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      <title>Sprint du 25 novembre - Comment font les heures pour tourner ? by laurence verdier</title>
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      <description>Fait en fonction de l&#39;heure</description>
      <language>en-us</language>
      <pubDate>2020-11-25 18:07:42 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author></author>
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         <description><![CDATA[<div>L’hôtesse avait longuement réfléchi à la mise en valeur, sur le pan de mur blanc, des tableaux que lui avait confiés l’artiste. </div><div> </div><div>         A l’aube, elle les avait tous étalés sur un grand drap immaculé, pour qu’elle puisse jauger leurs dimensions, leurs couleurs, leurs formes. Elle les déplaçait sur le drap, variait les thèmes, et les textures pour les assortir.  </div><div> </div><div>         A midi, elle n’avait pas trouvé d’arrangement satisfaisant et s’envoya une bonne lampée de rhum pour stimuler son imagination. Elle eut une pensée pour les conservateurs de musée et les galeristes. Il ne s’agissait pas moins que de réaliser une immense œuvre, en combinant entre elles des toiles de petites dimensions. Il fallait créer un ordonnancement naturel, et qu’aucun tableau ne capte la lumière destinée à un autre. N’en isoler aucun, et que pas un ne domine l’ensemble. Elle se sentait bien malhabile. Elle admirait le peintre, l’imaginait, plongé dans ses pensées, son pinceau animé d’une vie propre, comme un prolongement de son bras, de ses doigts. Elle avait hâte de faire sa connaissance. </div><div> </div><div>         En milieu d’après-midi, elle était toujours indécise, et l’heure tournait, le moment était venu d’accrocher les toiles aux cimaises. Alors, elle se mit à paniquer. Ses gestes se précipitèrent. Elle bondit vers le drap, saisit un tableau, l’accrocha au hasard sur le mur, puis un autre, un suivant, elle saisissait les images dans n’importe quel ordre, les fixait comme elles venaient, sur le mur. </div><div> </div><div>         Tout était prêt pour l’ouverture de la salle. Epuisée par son effort, elle recula pour juger de l’effet. Pas mal. Les images s’entrelaçaient, s’animaient, s’appuyaient les unes aux autres, en silencieux hommage au pinceau qui leur avait donné vie. </div>]]></description>
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         <pubDate>2020-11-25 19:19:52 UTC</pubDate>
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         <title>Quatre couleurs pour la fatigue</title>
         <author>atelierenrouelibre</author>
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         <description><![CDATA[<div>Madame, Monsieur Bonjour,</div><div> </div><div>Je m’appelle Églantine, je suis anthropologue et je vais vous présenter mes recherches autour des couleurs de la fatigue.</div><div> </div><div>Au démarrage de cette recherche, il y a une disparition, celle de Gédéon. Peut être est ce ainsi que démarre toutes les recherches par des manques et des trous laissés béants qu’il incombe de combler. </div><div> </div><div>Ainsi donc Gédéon, caneton tout juste né dans le square en bas de chez moi, est volé sans scrupule. Ça me révolte. Un caneton, vous vous rendez compte ? Je retrouverai jamais Gédéon le caneton mais j’ai trouvé la première couleur de la fatigue : un noir doux, anxieux et laborieux. Une couleur aiguisée qui plante ses crocs dans votre sens de la justice et creuse des sillons de colère en vous. </div><div> </div><div>C’est par un trou au plafond que la seconde couleur de la fatigue est apparu. Une goutte un peu épaisse entre le miel et le rhum banane qui a chuté sur mon édredon. Fatigue molle, collante, enivrante.  </div><div> </div><div>Entre les mots, il y a des couleurs, il faut juste avoir le bon centrage, le bon angle de vue pour les discerner. Vous pouvez vous entrainez tant que vous voulez, et faire toute sorte d’exercice de yoga des voyelles ou yoga tête en bas, ça survient comme un miracle, de manière totalement impromptu, immérité et sauvage. Bref, moi, je vois entre les mots et Entre Fadaise et Digue, il y a un rose pomme, gourmand, lascif, presque voluptueux. Oui le spectre de la fatique il y a aussi du rose pomme, il y a aussi de la fantaisie, La fatigue parce qu’elle céde les amarre de la réalité, nous donne un autre accès au présent, aussi rose que pomme aussi osé que paumé. C’est bien d’être paumé, on trouve d’autre porte pour se trouver. Mais on préfère nous dire qu’elle est de plomb nous refiler toute sorte d’anxiolytique. Bref je m’égare.</div><div> </div><div>Et c’est finalement chez les Bonnes sœurs que j’ai trouvé la dernière couleur, en glissant mes doigts dans le sexe de la Madone aux petits pas, j’ai trouvé un blanc immaculé et mystique. C’est la fatigue que je préfère.</div><div> </div><div>Mesdames et Monsieur, je vous remercie pour votre attention.</div><div>Et vous remercie de bien vouloir vous situer dans le spectre colorimétrique de la fatigue pour m’aider à poursuivre mes recherches. </div>]]></description>
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         <pubDate>2020-11-25 19:21:10 UTC</pubDate>
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         <title></title>
         <author></author>
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         <description><![CDATA[<div>14h, "donne du rhum à ton homme". Ces mots... Il y a longtemps, c’était le temps des canards sauvages et des punchs maison, des folies de jeunesse. J’adorai le punch coco. Il y avait Doudou, le petit lapin nain tout blanc qui doublait en longueur quand il s’étalait devant la cheminée, et qui faisait des bons en hauteur hallucinants. Avec les petits, nous l’avions emmené au square et le gardien nous avait expulsés. Une autre fois encore nous avions été virés – comme Trump – parce que nous avions apporté une guitare. Une guitare, un lapin, dans un square ! C'est Interdit ! C’était un autre temps. Aujourd’hui les canards profitent du confinement pour se promener tranquilles dans les allées. </div><div>Il est vingt heures. Partir, s’extraire... J’aime bien l’idée des femmes vivantes. Cela fait longtemps que ça me tient. Mes deux proches parties si jeunes. La seconde à cause de la mort de la première. Se battre, pour elles, pour garder les autres en vie. Quitter la place du mort, conduire, prendre la place. Les femmes sont tellement plus prudentes. Même avec ce virus, on le dit aujourd’hui, elles savent tellement bien prendre soin. Est-ce pour cela qu’on les massacre ? Très belle émission hier sur ces violences : prendre la parole, oui, c’est important, mais aussi tout faire pour être entendues. Ces grandes lettres sur les murs, que d’émotion. Si j’allais coller avec elles ?</div><div>Partir ailleurs encore.</div><div>Six heures du matin. Je rêve d’une rencontre entre Gédéon et Doudou. Le timide soleil d’automne dessine un trait de lumière sur le mur de la chambre. Une femme cherche ses mots ; mais où les ai-je posés encore. Depuis l’temps, oui je sais, il faut plier son pantalon ou sa robe sur une chaise et poser ses mots délicatement sur la table de nuit. Se lever, cafétartinesbeurrées, vivre une journée encore, oui, et partir à leur recherche. Où sont-ils ? Une journée entière pour les retrouver : les mots tendres, les mots violents, les mots des autres, le mur de mots, les mots sur les murs, les mots volants, volants vers les étoiles, les mots pressés comme des oranges, les mots gentils, les petits mots d’amour...</div><div>Ce titre fantastique : <em>Ci-Gît l’amer</em>... « contre le ressentiment » ; je vous dirai ses mots à elle... si on pouvait amadouer les mots et non les torturer de haine et de chagrin sur les réseaux, retrouver les mots perdus, les amadouer, les caresser, les aimer et les rendre amoureux ; des mots amoureux, oui. </div><div> Joëlle Guimier</div>]]></description>
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         <pubDate>2020-11-25 20:51:51 UTC</pubDate>
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         <title>Le matin</title>
         <author></author>
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         <description><![CDATA[<div>7h30, une aