><br>Car, sitôt que du soir les ombres pacifiques <br>D'un double cadenas font fermer les boutiques ;<br>Que, retiré chez lui, le paisible marchand <br>Va revoir ses billets et compter son argent ;<br>Que dans le Marché-Neuf tout est calme et tranquille, <br>Les voleurs à l'instant s'emparent de la ville. <br>Le bois le plus funeste et le moins fréquenté <br>Est, au prix de Paris, un lieu de sûreté. <br>Malheur donc à celui qu'une affaire imprévue <br>Engage un peu trop tard au détour d'une rue !<br>Bientôt quatre bandits lui serrent les côtés : <br>La bourse ! ... Il faut se rendre ; ou bien non, résistez, <br>Afin que votre mort, de tragique mémoire, <br>Des massacres fameux aille grossir l'histoire. <br>Pour moi, fermant ma porte et cédant au sommeil, <br>Tous les jours je me couche avecque le soleil ;<br>Mais en ma chambre à peine ai-je éteint la lumière, <br>Qu'il ne m'est plus permis de fermer la paupière. <br>Des filous effrontés, d'un coup de pistolet, <br>Ébranlent ma fenêtre et percent mon volet ; <br>J'entends crier partout: Au meurtre ! On m'assassine ! <br>Ou : Le feu vient de prendre à la maison voisine ! <br>Tremblant et demi-mort, je me lève à ce bruit, <br>Et souvent sans pourpoint je cours toute la nuit. <br>Car le feu, dont la flamme en ondes se déploie, <br>Fait de notre quartier une seconde Troie, <br>Où maint Grec affamé, maint avide Argien, <br>Au travers des charbons va piller le Troyen. <br>Enfin sous mille crocs la maison abîmée <br>Entraîne aussi le feu qui se perd en fumée.<br><br>Je me retire donc, encor pâle d'effroi ; <br>Mais le jour est venu quand je rentre chez moi. <br>Je fais pour reposer un effort inutile : <br>Ce n'est qu'à prix d'argent qu'on dort en cette ville. <br>Il faudrait, dans l'enclos d'un vaste logement, <br>Avoir loin de la rue un autre appartement.<br><br>Paris est pour un riche un pays de Cocagne : <br>Sans sortir de la ville, il trouve la campagne ; <br>Il peut dans son jardin, tout peuplé d'arbres verts, <br>Recéler le printemps au milieu des hivers ; <br>Et, foulant le parfum de ses plantes fleuries, <br>Aller entretenir ses douces rêveries.<br><br>Mais moi, grâce au destin, qui n'ai ni feu ni lieu, <br>Je me loge où je puis et comme il plaît à Dieu.<br><br>(Satire VI)</p>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-13 12:15:08 UTC</pubDate>
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      <item>
         <title></title>
         <author>SieurAmon</author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89820989</link>
         <description><![CDATA[<h3><b>La Ville, </b>de<i> Emile Verhaeren, 1893<strike>.</strike></i></h3>(A reporter sur une thématique de "La cité")<br><br>
Tous les chemins vont  vers la ville.
  Du fond des brumes,Là-bas, avec tous ses étages&nbsp; 
  Et ses grands escaliers et leurs voyages&nbsp; 
  Jusques au ciel, vers de plus hauts étages,&nbsp; 
  Comme d'un rêve, elle s'exhume.&nbsp; 
<p>Là-bas,&nbsp; 
      Ce sont des ponts tressés en fer&nbsp; 
      Jetés, par bonds, à travers l'air;&nbsp; 
      Ce sont des blocs et des colonnes&nbsp; 
      Que dominent des faces de gorgones;&nbsp; 
      Ce sont des tours sur des faubourgs,&nbsp; 
      Ce sont des toits et des pignons,&nbsp; 
      En vols pliés, sur les maisons;&nbsp; 
      C'est la ville tentaculaire,&nbsp; 
      Debout,&nbsp; 
      Au bout des plaines et des domaines.&nbsp; </p><p>Des clartés rouges&nbsp; 
      Qui bougent&nbsp; 
      Sur des poteaux et des grands mâts,&nbsp; 
      Même à midi, brûlent encor&nbsp; 
      Comme des œufs monstrueux d'or,&nbsp; 
      Le soleil clair ne se voit pas:&nbsp; 
      Bouche qu'il est de lumière, fermée&nbsp; 
      Par le charbon et la fumée,&nbsp; 
</p><p>Un fleuve de naphte et de poix&nbsp; 
      Bat les môles de pierre et les pontons de bois;&nbsp; 
      Les sifflets crus des navires qui passent&nbsp; 
      Hurlent la peur dans le brouillard:&nbsp; 
      Un fanal vert est leur regard&nbsp; 
      Vers l'océan et les espaces.&nbsp; </p><p>Des quais sonnent aux entrechocs de leurs fourgons,&nbsp; 
      Des tombereaux grincent comme des gonds,&nbsp; 
      Des balances de fer font choir des cubes d'ombre&nbsp; 
      Et les glissent soudain en des sous-sols de feu;&nbsp; 
      Des ponts s'ouvrant par le milieu,&nbsp; 
      Entre les mâts touffus dressent un gibet sombre&nbsp; 
      Et des lettres de cuivre inscrivent l'univers,&nbsp; 
      Immensément, par à travers&nbsp; 
      Les toits, les corniches et les murailles,&nbsp; 
      Face à face, comme en bataille.&nbsp; 
</p><p>Par au-dessus, passent les cabs, filent les roues,&nbsp; 
      Roulent les trains, vole l'effort,&nbsp; 
      Jusqu'aux gares, dressant, telles des proues&nbsp; 
      Immobiles, de mille en mille, un fronton d'or.&nbsp; 
      Les rails ramifiés rampent sous terre&nbsp; 
      En des tunnels et des cratères&nbsp; 
      Pour reparaître en réseaux clairs d'éclairs&nbsp; 
      Dans le vacarme et la poussière.&nbsp; 
      C'est la ville tentaculaire.&nbsp; 
      La rue – et ses remous comme des câbles&nbsp; 
      Noués  autour des monuments –&nbsp; 
      Fuit et revient en longs enlacements;&nbsp; 
      Et ses foules inextricables&nbsp; 
      Les mains folles, les pas fiévreux,&nbsp; 
      La haine aux yeux,&nbsp; 
      Happent des dents le temps qui les devance.&nbsp; 
      A l'aube, au soir, la nuit,&nbsp; 
      Dans le tumulte et la querelle, ou dans l'ennui,&nbsp; 
      Elles jettent vers le hasard l'âpre semence&nbsp; 
      De leur labeur que l'heure emporte.&nbsp; 
      Et les comptoirs mornes et noirs&nbsp; 
      Et les bureaux louches et faux&nbsp; 
      Et les banques battent des portes&nbsp; 
      Aux coups de vent de leur démence.&nbsp; </p>
    <p>Dehors,  une lumière ouatée,&nbsp; 
      Trouble et rouge, comme un haillon qui brûle,&nbsp; 
      De réverbère en réverbère se recule.&nbsp; 
      La vie, avec des flots d'alcool est fermentée.&nbsp; </p><p>Les bars ouvrent sur les trottoirs&nbsp; 
      Leurs tabernacles de miroirs&nbsp; 
      Où se mirent l'ivresse et la bataille;&nbsp; 
      Une aveugle s'appuie à la muraille&nbsp; 
      Et vend de la lumière, en des boîtes d'un sou;&nbsp; 
      La débauche et la faim s'accouplent en leur trou&nbsp; 
      Et le choc noir des détresses charnelles&nbsp; 
      Danse et bondit à mort dans les ruelles.&nbsp; 
      Et coup sur coup, le rut grandit encore&nbsp; 
      Et la rage devient tempête:&nbsp; 
      On s'écrase sans plus se voir, en quête&nbsp; 
      Du plaisir d'or et de phosphore;&nbsp; 
      Des femmes s'avancent, pâles idoles,&nbsp; 
      Avec, en leurs cheveux, les sexuels symboles.&nbsp; 
      L'atmosphère fuligineuse et rousse&nbsp; 
      Parfois loin du soleil recule et se retrousse&nbsp; 
      Et c'est alors comme un grand cri jeté&nbsp; 
      Du tumulte total vers la clarté:&nbsp; 
      Places, hôtels, maisons, marchés,&nbsp; 
      Ronflent et s'enflamment si fort de violence&nbsp; 
      Que les mourants cherchent en vain le moment de silence&nbsp; 
      Qu'il faut aux yeux pour se fermer.&nbsp; 
      Telle, le jour – pourtant, lorsque les soirs&nbsp; 
      Sculptent le firmament, de leurs marteaux d'ébène,&nbsp; 
      La ville au loin s'étale et domine la plaine&nbsp; 
      Comme un nocturne et colossal espoir;&nbsp; 
      Elle surgit: désir, splendeur, hantise;&nbsp; 
      Sa clarté se projette en lueurs jusqu'aux cieux,&nbsp; 
      Son gaz myriadaire en buissons d'or s'attise,&nbsp; 
      Ses rails sont des chemins audacieux&nbsp; 
      Vers le bonheur fallacieux&nbsp; 
      Que la fortune et la force accompagnent;&nbsp; 
      Ses murs se dessinent pareils à une armée&nbsp; 
      Et ce qui vient d'elle encore de brume et de fumée&nbsp; 
      Arrive en appels clairs vers les campagnes.&nbsp; </p><p>C'est la ville tentaculaire,&nbsp; 
      La pieuvre ardente et l'ossuaire&nbsp; 
      Et la carcasse solennelle.&nbsp; 
</p><p>Et les chemins d'ici s'en vont à l'infini&nbsp; 
      Vers elle.<br>
      <i>Emile Verhaeren, <u>Les Campagnes hallucinées</u>, 1893</i></p>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-13 12:09:10 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title></title>
         <author>SieurAmon</author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89820992</link>
         <description><![CDATA[<h4><b>Le cageot, </b>de Francis Ponge, 1942.</h4>

<h4>A mi-chemin de la cage au cachot la langue française a cageot, simple caissette à claire-voie vouée au transport de ces fruits qui de la moindre suffocation font à coup sûr une maladie.<br>
Agencé de façon qu'au terme de son usage il puisse être brisé sans effort, il ne sert pas deux fois. Ainsi dure-t-il moins encore que les denrées fondantes ou nuageuses qu'il enferme.<br>
A tous les coins de rues qui aboutissent aux halles, il luit alors de l'éclat sans vanité du bois blanc. Tout neuf encore, et légèrement ahuri d'être dans une pose maladroite à la voirie jeté sans retour, cet objet est en somme des plus sympathiques - sur le sort duquel il convient toutefois de ne s'appesantir longuement.</h4>

<h4>(F. Ponge, <u>LeParti pris des choses</u>, 1942)</h4>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-13 12:03:53 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89820992</guid>
      </item>
      <item>
         <title></title>
         <author>SieurAmon</author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89820994</link>
         <description><![CDATA[<p><b>Le pain, </b>de Francis Ponge, 1942.</p>
<p>" La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression
 quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition 
sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. Ainsi donc
 une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four
 stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, 
ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement 
articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses 
feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente. Ce lâche 
et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des 
éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées 
par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent 
et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la
 masse en devient friable… Mais brisons-la : car le pain doit être dans 
notre bouche moins objet de respect que de consommation. "</p>
<p>Francis Ponge, Le Parti-pris des choses,</p>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-13 11:57:18 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title></title>
         <author>SieurAmon</author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89820995</link>
         <description><![CDATA[<h3><b>Zone </b>de Guillaume Apollinaire, 1912.</h3><p>.</p><p>.<br></p><p>À la fin tu es las de ce monde ancien<br>&nbsp;<br>Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin<br>&nbsp;<br>Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine<br>&nbsp;<br>Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes<br>La religion seule est restée toute neuve la religion<br>Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation<br>&nbsp;<br>Seul en Europe tu n'es pas antique ô Christianisme<br>L'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie X<br>Et toi que les fenêtres observent la honte te retient<br>D'entrer dans une église et de t'y confesser ce matin<br>Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut<br>Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux<br>Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventures policières<br>Portraits des grands hommes et mille titres divers<br>&nbsp;<br>J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom<br>Neuve et propre du soleil elle était le clairon<br>Les directeurs les ouvriers et les belles sténodactylographes<br>Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent<br>Le matin par trois fois la sirène y gémit<br>Une cloche rageuse y aboie vers midi<br>Les inscriptions des enseignes et des murailles<br>Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent<br>J'aime la grâce de cette rue industrielle<br>Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l'avenue des Ternes<br>&nbsp;<br>Voilà la jeune rue et tu n'es encore qu'un petit enfant<br>Ta mère ne t'habille que de bleu et de blanc<br>Tu es très pieux et avec le plus ancien de tes camarades René Dalize<br>Vous n'aimez rien tant que les pompes de l'Église<br>Il est neuf heures le gaz est baissé tout bleu vous sortez du dortoir en cachette<br>Vous priez toute la nuit dans la chapelle du collège<br>Tandis qu'éternelle et adorable profondeur améthyste<br>Tourne à jamais la flamboyante gloire du Christ<br>C'est le beau lys que tous nous cultivons<br>C'est la torche aux cheveux roux que n'éteint pas le vent<br>C'est le fils pâle et vermeil de la douloureuse mère<br>C'est l'arbre toujours touffu de toutes les prières<br>C'est la double potence de l'honneur et de l'éternité<br>C'est l'étoile à six branches<br>C'est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le dimanche<br>C'est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs<br>Il détient le record du monde pour la hauteur<br>&nbsp;<br>Pupille Christ de l'oeil<br>Vingtième pupille des siècles il sait y faire<br>Et changé en oiseau ce siècle comme Jésus monte dans l'air<br>Les diables dans les abîmes lèvent la tête pour le regarder<br>Ils disent qu'il imite Simon Mage en Judée<br>Ils crient s'il sait voler qu'on l'appelle voleur<br>Les anges voltigent autour du joli voltigeur<br>Icare Énoch Élie Apollonius de Thyane<br>Flottent autour du premier aéroplane<br>Ils s'écartent parfois pour laisser passer ceux qui portent la Sainte-Eucharistie<br>Ces prêtres qui montent éternellement en élevant l'hostie<br>L'avion se pose enfin sans refermer les ailes<br>Le ciel s'emplit alors de millions d'hirondelles<br>À tire d'aile viennent les corbeaux les faucons les hiboux<br>D'Afrique arrivent les ibis les flamands les marabouts<br>L'oiseau Roc célébré par les conteurs et les poètes<br>Plane tenant dans les serres le crâne d'Adam la première tête<br>L'aigle fond de l'horizon en poussant un grand cri<br>Et d'Amérique vient le petit colibri<br>De Chine sont venus les pihis longs et souples<br>Qui n'ont qu'une seule aile et qui volent par couples<br>Puis voici la colombe esprit immaculé<br>Qu'escortent l'oiseau-lyre et le paon ocellé<br>Le phénix ce bûcher qui soi-même s'engendre<br>Un instant voile tout de son ardente cendre<br>Les sirènes laissant les périlleux détroits<br>Arrivent en chantant bellement toutes trois<br>Et tous aigle phénix et pihis de la Chine<br>Fraternisent avec la volante machine<br>&nbsp;<br>Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule<br>Des troupeaux d'autobus mugissants près de toi roulent<br>L'angoisse de l'amour te serre le gosier<br>Comme si tu ne devais jamais plus être aimé<br>Si tu vivais dans l'ancien temps tu entrerais dans un monastère<br>Vous avez honte quand vous vous surprenez à dire une prière<br>Tu te moques de toi et comme le feu de l'Enfer ton rire pétille<br>Les étincelles de ton rire dorent le fond de ta vie<br>C'est un tableau pendu dans un sombre musée<br>Et quelquefois tu vas la regarder de près<br>&nbsp;<br>Aujourd'hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées<br>C'était et je voudrais ne pas m'en souvenir c'était au déclin de la beauté<br>&nbsp;<br>Entourée de flammes ferventes Notre-Dame m'a regardé à Chartres<br>Le sang de votre Sacré-Coeur m'a inondé à Montmartre<br>Je suis malade d'ouïr les paroles bienheureuses<br>L'amour dont je souffre est une maladie honteuse<br>Et l'image qui te possède te fait survivre dans l'insomnie et dans l'angoisse<br>C'est toujours près de toi cette image qui passe<br>&nbsp;<br>Maintenant tu es au bord de la Méditerranée<br>Sous les citronniers qui sont en fleur toute l'année<br>Avec tes amis tu te promènes en barque<br>L'un est Nissard il y a un Mentonasque et deux Turbiasques<br>Nous regardons avec effroi les poulpes des profondeurs<br>Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur<br>&nbsp;<br>Tu es dans le jardin d'une auberge aux environs de Prague<br>Tu te sens tout heureux une rose est sur la table<br>Et tu observes au lieu d'écrire ton conte en prose<br>La cétoine qui dort dans le coeur de la rose<br>Épouvanté tu te vois dessiné dans les agates de Saint-Vit<br>Tu étais triste à mourir le jour où tu t'y vis<br>Tu ressembles au Lazare affolé par le jour<br>Les aiguilles de l'horloge du quartier juif vont à rebours<br>Et tu recules aussi dans ta vie lentement<br>En montant au Hradchin et le soir en écoutant<br>Dans les tavernes chanter des chansons tchèques<br>&nbsp;<br>Te voici à Marseille au milieu des pastèques<br>&nbsp;<br>Te voici à Coblence à l'hôtel du Géant<br>&nbsp;<br>Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon<br>&nbsp;<br>Te voici à Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide<br>Elle doit se marier avec un étudiant de Leyde<br>On y loue des chambres en latin Cubicula locanda<br>Je me souviens j'y ai passé trois jours et autant à Gouda<br>&nbsp;<br>Tu es à Paris chez le juge d'instruction<br>Comme un criminel on te met en état d'arrestation<br>&nbsp;<br>Tu as fait de douloureux et de joyeux voyages<br>Avant de t'apercevoir du mensonge et de l'âge<br>Tu as souffert de l'amour à vingt et à trente ans<br>J'ai vécu comme un fou et j'ai perdu mon temps<br>&nbsp;<br>Tu n'oses plus regarder tes mains et à tous moments je voudrais sangloter<br>Sur toi sur celle que j'aime sur tout ce qui t'a épouvanté<br>&nbsp;<br>Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants<br>Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent les enfants<br>Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare<br>Ils ont foi dans leur étoile comme les rois-mages<br>Ils espèrent gagner de l'argent dans l'Argentine<br>Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune<br>Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre coeur<br>Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels<br>Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent<br>Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges<br>Je les ai vu souvent le soir ils prennent l'air dans la rue<br>Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs<br>Il y a surtout des juifs leurs femmes portent perruque<br>Elles restent assises exsangues au fond des boutiques<br>&nbsp;<br>Tu es debout devant le zinc d'un bar crapuleux<br>Tu prends un café à deux sous parmi les malheureux<br>&nbsp;<br>Tu es la nuit dans un grand restaurant<br>&nbsp;<br>Ces femmes ne sont pas méchantes elles ont des soucis cependant<br>Toutes même la plus laide a fait souffrir son amant<br>&nbsp;<br>Elle est la fille d'un sergent de ville de Jersey<br>&nbsp;<br>Ses mains que je n'avais pas vues sont dures et gercées<br>&nbsp;<br>J'ai une pitié immense pour les coutures de son ventre<br>&nbsp;<br>J'humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible ma bouche<br>&nbsp;<br>Tu es seul le matin va venir<br>Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues<br>&nbsp;<br>La nuit s'éloigne ainsi qu'une belle Métive<br>C'est Ferdine la fausse ou Léa l'attentive<br>&nbsp;<br>Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie<br>Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie<br>&nbsp;<br>Tu marches vers Auteuil tu veux aller chez toi à pied<br>Dormir parmi tes fétiches d'Océanie et de Guinée<br>Ils sont des Christ d'une autre forme et d'une autre croyance<br>Ce sont les Christ inférieurs des obscures espérances<br>&nbsp;<br>Adieu Adieu<br>&nbsp;<br>Soleil cou coupé</p><p><em><a href="http://www.toutelapoesie.com/poetes/guillaume_apollinaire.htm">Guillaume Apollinaire</a> (1880 - 1918) <br>recueil : Alcools</em></p>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-13 11:54:25 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Paul</title>
         <author>SieurAmon</author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89822682</link>
         <description><![CDATA[<div><br><strong><em>À bord du Transsibérien</em></strong>, de Blaise Cendrars, 1961<br><br><br><strong>Extrait final appris par coeur :&nbsp;</strong><br><br>“Blaise, dis, sommes-nous bien loin de Montmartre?”<br><br></div><div>Nous sommes loin, Jeanne, tu roules depuis sept jours<br>Tu es loin de Montmartre, de la Butte qui t’a nourrie, du Sacré-Cœur contre lequel tu t’es blottie<br>Paris a disparu et son énorme flambée<br>Il n’y a plus que les cendres continues<br>La pluie qui tombe<br>La tourbe qui se gonfle<br>La Sibérie qui tourne<br>Les lourdes nappes de neige qui remontent<br>Et le grelot de la folie qui grelotte comme un dernier désir dans l’air bleui<br>Le train palpite au cœur des horizons plombés<br>Et ton chagrin ricane…<br><br></div><div>“Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre?”<br><br><br></div><div>Les inquiétudes<br>Oublie les inquiétudes<br>Toutes les gares lézardées obliques sur la route<br>Les fils télégraphiques auxquels elles pendent<br>Les poteaux grimaçants qui gesticulent et les étranglent<br>Le monde s’étire s’allonge et se retire comme un accordéon qu’une main sadique tourmente<br>Dans les déchirures du ciel, les locomotives en furie<br>S’enfuient<br><br></div><div>&nbsp;Et dans les trous,<br>Les roues vertigineuses les bouches les voix<br><br></div><div>&nbsp;Et les chiens du malheur qui aboient à nos trousses<br><br></div><div>&nbsp;Les démons sont déchaînés<br><br></div><div>&nbsp;Ferrailles<br><br></div><div>&nbsp;Tout est un faux accord<br><br></div><div>&nbsp;Le broun-roun-roun des roues<br><br></div><div>&nbsp;Chocs<br><br></div><div>&nbsp;Rebondissements<br><br></div><div>&nbsp;Nous sommes un orage sous le crâne d’un sourd…</div><div><br><strong>Fin</strong><br><br><br><strong>Le poème entier :&nbsp;</strong><br><br></div><div>En ce temps-là j’étais en mon adolescence<br>J’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance<br>J’étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance<br>J’étais à Moscou, dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares<br>Et je n’avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours<br>Car mon adolescence était si ardente et si folle<br>Que mon cœur, tour à tour, brûlait comme le temple<br>d’Éphèse ou comme la Place Rouge de Moscou<br>Quand le soleil se couche.<br>Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.<br>Et j’étais déjà si mauvais poète<br>Que je ne savais pas aller jusqu’au bout.<br><br><br></div><div>Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare<br>Croustillé d’or,<br>Avec les grandes amandes des cathédrales toutes blanches<br>Et l’or mielleux des cloches…<br><br><br></div><div>Un vieux moine me lisait la légende de Novgorode<br>J’avais soif<br>Et je déchiffrais des caractères cunéiformes<br>Puis, tout à coup, les pigeons du Saint-Esprit s’envolaient sur la place<br>Et mes mains s’envolaient aussi, avec des bruissements d’albatros<br>Et ceci, c’était les dernières réminiscences du dernier jour<br>Du tout dernier voyage<br>Et de la mer.<br><br><br></div><div>Pourtant, j’étais fort mauvais poète.<br>Je ne savais pas aller jusqu’au bout.<br>J’avais faim<br>Et tous les jours et toutes les femmes dans les cafés et tous les verres<br>J’aurais voulu les boire et les casser<br>Et toutes les vitrines et toutes les rues<br>Et toutes les maisons et toutes les vies<br>Et toutes les roues des fiacres qui tournaient en tourbillon sur les mauvais pavés<br>J’aurais voulu les plonger dans une fournaise de glaives<br>Et j’aurais voulu broyer tous les os<br>Et arracher toutes les langues<br>Et liquéfier tous ces grands corps étranges et nus sous les vêtements qui m’affolent…<br>Je pressentais la venue du grand Christ rouge de la révolution russe…<br>Et le soleil était une mauvaise plaie<br>Qui s’ouvrait comme un brasier.<br><br><br></div><div>En ce temps-là j’étais en mon adolescence<br>J’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de ma naissance<br>J’étais à Moscou, où je voulais me nourrir de flammes<br>Et je n’avais pas assez des tours et des gares que constellaient mes yeux<br><br><br></div><div>En Sibérie tonnait le canon, c’était la guerre<br>La faim le froid la peste le choléra<br>Et les eaux limoneuses de l’Amour charriaient des millions de charognes.<br>Dans toutes les gares je voyais partir tous les derniers trains<br>Personne ne pouvait plus partir car on ne délivrait plus de billets<br>Et les soldats qui s’en allaient auraient bien voulu rester<br>Un vieux moine me chantait la légende de Novgorode.<br><br><br></div><div>Moi,le mauvais poète qui ne voulais aller nulle part, je pouvais aller partout<br>Et aussi les marchands avaient encore assez d’argent<br>Pour aller tenter faire fortune.<br>Leur train partait tous les vendredis matin.<br>On disait qu’il y avait beaucoup de morts.<br>L’un emportait cent caisses de réveils et de coucous de la Forêt-Noire<br>Un autre, des boîtes à chapeaux, des cylindres et un assortiment de tire-bouchons de Sheffield<br>Un autre, des cercueils de Malmoë remplis de boîtes de conserve et de sardines à l’huile<br>Puis il y avait beaucoup de femmes<br>Des femmes, des entre-jambes à louer qui pouvaient aussi servir<br>De cercueils<br>Elles étaient toutes patentées<br>On disait qu’il y avait beaucoup de morts là-bas<br>Elles voyageaient à prix réduits<br>Et avaient toutes un compte-courant à la banque.<br><br><br></div><div>Or, un vendredi matin, ce fut enfin mon tour<br>On était en décembre<br>Et je partis moi aussi pour accompagner le voyageur en bijouterie qui se rendait à Kharbine<br>Nous avions deux coupés dans l’express et 34 coffres de joaillerie de Pforzheim<br>De la camelote allemande “Made in Germany”<br>Il m’avait habillé de neuf, et en montant dans le train j’avais perdu un bouton<br>– Je m’en souviens, je m’en souviens, j’y ai souvent pensé depuis –<br>Je couchais sur les coffres et j’étais tout heureux de pouvoir jouer avec le browning nickelé qu’il m’avait aussi donné<br><br><br></div><div>J’étais très heureux insouciant<br>Je croyais jouer aux brigands<br>Nous avions volé le trésor de Golconde<br>Et nous allions, grâce au transsibérien, le cacher de l’autre côté du monde<br>Je devais le défendre contre les voleurs de l’Oural qui avaient attaqué les saltimbanques de Jules Verne<br>Contre les khoungouzes, les boxers de la Chine<br>Et les enragés petits mongols du Grand-Lama<br>Alibaba et les quarante voleurs<br>Et les fidèles du terrible Vieux de la montagne<br>Et surtout, contre les plus modernes<br>Les rats d’hôtel<br>Et les spécialistes des express internationaux.<br><br><br></div><div>Et pourtant, et pourtant<br>J’étais triste comme un enfant.<br>Les rythmes du train<br>La “moëlle chemin-de-fer” des psychiatres américains<br>Le bruit des portes des voix des essieux grinçant sur les rails congelés<br>Le ferlin d’or de mon avenir<br>Mon browning le piano et les jurons des joueurs de cartes dans le compartiment d’à côté<br>L’épatante présence de Jeanne<br>L’homme aux lunettes bleues qui se promenait nerveusement dans le couloir et qui me regardait en passant<br>Froissés de femmes<br>Et le sifflement de la vapeur<br>Et le bruit éternel des roues en folie dans les ornières du ciel<br>Les vitres sont givrées<br>Pas de nature!<br>Et derrière les plaines sibériennes, le ciel bas et les grandes ombres des Taciturnes qui montent et qui descendent<br><br><br></div><div>Je suis couché dans un plaid<br>Bariolé<br>Comme ma vie<br>Et ma vie ne me tient pas plus chaud que ce châle Écossais<br>Et l’Europe tout entière aperçue au coupe-vent d’un express à toute vapeur<br>N’est pas plus riche que ma vie<br>Ma pauvre vie<br>Ce châle<br>Effiloché sur des coffres remplis d’or<br>Avec lesquels je roule<br>Que je rêve<br>Que je fume<br>Et la seule flamme de l’univers<br>Est une pauvre pensée…<br><br><br></div><div>Du fond de mon cœur des larmes me viennent<br>Si je pense, Amour, à ma maîtresse;<br>Elle n’est qu’une enfant, que je trouvai ainsi<br>Pâle, immaculée, au fond d’un bordel.<br><br><br></div><div>Ce n’est qu’une enfant, blonde, rieuse et triste,<br>Elle ne sourit pas et ne pleure jamais;<br>Mais au fond de ses yeux, quand elle vous y laisse boire,<br>Tremble un doux lys d’argent, la fleur du poète.<br><br><br></div><div>Elle est douce et muette, sans aucun reproche,<br>Avec un long tressaillement à votre approche;<br>Mais quand moi je lui viens, de-ci, de-là, de fête,<br>Elle fait un pas, puis ferme les yeux – et fait un pas.<br>Car elle est mon amour, et les autres femmes<br>N’ont que des robes d’or sur de grands corps de flammes,<br>Ma pauvre amie est si esseulée,<br>Elle est toute nue, n’a pas de corps – elle est trop pauvre.<br><br><br></div><div>Elle n’est qu’une fleur candide, fluette,<br>La fleur du poète, un pauvre lys d’argent,<br>Tout froid, tout seul, et déjà si fané<br>Que les larmes me viennent si je pense à son cœur.<br><br><br></div><div>Et cette nuit est pareille à cent mille autres quand un train file dans la nuit<br>– Les comètes tombent –<br>Et que l’homme et la femme, même jeunes, s’amusent à faire l’amour.<br><br><br></div><div>Le ciel est comme la tente déchirée d’un cirque pauvre dans un petit village de pêcheurs<br>En Flandres<br>Le soleil est un fumeux quinquet<br>Et tout au haut d’un trapèze une femme fait la lune.<br>La clarinette le piston une flûte aigre et un mauvais tambour<br>Et voici mon berceau<br>Mon berceau<br>Il était toujours près du piano quand ma mère comme Madame Bovary jouait les sonates de Beethoven<br>J’ai passé mon enfance dans les jardins suspendus de Babylone<br>Et l’école buissonnière, dans les gares devant les trains en partance<br>Maintenant, j’ai fait courir tous les trains derrière moi<br><br>Bâle-Tombouctou<br>J’ai aussi joué aux courses à Auteuil et à Longchamp<br>Paris-New York<br>Maintenant, j’ai fait courir tous les trains tout le long de ma vie<br>Madrid-Stockholm<br>Et j’ai perdu tous mes paris<br>Il n’y a plus que la Patagonie, la Patagonie, qui convienne à mon&nbsp;<br>immense tristesse, la Patagonie, et un voyage dans les mers du Sud<br>Je suis en route<br>J’ai toujours été en route<br>Je suis en route avec la petite Jehanne de France.<br><br><br></div><div>Le train fait un saut périlleux et retombe sur toutes ses roues<br>Le train retombe sur ses roues<br>Le train retombe toujours sur toutes ses roues.<br><br></div><div><br></div><div>“Blaise, dis, sommes-nous bien loin de Montmartre?”<br><br><br></div><div>Nous sommes loin, Jeanne, tu roules depuis sept jours<br>Tu es loin de Montmartre, de la Butte qui t’a nourrie, du Sacré-Cœur contre lequel tu t’es blottie<br>Paris a disparu et son énorme flambée<br>Il n’y a plus que les cendres continues<br>La pluie qui tombe<br>La tourbe qui se gonfle<br>La Sibérie qui tourne<br>Les lourdes nappes de neige qui remontent<br>Et le grelot de la folie qui grelotte comme un dernier désir dans l’air bleui<br>Le train palpite au cœur des horizons plombés<br>Et ton chagrin ricane…<br><br></div><div>“Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre?”<br><br><br></div><div>Les inquiétudes<br>Oublie les inquiétudes<br>Toutes les gares lézardées obliques sur la route<br>Les fils télégraphiques auxquels elles pendent<br>Les poteaux grimaçants qui gesticulent et les étranglent<br>Le monde s’étire s’allonge et se retire comme un accordéon qu’une main sadique tourmente<br>Dans les déchirures du ciel, les locomotives en furie<br>S’enfuient<br><br></div><div>&nbsp;Et dans les trous,<br>Les roues vertigineuses les bouches les voix<br><br></div><div>&nbsp;Et les chiens du malheur qui aboient à nos trousses<br><br></div><div>&nbsp;Les démons sont déchaînés<br><br></div><div>&nbsp;Ferrailles<br><br></div><div>&nbsp;Tout est un faux accord<br><br></div><div>&nbsp;Le broun-roun-roun des roues<br><br></div><div>&nbsp;Chocs<br><br></div><div>&nbsp;Rebondissements<br><br></div><div>&nbsp;Nous sommes un orage sous le crâne d’un sourd…<br><br></div><div><a href="http://electrodes-h-sinclair-502.com/2009/04/23/blaise-cendrars-prose-transsiberien-jetais-en-mon-adolescence/">http://electrodes-h-sinclair-502.com/2009/04/23/blaise-cendrars-prose-transsiberien-jetais-en-mon-adolescence/<br></a><br></div><div>http://images.google.fr/imgres?imgurl=https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/20/Cendrars_%25C5%25A0tyrsk%25C3%25BD.jpg/220px-Cendrars_%25C5%25A0tyrsk%25C3%25BD.jpg&amp;imgrefurl=https://fr.wikipedia.org/wiki/Blaise_Cendrars&amp;h=313&amp;w=220&amp;tbnid=WgC6vmV6g_4HOM:&amp;tbnh=186&amp;tbnw=130&amp;docid=MXTy7C73tZ9Z8M&amp;itg=1&amp;client=ubuntu&amp;usg=__GIMypJ4Bl_a-geDG615EOeAIJmI=<br><br></div>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-18 13:31:25 UTC</pubDate>
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         <title>théodore &quot;Merveille de la guerre&quot; Guillaume Apollinaire (1880 - 1918) </title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89823647</link>
         <description><![CDATA[<div>&nbsp; Que c'est beau ces fusées qui illuminent la nuit<br>&nbsp; Elles montent sur leur propre cime et se penchent pour regarder<br>&nbsp; Ce sont des dames qui dansent avec leurs regards pour yeux bras et cœurs<br><br>&nbsp; J'ai reconnu ton sourire et ta vivacité<br><br>&nbsp; C'est aussi l'apothéose quotidienne de toutes mes Bérénices dont les chevelures sont devenues des comètes<br>&nbsp; Ces danseuses surdorées appartiennent à tous les temps et à toutesles races<br>&nbsp; Elles accouchent brusquement d'enfants qui n'ont que le temps de mourir<br><br>&nbsp;&nbsp;<strong>Comme c'est beau toutes ces fusées<br>&nbsp; Mais ce serait bien plus beau s'il y en avait plus encore<br>&nbsp; S'il y en avait des millions qui auraient un sens complet et relatif comme les lettres d'un livre<br>&nbsp; Pourtant c'est aussi beau que si la vie même sortait des mourants<br><br>&nbsp; Mais ce serait plus beau encore s'il y en avait plus encore<br>&nbsp; Cependant je les regarde comme une beauté qui s'offre et s'évanouit aussitôt<br>&nbsp; Il me semble assister à un grand festin éclairé a giorno<br>&nbsp; C'est un banquet que s'offre la terre<br>&nbsp; Elle a faim et ouvre de longues bouches pâles<br>&nbsp; La terre a faim et voici son festin de Balthasar cannibale</strong><br>&nbsp; Qui aurait dit qu'on pût être à ce point anthropophage<br>&nbsp; Et qu'il fallût tant de feu pour rôtir le corps humain<br>&nbsp; C'est pourquoi l'air a un petit goût empyreumatique qui n'est ma foipas désagréable<br>&nbsp; Mais le festin serait plus beau encore si le ciel y mangeait avec laterre<br>&nbsp; Il n'avale que les âmes<br>&nbsp; Ce qui est une façon de ne pas se nourrir<br>&nbsp; Et se contente de jongler avec des feux versicolores<br><br>&nbsp; Mais j'ai coulé dans la douceur de cette guerre avec toute macompagnie au long des longs boyaux<br>&nbsp; Quelques cris de flamme annoncent sans cesse ma présence<br>&nbsp; J'ai creusé le lit où je coule en me ramifiant en mille petitsfleuves qui vont partout<br>&nbsp; Je suis dans la tranchée de première ligne et cependant je suispartout ou plutôt je commence à être partout<br>&nbsp; C'est moi qui commence cette chose des siècles à venir<br>&nbsp; Ce sera plus long à réaliser que non la fable d'Icare volant<br><br>&nbsp; Je lègue à l'avenir l'histoire de Guillaume Apollinaire<br>&nbsp; Qui fut à la guerre et sut être partout<br>&nbsp; Dans les villes heureuses de l'arrière<br>&nbsp; Dans tout le reste de l'univers<br>&nbsp; Dans ceux qui meurent en piétinant dans le barbelé<br>&nbsp; Dans les femmes dans les canons dans les chevaux<br>&nbsp; Au zénith au nadir aux 4 points cardinaux<br>&nbsp; Et dans l'unique ardeur de cette veillée d'armes<br><br>&nbsp; Et ce serait sans doute bien plus beau<br>&nbsp; Si je pouvais supposer que toutes ces choses dans lesquelles je suispartout<br>&nbsp; Pouvaient m'occuper aussi<br>&nbsp; Mais dans ce sens il n'y a rien de fait<br>&nbsp; Car si je suis partout à cette heure il n'y a cependant que moi quisuis en moi<br><br></div><div><a href="http://www.toutelapoesie.com/poetes/guillaume_apollinaire.htm"><em>Guillaume Apollinaire</em></a><em>&nbsp;(1880 - 1918)&nbsp;<br><br><br></em><br></div>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-18 13:38:57 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Aénor: &quot;demain&quot; Robert Desnos</title>
         <author></author>
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         <description><![CDATA[<div><br><br></div><div><br><br><br></div><div>Âgé de cent-mille ans, j'aurais encore la force<br>De t'attendre, o demain pressenti par l'espoir.<br>Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,<br>Peut gémir: le matin est neuf, neuf est le soir.<br><br></div><div>Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,<br>Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,<br>Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille<br>A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.<br><br></div><div>Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore<br>De la splendeur du jour et de tous ses présents.<br>Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore<br>Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.<br><br></div><div><strong><em>Robert Desnos (État de veille, 1942)</em></strong></div><div><br><br></div>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-18 13:38:59 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Rachel, &amp;quot;Demain&amp;quot;</title>
         <author></author>
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         <description><![CDATA[<div><em>« Demain » 		</em></div><div><em>Âgé de cent mille ans, j’aurais encor la force<br>&nbsp;De t’attendre, ô demain pressenti par l’espoir.<br>&nbsp;Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,&nbsp;<br>&nbsp;Peut gémir : Le matin est neuf, neuf est le soir.<br><br>&nbsp;Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,&nbsp;<br>&nbsp;Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,&nbsp;<br>&nbsp;Nous parlons à voix basse et nous tendons l’oreille<br>&nbsp;À maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.<br><br>&nbsp;Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore<br>&nbsp;De la splendeur du jour et de tous ses présents.<br>&nbsp;Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore<br>&nbsp;Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent.&nbsp;<br><br></em><br></div><div><em>Robert Desnos, 1942</em><br><br></div><div><br><br></div>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-18 13:39:01 UTC</pubDate>
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      <item>
         <title>Louise- Paul Eluard- Gabriel Péri</title>
         <author></author>
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         <description><![CDATA[<p>Un homme est mort qui n’avait pour défense&nbsp;<br>&nbsp;Que ses bras ouverts à la vie<br>&nbsp;Un homme est mort qui n’avait d’autre route<br>&nbsp;Que celle où l’on hait les fusils<br>&nbsp;Un homme est mort qui continue la lutte<br>&nbsp;Contre la mort contre l’oubli
</p>
<p>Car tout ce qu’il voulait<br>&nbsp;Nous le voulions aussi<br>&nbsp;Nous le voulons aujourd’hui<br>&nbsp;Que le bonheur soit la lumière<br>&nbsp;Au fond des yeux au fond du cœur<br>&nbsp;Et la justice sur la terre
</p>
<p>Il y a des mots qui font vivre<br>&nbsp;Et ce sont des mots innocents<br>&nbsp;Le mot chaleur le mot confiance<br>&nbsp;Amour justice et le mot liberté<br>&nbsp;Le mot enfant et le mot gentillesse<br>&nbsp;Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits<br>&nbsp;Le mot courage et le mot découvrir<br>&nbsp;Et le mot frère et le mot camarade<br>&nbsp;Et certains noms de pays de villages<br>&nbsp;Et certains noms de femmes et d’amies<br>&nbsp;Ajoutons-y Péri<br>&nbsp;Péri est mort pour ce qui nous fait vivre<br>&nbsp;Tutoyons-le sa poitrine est trouée<br>&nbsp;Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux<br>&nbsp;Tutoyons-nous son espoir est vivant. </p><p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_P%C3%A9ri">https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_P%C3%A9ri</a></p><p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_P%C3%A9ri"><br></a></p><p><a href="http://images.google.fr/imgres?imgurl=https%3A%2F%2Fupload.wikimedia.org%2Fwikipedia%2Fcommons%2Fthumb%2F3%2F3b%2FGabriel_P%2525C3%2525A9ri_1932.jpg%2F260px-Gabriel_P%2525C3%2525A9ri_1932.jpg&amp;imgrefurl=https%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FGabriel_P%25C3%25A9ri&amp;h=316&amp;w=260&amp;tbnid=vKHlrDTU-WCVuM%3A&amp;docid=MMyQtXYByLQfzM&amp;ei=ke-cVpWYCsu2ac-Fs9AM&amp;tbm=isch&amp;client=ubuntu&amp;iact=rc&amp;uact=3&amp;dur=409&amp;page=1&amp;start=0&amp;ndsp=32&amp;ved=0ahUKEwjVpIO0wrPKAhVLWxoKHc_CDMoQrQMIHjAA">http://images.google.fr/imgres?imgurl=https%3A%2F%2Fupload.wikimedia.org%2Fwikipedia%2Fcommons%2Fthumb%2F3%2F3b%2FGabriel_P%2525C3%2525A9ri_1932.jpg%2F260px-Gabriel_P%2525C3%2525A9ri_1932.jpg&amp;imgrefurl=https%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FGabriel_P%25C3%25A9ri&amp;h=316&amp;w=260&amp;tbnid=vKHlrDTU-WCVuM%3A&amp;docid=MMyQtXYByLQfzM&amp;ei=ke-cVpWYCsu2ac-Fs9AM&amp;tbm=isch&amp;client=ubuntu&amp;iact=rc&amp;uact=3&amp;dur=409&amp;page=1&amp;start=0&amp;ndsp=32&amp;ved=0ahUKEwjVpIO0wrPKAhVLWxoKHc_CDMoQrQMIHjAA</a></p><br>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-18 13:39:05 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Julie    &amp;quot;Je vous écris d&#39;un pays lointain&amp;quot; d&#39;Henri Michaux</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89823750</link>
         <description><![CDATA[<p>Je fais le paragraphe 5.</p><p>Nous n'avons ici, dit-elle, qu'un soleil par mois, et pour peu de temps.<br>On se frotte les yeux des jours en avance.<br>Mais en vain.<br>Temps inexorable.<br>Soleil n'arrive qu'en son heure.</p><p>Ensuite on a un monde de choses à faire, tant qu'il y a de la clarté, si bien qu'on a à peine le temps de se regarder un peu.</p><p>La contrariété, pour nous, dans la nuit, c'est quand il faut travailler, et il le faut : il naît des nains continuellement.</p><p>II</p><p>Quand on marche dans la campagne, lui confie-t-elle encore, il arrive que l'on rencontre sur son chemin des masses considérables.<br>Ce sont des montagnes, et il faut tôt ou tard se mettre à plier les genoux.<br>Rien ne sert de résister, on ne pourrait plus avancer, même en se faisant du mal.</p><p>Ce n'est pas pour blesser que je le dis.<br>Je pourrais dire d'autres choses, si je voulais vraiment blesser.</p><p>III</p><p>L'aurore est grise ici, lui dit-elle encore.<br>Il n'en fut pas toujours ainsi.<br>Nous ne savons qui accuser.</p><p>Dans la nuit le bétail pousse de grands mugissements, longs et flûtes pour finir.<br>On a de la compassion, mais que faire?</p><p>L'odeur des eucalyptus nous entoure : bienfait, sérénité, mais elle ne peut préserver de tout, ou bien pensez-vous qu'elle puisse réellement préserver de tout<br>?</p><p>Je vous ajoute encore un mot, une question plutôt.</p><p>Est-ce que l'eau coule aussi dans votre pays? (je ne me souviens pas si vous me l'avez dit) et elle donne aussi des frissons, si c'est bien elle.</p><p>Est-ce que je l'aime?<br>Je ne sais.<br>On se sent si seule dedans, quand elle est froide.<br>C'est tout autre chose quand elle est chaude.<br>Alors?<br>Comment juger?<br>Comment jugez-vous, vous autres, dites-moi, quand vous parlez d'elle sans déguisement, à cœur ouvert?</p><p>V</p><p>Je vous écris du bout du monde.<br>Il faut que vous le sachiez.<br>Souvent les arbres tremblent.<br>On recueille les feuilles.<br>Elles ont un nombre fou de nervures.<br>Mais à quoi bon ?<br>Plus rien entre elles et l'arbre, et nous nous dispersons, gênées.</p><p>Est-ce que la vie sur terre ne pourrait pas se poursuivre sans vent?<br>Ou faut-il que tout tremble, toujours, toujours?</p><p>Il y a aussi des remuements souterrains, et dans la maison comme des colères qui viendraient au-devant de vous, comme des êtres sévères qui voudraient arracher des<br>confessions.</p><p>On ne voit rien, que ce qu'il importe si peu de voir.<br>Rien, et cependant on tremble.<br>Pourquoi?</p><p>VI</p><p>Nous vivons toutes ici la gorge serrée.<br>Savez-vous que, quoique très jeune, autrefois j'étais plus jeune encore, et mes compagnes pareillement.<br>Qu'est-ce que cela signifie?<br>Il y a là, sûrement, quelque chose d'affreux.</p><p>Et autrefois quand, comme je vous l'ai déjà dit, nous étions encore plus jeunes, nous avions peur.<br>On eût profité de notre confusion.<br>On nous eût dit : «<br>Voilà, on vous enterre.<br>Le moment est arrivé. »<br>Nous pensions : «<br>C'est vrai, nous pourrions aussi bien être enterrées ce soir, s'il est avéré que c'est le moment. »</p><p>Et nous n'osions pas trop courir : essoufflées, au bout d'une course, arriver devant une fosse toute prête, et pas le temps de dire mot, pas le souffle.</p><p>Dites-moi, quel est donc le secret à ce propos ?</p><p>VII</p><p>Il y a constamment, lui dit-elle encore, des lions dans le village, qui se promènent sans gêne aucune.<br>Moyennant qu'on ne fera pas attention à eux, ils ne font pas attention à nous.</p><p>Mais s'ils voient courir devant eux une jeune fille, ils ne veulent pas excuser son émoi.<br>Non ! aussitôt ils la dévorent.</p><p>C'est pourquoi ils se promènent constamment dans le village où ils n'ont rien à faire, car ils bâilleraient aussi bien ailleurs, n'est-ce pas évident ?</p><p>VIII</p><p>Depuis longtemps, longtemps, lui confie-t-elle, nous sommes en débat avec la mer.</p><p>De très rares fois, bleue, douce, on la croirait</p><p>contente.<br>Mais cela ne saurait durer.<br>Son odeur du reste le dit, une odeur de pourri (si ce n'était son amertume).</p><p>Ici, je devrais expliquer l'affaire des vagues.<br>C'est follement compliqué, et la mer...<br>Je vous prie, ayez confiance en moi.<br>Est-ce que je voudrais vous tromper?<br>Elle n'est pas qu'un mot.<br>Elle n'est pas qu'une peur.<br>Elle existe, je vous le jure; on la voit constamment.</p><p>Qui? mais nous, nous la voyons.<br>Elle vient de très loin pour nous chicaner et nous effrayer.</p><p>Quand vous viendrez, vous la verrez vous-même, vous serez tout étonné. «<br>Tiens ! » direz-vous, car elle stupéfie.</p><p>Nous la regarderons ensemble.<br>Je suis sûre que je n'aurai plus peur.<br>Dites-moi, cela n'arrivera-t-il jamais ?</p><p>IX</p><p>Je ne veux pas vous laisser sur un doute, continue-t-elle, sur un manque de confiance.<br>Je voudrais vous reparler de la mer.<br>Mais il reste l'embarras.<br>Les ruisseaux avancent; mais elle, non. Écoutez, ne vous fâchez pas, je vous le jure, je ne songe pas à vous tromper.<br>Elle est comme ça.<br>Pour fort qu'elle s'agite, elle s'arrête devant un peu de sable.<br>C'est une grande embarrassée.<br>Elle voudrait sûrement avancer, mais le fait est là.<br>Plus tard peut-être, un jour elle avancera.</p>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-18 13:39:38 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Jérémy: Le jour viendra de Pablo Neruda 1950</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89823817</link>
         <description><![CDATA[<p>
    Libérateurs, dans ce couchant de l'Amérique, dans l'obscurité déserte du matin,
  je vous remets cette feuille infinie de mes peuples, la joie
de chaque heure de la lutte.</p><p> Hussards bleus, tombés
 dans la profondeur du temps,
 soldats dont les drapeaux
nouvellement brodés portent l'aube naissante,
soldats d'aujourd'hui, communistes,
combattants légataires des torrents
métallurgiques,
écoutez ma voix née
dans les glaciers, hissée
au brasier quotidien
par simple devoir amoureux : <br></p><p>&nbsp;nous sommes la même terre, le même
 peuple traqué,
le même combat ceint la taille
de notre Amérique :
Avez-vous vu
le soir venu la grotte ténébreuse
du frère ?
Avez-vous pénétré
sa vie obscure ?
Le coeur épars
du peuple abandonné et submergé !</p><p>Quelqu'un qui reçut la paix du héros
 l'a gardée dans sa cave, quelqu'un a dérobé les
 fruits
 le la récolte ensanglantée.
 Divisant la géographie,
 il a instauré des rives hostiles,
des zones d'ombre aveugle et désolée. <br></p><p>Des terres recueillez le battement
 confus de la douleur, les solitudes,
 le blé des sols égrenés :
 une germination se fait sous les drapeaux :
 la voix ancienne à nouveau nous appelle.
 Descendez aux racines minérales,
aux sommets du métal désert,</p><p>&nbsp;touchez le combat de l'homme sur terre,
à travers le martyre qui maltraite</p><p>les mains dont le destin est la lumière.
Ne renoncez pas au jour que vous tendent
les morts qui ont lutté. Car chaque épi
naît d'un grain remis à la terre,
et comme le blé, le peuple innombrable
rassemble des racines, il accumule des épis,
et dans la tempête en furie
s'élèvent à la clarté de l'univers.
  </p>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-18 13:40:01 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Mohamed- &amp;quot;L&#39;huitre&amp;quot; de Francis Ponge</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89823829</link>
         <description><![CDATA[<p> L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre.</p><p> C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir&nbsp;: il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles&nbsp;: c'est un travail grossier.&nbsp;</p><p>Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos.              </p><p>A l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger&nbsp;: sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords.</p><p>Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner.</p><p>Francis Ponge, 1942</p>]]></description>
         <enclosure url="" />
         <pubDate>2016-01-18 13:40:05 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Victor- &quot;Chanson de la caravane d&#39;Oradour&quot; de Louis Aragon</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89824348</link>
         <description><![CDATA[<div>Nous n'iront plus à Compostelle</div><div>Des coquilles à nos bâtons </div><div>A saints nouveaux nouveaux autels</div><div>Et comme nos chansons nouvelles</div><div>Les enseignes que nous portons<br><br></div><div>Que nos caravanes s'avancent</div><div>Vers ces lieux marqués par le sang</div><div>Une plaie au cœur de la France</div><div>Y rappelle à l'indifférence</div><div>Le massacre des innocents<br><br></div><div>Vous qui survivez à vos fils</div><div>En vain vous priez jour et nuit</div><div>Que le châtiment s'accomplisse</div><div>Et la terre en vain crie justice</div><div>Le ciel lui refuse la pluie<br><br></div><div>Ô Mamans restées sans amour</div><div>Sur les tombes de vos héros</div><div>La même lumière du jour</div><div>Baigne les ruines d'Oradour</div><div>Et les yeux vivants des bourreaux<br><br></div><div>Aux berceaux d'Oradour demain</div><div>Pour qu'on ne revoie plus la guerre</div><div>Semer le mort comme naguère</div><div>Dans le monde entier se liguèrent</div><div>Près d'un milliards de cœurs humains<br><br></div><div>Que la paix ouvre enfin ses vannes</div><div>Et le peuple dicte ses lois</div><div>Nous les faiseurs de caravanes </div><div>T'apportons Oradour-sur -glane</div><div>La colombe en guise de croix.<br><br></div>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-18 13:43:30 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Inès - Demain, Robert Desnos 1942</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89824386</link>
         <description><![CDATA[<div>Âgé de cent mille ans, j’aurais encore la force<br>&nbsp;De t’attendre, ô demain pressenti par l’espoir.<br>&nbsp;Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,&nbsp;<br>&nbsp;Peut gémir : Le matin est neuf, neuf est le soir.<br><br>&nbsp;Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,&nbsp;<br>&nbsp;Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,&nbsp;<br>&nbsp;Nous parlons à voix basse et nous tendons l’oreille<br>&nbsp;À maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.<br><br>&nbsp;Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore<br>&nbsp;De la splendeur du jour et de tous ses présents.<br>&nbsp;Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore<br>&nbsp;Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent.&nbsp;<br><br><br></div><div>Robert Desnos, 1942<a href="http://images.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fwww.espritsnomades.com%2Fsitelitterature%2Fdesnosimages%2Fdesnos3.jpg&amp;imgrefurl=http%3A%2F%2Fwww.espritsnomades.com%2Fsitelitterature%2Fdesnos.html&amp;h=300&amp;w=240&amp;tbnid=diQtkMwT2DZOkM%3A&amp;docid=PWxwEE1KJTgkDM&amp;ei=BfCcVtuwH4qJaMSotaAP&amp;tbm=isch&amp;client=ubuntu&amp;iact=rc&amp;uact=3&amp;dur=2806&amp;page=1&amp;start=0&amp;ndsp=34&amp;ved=0ahUKEwibx8DrwrPKAhWKBBoKHURUDfQQrQMIIzAC"><br></a><br></div>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-18 13:43:42 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Juliette- &amp;quot;Courage&amp;quot; de Paul Eluard</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89824607</link>
         <description><![CDATA[<p>Paris a froid Paris a faim<br>Paris ne mange plus de marrons dans la rue<br>Paris a mis de vieux vêtements de vieille<br>Paris dort tout debout sans air dans le métro<br>Plus de malheur encore est imposé aux pauvres<br>Et la sagesse et la folie<br>De Paris malheureux<br>C’est l’air pur c’est le feu<br>C’est la beauté c’est la bonté<br>De ses travailleurs affamés<br>Ne crie pas au secours Paris<br>Tu es vivant d’une vie sans égale<br>Et derrière la nudité<br>De ta pâleur de ta maigreur<br>Tout ce qui est humain se révèle en tes yeux<br>Paris ma belle ville<br>Fine comme une aiguille forte comme une épée<br>Ingénue et savante<br>Tu ne supportes pas l’injustice<br>Pour toi c’est le seul désordre<br>Tu vas te libérer Paris<br>Paris tremblant comme une étoile<br>Notre espoir survivant<br>Tu vas te libérer de la fatigue et de la boue<br>Frères ayons du courage<br>Nous qui ne sommes pas casqués<br>Ni bottés ni gantés ni bien élevés<br>Un rayon s’allume en nos veines<br>Notre lumière nous revient<br>Les meilleurs d’entre nous sont morts pour nous<br>Et voici que leur sang retrouve notre coeur<br>Et c’est de nouveau le matin un matin de Paris<br>La pointe de la délivrance<br>L’espace du printemps naissant<br>La force idiote a le dessous<br>Ces esclaves nos ennemis<br>S’ils ont compris<br>S’ils sont capables de comprendre<br>Vont se lever.</p>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-18 13:45:24 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Srisaravanan</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89825068</link>
         <description><![CDATA[<div><br></div><div>Union libre André libre</div><div><br><br></div><div>Ma femme à la chevelure de feu de bois<br>Aux pensées d'éclairs de chaleur<br>A la taille de sablier<br>Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre<br>Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d'étoiles de dernière grandeur<br>Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche<br>A la langue d'ambre et de verre frottés<br>Ma femme à la langue d'hostie poignardée<br>A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux<br>A la langue de pierre incroyable<br>Ma femme aux cils de bâtons d'écriture d'enfant<br>Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle<br>Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre<br>Et de buée aux vitres<br>Ma femme aux épaules de champagne<br>Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace<br>Ma femme aux poignets d'allumettes<br>Ma femme aux doigts de hasard et d'as de cœur<br>Aux doigts de foin coupé<br>Ma femme aux aisselles de martre et de fênes<br>De nuit de la Saint-Jean<br>De troène et de nid de scalares<br>Aux bras d'écume de mer et d'écluse<br>Et de mélange du blé et du moulin<br>Ma femme aux jambes de fusée<br>Aux mouvements d'horlogerie et de désespoir<br>Ma femme aux mollets de moelle de sureau<br>Ma femme aux pieds d'initiales<br>Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent<br>Ma femme au cou d'orge imperlé<br>Ma femme à la gorge de Val d'or<br>De rendez-vous dans le lit même du torrent<br>Aux seins de nuit<br>Ma femme aux seins de taupinière marine<br>Ma femme aux seins de creuset du rubis<br>Aux seins de spectre de la rose sous la rosée<br>Ma femme au ventre de dépliement d'éventail des jours<br>Au ventre de griffe géante<br>Ma femme au dos d'oiseau qui fuit vertical<br>Au dos de vif-argent<br>Au dos de lumière<br>A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée<br>Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire<br>Ma femme aux hanches de nacelle<br>Aux hanches de lustre et de pennes de flèche<br>Et de tiges de plumes de paon blanc<br>De balance insensible<br>Ma femme aux fesses de grès et d'amiante<br>Ma femme aux fesses de dos de cygne<br>Ma femme aux fesses de printemps<br>Au sexe de glaïeul<br>Ma femme au sexe de placer et d'ornithorynque<br>Ma femme au sexe d'algue et de bonbons anciens<br>Ma femme au sexe de miroir<br>Ma femme aux yeux pleins de larmes<br>Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée<br>Ma femme aux yeux de savane<br>Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison<br>Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache<br>Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu.<br><br><em>André Breton (1931)</em></div>]]></description>
         <enclosure url="" />
         <pubDate>2016-01-18 13:48:33 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>cheikh/Aimé césaire: dorsale bossale/2012-03-08</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89825572</link>
         <description><![CDATA[<p><span style="font-size: 13px;">il y a des volcans qui se meurent</span><br></p><p>il y a des volcans qui demeurent</p><p>il y a des volcans qui ne sont là que pour le vent</p><p>il y a des volcans fous</p><p>il y a des volcans ivres à la dérive</p><p>il y a des volcans qui vivent en meutes et patrouillent</p><p>il y a des volcans dont la gueule émerge de temps en temps</p><p>véritables chiens de la mer</p><p>il y a des volcans qui se voilent la face</p><p>toujours dans les nuages</p><p>il y a des volcans vautrés comme des rhinocéros fatigués</p><p>dont on peut palper la poche galactique</p><p>il y a des volcans pieux qui élèvent des monuments</p><p>à la gloire des peuples disparus</p><p>il y a des volcans vigilants</p><p>des volcans qui aboient</p><p>montant la garde au seuil du Kraal des peuples endormis</p><p>il y a des volcans fantasques qui apparaissent</p><p>et disparaissent</p><p>(ce sont jeux lémuriens)</p><p>il ne faut pas oublier ceux qui ne sont pas les moindres</p><p>les volcans qu’aucune dorsale n’a jamais repérés</p><p>et dont de nuit les rancunes se construisent</p><p>il y a des volcans dont l’embouchure est à la mesure</p><p>exacte de l’antique déchirure.</p>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-18 13:51:48 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Bord droit</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89825787</link>
         <description><![CDATA[]]></description>
         <enclosure url="" />
         <pubDate>2016-01-18 13:53:11 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Sarah,&amp;quot;Le jour viendra&amp;quot;</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89825983</link>
         <description><![CDATA[<p>Le jour viendra <br>Libérateurs, dans ce couchant <br>de l'Amérique, dans l'obscurité <br>déserte du matin, <br>je vous remets cette feuille infinie <br>de mes peuples, la joie <br>de chaque heure de la lutte. <br>Hussards bleus, tombés <br>dans la profondeur du temps, <br>soldats dont les drapeaux <br>nouvellement brodés portent l'aube naissante, <br>soldats d'aujourd'hui, communistes, <br>combattants légataires des torrents <br>métallurgiques, <br>écoutez ma voix née <br>dans les glaciers, hissée <br>au brasier quotidien <br>par simple devoir amoureux : <br>nous sommes la même terre, le même <br>peuple traqué, <br>le même combat ceint la taille <br>de notre Amérique : <br>Avez-vous vu <br>le soir venu la grotte ténébreuse <br>du frère ? <br>Avez-vous pénétré <br>sa vie obscure ? <br>Le coeur épars <br>du peuple abandonné et submergé !<br>Quelqu'un qui reçut la paix du héros <br>l'a gardée dans sa cave, quelqu'un a dérobé les <br>fruits <br>de la récolte ensanglantée. <br>Divisant la géographie, <br>il a instauré des rives hostiles, <br>des zones d'ombre aveugle et désolée.<br>Des terres recueillez le battement <br>confus de la douleur, les solitudes, <br>le blé des sols égrenés : <br>une germination se fait sous les drapeaux : <br>la voix ancienne à nouveau nous appelle. <br>Descendez aux racines minérales, <br>aux sommets du métal désert, <br>touchez le combat de l'homme sur terre, <br>à travers le martyre qui maltraite <br>les mains dont le destin est la lumière. <br>Ne renoncez pas au jour que vous tendent <br>les morts qui ont lutté. Car chaque épi <br>naît d'un grain remis à la terre, <br>et comme le blé, le peuple innombrable <br>rassemble des racines, il accumule des épis, <br>et dans la tempête en furie <br>s'élèvent à la clarté de l'univers<br><br></p>]]></description>
         <enclosure url="" />
         <pubDate>2016-01-18 13:54:19 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>josue  - Robert Desnos</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89826111</link>
         <description><![CDATA[<h3>Demain</h3><p>Âgé de cent mille ans, j’aurais encore la force<br>De t’attendre, ô demain pressenti par l’espoir.<br>Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses, <br>Peut gémir : Le matin est neuf, neuf est le soir.<br><br>Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille, <br>Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu, <br>Nous parlons à voix basse et nous tendons l’oreille<br>À maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.<br><br>Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore<br>De la splendeur du jour et de tous ses présents.<br>Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore<br>Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent.</p>]]></description>
         <enclosure url="http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/desnos1.jpg" />
         <pubDate>2016-01-18 13:54:58 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Alex</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89826417</link>
         <description><![CDATA[<h3>« Gabriel Péri » 			
			</h3><p>Un homme est mort qui n’avait pour défense&nbsp;<br>&nbsp;Que ses bras ouverts à la vie<br>&nbsp;Un homme est mort qui n’avait d’autre route<br>&nbsp;Que celle où l’on hait les fusils<br>&nbsp;Un homme est mort qui continue la lutte<br>&nbsp;Contre la mort contre l’oubli
</p>
<p>Car tout ce qu’il voulait<br>&nbsp;Nous le voulions aussi<br>&nbsp;Nous le voulons aujourd’hui<br>&nbsp;Que le bonheur soit la lumière<br>&nbsp;Au fond des yeux au fond du cœur<br>&nbsp;Et la justice sur la terre
</p>
<p>Il y a des mots qui font vivre<br>&nbsp;Et ce sont des mots innocents<br>&nbsp;Le mot chaleur le mot confiance<br>&nbsp;Amour justice et le mot liberté<br>&nbsp;Le mot enfant et le mot gentillesse<br>&nbsp;Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits<br>&nbsp;Le mot courage et le mot découvrir<br>&nbsp;Et le mot frère et le mot camarade<br>&nbsp;Et certains noms de pays de villages<br>&nbsp;Et certains noms de femmes et d’amies<br>&nbsp;Ajoutons-y Péri<br>&nbsp;Péri est mort pour ce qui nous fait vivre<br>&nbsp;Tutoyons-le sa poitrine est trouée<br>&nbsp;Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux<br>&nbsp;Tutoyons-nous son espoir est vivant.
</p>]]></description>
         <enclosure url="" />
         <pubDate>2016-01-18 13:57:06 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Ivana- Jacques Prévert</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89826865</link>
         <description><![CDATA[<div><a href="http://culturezvous.com/etre-ange-jacques-prevert/">Un autre poème</a></div>]]></description>
         <enclosure url="http://culturezvous.com/wp-content/uploads/2015/07/jacques_prevert.jpg" />
         <pubDate>2016-01-18 14:00:04 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Lisa : &quot;Nuit rhénane&quot; Apollinaire</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89826989</link>
         <description><![CDATA[<p></p><p>Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme<br>Écoutez la chanson lente d'un batelier<br>Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes <br>Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds</p><p>Debout chantez plus haut en dansant une ronde<br>Que je n'entende plus le chant du batelier<br>Et mettez près de moi toutes les filles blondes<br>Au regard immobile aux nattes repliées</p><p>Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent<br>Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter<br>La voix chante toujours à en râle-mourir<br>Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été</p><p>Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire</p><p><em><a href="http://www.toutelapoesie.com/poetes/guillaume_apollinaire.htm">Guillaume Apollinaire</a> (1880 - 1918) </em></p><p></p>]]></description>
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         <pubDate>2016-01-18 14:00:54 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Rachel, photo de Robert Desnos</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/89827240</link>
         <description><![CDATA[]]></description>
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         <pubDate>2016-01-18 14:02:29 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Bord droit</title>
         <author>SieurAmon</author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/90365893</link>
         <description><![CDATA[]]></description>
         <enclosure url="" />
         <pubDate>2016-01-20 22:39:56 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Strophes pour se souvenir - classe entière</title>
         <author>SieurAmon</author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/90366143</link>
         <description><![CDATA[]]></description>
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         <pubDate>2016-01-20 22:43:19 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Hawa-Sabine: Nuit Rhénane ~ Apollinaire 1913</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/90444844</link>
         <description><![CDATA[<p></p><h3>Nuit rhénane</h3>Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme<br>Écoutez la chanson lente d'un batelier<br>Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes<br>Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds<br><br>Debout chantez plus haut en dansant une ronde<br>Que je n'entende plus le chant du batelier<br>Et mettez près de moi toutes les filles blondes<br>Au regard immobile aux nattes repliées<br><br>Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent<br>Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter<br>La voix chante toujours à en râle-mourir<br>Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été<br><br>Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire<p></p>]]></description>
         <enclosure url="" />
         <pubDate>2016-01-21 12:52:50 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>CE DOUX HIVER QUI EGALE CES JOURS romain</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/90448352</link>
         <description><![CDATA[<p>Ce doux hiver qui égale ses jours<br>
A un printemps, tant il est aimable,<br>
Bien qu’il soit beau, ne m’est pas agréable,<br>
J’en crains la queue, et le succès toujours.</p>
<p>J’ai bien appris que les chaudes amours,<br>
Qui au premier vous servent une table<br>
Pleine de sucre et de mets délectable,<br>
Gardent au fruit leur amer et leurs tours.</p>
<p>Je vois déjà les arbres qui boutonnent<br>
En mille noeuds, et ses beautés m’étonnent,<br>
En une nuit ce printemps est glacé,</p>
<p>Ainsi l’amour qui trop serein s’avance,<br>
Nous rit, nous ouvre une belle apparence,<br>
Est né bien tôt bien tôt effacé.</p>
<p>Théodore Agrippa d’Aubigné</p>]]></description>
         <enclosure url="" />
         <pubDate>2016-01-21 13:13:37 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Flavien &quot; le chant des marais&quot; - lecture</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/90452694</link>
         <description><![CDATA[]]></description>
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         <pubDate>2016-01-21 13:32:02 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>anne-claire &quot;demain&quot;</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/90454317</link>
         <description><![CDATA[<p>Âgé de cent-mille ans, j'aurais encore la force<br>
De t'attendre, o demain pressenti par l'espoir.<br>
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,<br>
Peut gémir: neuf est le matin, neuf est le soir.</p>
<p>Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,<br>
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,<br>
Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille<br>
A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.</p>
<p>Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore<br>
De la splendeur du jour et de tous ses présents.<br>
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore<br>
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.</p>
<b><i>Robert Desnos (État de veille, 1942)</i></b><br>]]></description>
         <enclosure url="" />
         <pubDate>2016-01-21 13:38:53 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Sally : Femme noire ~ Léopold Sédar Senghor 1945</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/90455175</link>
         <description><![CDATA[<p><span style="font-size: 13px;">Femme nue, femme noire</span></p><p><span style="font-size: 13px;">Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté</span></p><p><span style="font-size: 13px;">J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux</span></p><p>Et voilà qu'au cœur de l'Eté et de Midi,<br>Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné<br>Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l'éclair d'un aigle<br><br>Femme nue, femme obscure<br>Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche<br>Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d'Est<br>Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur<br>Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée<br><br>Femme noire, femme obscure<br>Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux flancs des princes du Mali<br>Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.<br><br>Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or ronge ta peau qui se moire<br><br>A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.<br><br>Femme nue, femme noire<br>Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel<br>Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.</p>]]></description>
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      <item>
         <title>Srisaravanan ranjan</title>
         <author></author>
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         <title>romain - lecture</title>
         <author></author>
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      <item>
         <title>demain_ Aénor</title>
         <author></author>
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         <title>Nuit rhénane_ LISA - lecture</title>
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         <title>Victor - lecture - balladodiff</title>
         <author></author>
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         <title>CHEIKH</title>
         <author></author>
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      <item>
         <title>Jérémy&amp;nbsp; le jour viendra </title>
         <author></author>
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      </item>
      <item>
         <title>Rachel, &quot;Demain&quot;</title>
         <author></author>
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         <title>Flavien</title>
         <author></author>
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         <description><![CDATA[<div>C'est l'adaptation en français d'un chant allemand composé en 1933 par des prisonniers du camp de concentration de Böbermoor  </div><div>I<br>Loin vers l'infini s'étendent<br>De grands prés marécageux<br>Et là-bas nul oiseau ne chante<br>Sur les arbres secs et creux<br><br><em>Refrain</em><br>Ô terre de détresse<br>Où nous devons sans cesse<br>Piocher, piocher.<br><br>II<br>Dans ce camp morne et sauvage<br>Entouré de murs de fer<br>Il nous semble vivre en cage<br>Au milieu d'un grand désert.<br><br>III<br>Bruit des pas et bruit des armes<br>Sentinelles jours et nuits<br>Et du sang, et des cris, des larmes<br>La mort pour celui qui fuit.<br><br>IV<br>Mais un jour dans notre vie<br>Le printemps refleurira.<br>Liberté, liberté chérie<br>Je dirai : « Tu es à moi. »<br><br><em>Dernier refrain</em><br>Ô terre enfin libre<br>Où nous pourrons revivre,<br>Aimer, aimer.</div>]]></description>
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         <pubDate>2016-02-04 13:49:10 UTC</pubDate>
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      <item>
         <title>Thomas</title>
         <author></author>
         <link>https://padlet.com/SieurAmon/20152016309poesie/wish/93180442</link>
         <description><![CDATA[<div>C'est l'adaptation en français d'un chant allemand composé en 1933 par des prisonniers du camp de concentration de Böbermoor<br><br></div><div>I<br>Loin vers l'infini s'étendent<br>De grands prés marécageux<br>Et là-bas nul oiseau ne chante<br>Sur les arbres secs et creux<br><br><em>Refrain</em><br>Ô terre de détresse<br>Où nous devons sans cesse<br>Piocher, piocher.<br><br>II<br>Dans ce camp morne et sauvage<br>Entouré de murs de fer<br>Il nous semble vivre en cage<br>Au milieu d'un grand désert.<br><br>III<br>Bruit des pas et bruit des armes<br>Sentinelles jours et nuits<br>Et du sang, et des cris, des larmes<br>La mort pour celui qui fuit.<br><br>IV<br>Mais un jour dans notre vie<br>Le printemps refleurira.<br>Liberté, liberté chérie<br>Je dirai : « Tu es à moi. »<br><br><em>Dernier refrain</em><br>Ô terre enfin libre<br>Où nous pourrons revivre,<br>Aimer, aimer.</div>]]></description>
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         <pubDate>2016-02-04 13:50:39 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Jean, combien de fois faudra-t&#39;il dire &quot;PAS DE NOM DE FAMILLE !!!&quot;</title>
         <author></author>
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      <item>
         <title>Divers textes</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <description><![CDATA[<div>Non utilisés.</div>]]></description>
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      <item>
         <title>André Breton</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <description><![CDATA[<div>Srisaravanan</div>]]></description>
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      <item>
         <title>Aimé Césaire</title>
         <author>SieurAmon</author>
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      <item>
         <title>Paul Eluard</title>
         <author>SieurAmon</author>
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      <item>
         <title>Trouvez des illustrations</title>
         <author>SieurAmon</author>
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      <item>
         <title></title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Senghor</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title></title>
         <author></author>
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      <item>
         <title>Paul - lecture</title>
         <author></author>
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      <item>
         <title>Lucas - Nuit rhénane d&#39;Apollinaire</title>
         <author></author>
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         <description><![CDATA[<div><br></div><div>&nbsp;Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme<br>Écoutez la chanson lente d'un batelier<br>Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes&nbsp;<br>Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds<br><br></div><div>Debout chantez plus haut en dansant une ronde<br>Que je n'entende plus le chant du batelier<br>Et mettez près de moi toutes les filles blondes<br>Au regard immobile aux nattes repliées<br><br></div><div>Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent<br>Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter<br>La voix chante toujours à en râle-mourir<br>Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été<br><br></div><div>Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire<br><br></div><div><a href="http://www.toutelapoesie.com/poetes/guillaume_apollinaire.htm"><em>Guillaume Apollinaire</em></a><em>&nbsp;(1880 - 1918)</em></div>]]></description>
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         <pubDate>2016-02-08 13:36:12 UTC</pubDate>
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      </item>
      <item>
         <title>Louise - lecture</title>
         <author></author>
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         <description><![CDATA[]]></description>
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         <title>Inès - lecture</title>
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         <title>Familiale-Ivana</title>
         <author></author>
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         <description><![CDATA[<div><br>La mère fait du tricot<br>Le fils fait la guerre<br>Elle trouve ça tout naturel la mère<br>Et le père qu'est-ce qu'il fait le père ?<br>Il fait des affaires<br>Sa femme fait du tricot<br>Son fils la guerre<br>Lui des affaires<br>Il trouve ça tout naturel le père<br>Et le fils et le fils<br>Qu'est-ce qu'il trouve le fils ?<br>Il ne trouve rien absolument rien le fils<br>Le fils sa mère fait du tricot son père fait des affaires lui la guerre<br>Quand il aura fini la guerre<br>Il fera des affaires avec son père<br>La guerre continue la mère continue elle tricote<br>Le père continue il fait des affaires<br>Le fils est tué il ne continue plus<br>Le père et la mère vont au cimetière<br>Ils trouvent ça naturel le père et la mère<br>La vie continue la vie avec le tricot la guerre les affaires<br>Les affaires la guerre le tricot la guerre<br>Les affaires les affaires et les affaires<br>La vie avec le cimetière.<br><br></div><div><br>J. PRÉVERT, <em>Paroles</em>, 1946<br><br></div>]]></description>
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         <title>Julie - Lecture</title>
         <author></author>
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         <title>Mohamed-enregistrement</title>
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         <title>Théodore - lecture</title>
         <author></author>
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         <title>Ivana-Familiale Audio</title>
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         <title>SALLY</title>
         <author></author>
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         <title>Lucas- ballado - lecture</title>
         <author></author>
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         <title>Josué Demain</title>
         <author></author>
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         <title>Alex</title>
         <author></author>
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         <title>Thomas - lecture</title>
         <author></author>
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         <title>Anne-Claire - Balado</title>
         <author></author>
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         <title>Guillaume Apollinaire</title>
         <author></author>
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         <title></title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Anne-Claire - récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Flavien &quot; le chant des marais&quot; - Récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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      <item>
         <title>Inès - récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Ivana - Récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Jérémy - récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Julie - Récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Juliette - récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Lisa - récitation 1</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Lisa - récitation 3</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Lisa - récitation 2</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Louise - récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Lucas - lecture ZH2</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Maryline - Récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Mohamed - Récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Paul - Récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Romain - récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Théodore - Récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Thomas - récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Thomas pris sur le fait</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Victor - Récitation</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Victor - lecture - ZH2</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <title>Strophes pour se souvenir - Louis Aragon</title>
         <author>SieurAmon</author>
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         <description><![CDATA[<div><br></div><div> Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes<br> Ni l'orgue ni la prière aux agonisants<br> Onze ans déjà que cela passe vite onze ans<br> Vous vous étiez servi simplement de vos armes<br> La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans<br><br> Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes<br> Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants<br> L'affiche qui semblait une tache de sang<br> Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles<br> Y cherchait un effet de peur sur les passants<br><br> Nul ne semblait vous voir français de préférence<br> Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant<br> Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants<br> Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE<br> Et les mornes matins en étaient différents<br><br> Tout avait la couleur uniforme du givre<br> À la fin février pour vos derniers moments<br> Et c'est alors que l'un de vous dit calmement<br><em>Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre<br> Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand<br><br> Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses<br> Adieu la vie adieu la lumière et le vent<br> Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent<br> Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses<br> Quand tout sera fini plus tard en Erivan<br><br> Un grand soleil d'hiver éclaire la colline<br> Que la nature est belle et que le coeur me fend<br> La justice viendra sur nos pas triomphants<br> Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline<br> Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant</em><br><br> Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent<br> Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps<br> Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant<br> Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir<br> Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.<br><br><em>Louis Aragon, Le Roman Inachevé</em></div>]]></description>
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         <pubDate>2016-03-13 14:08:20 UTC</pubDate>
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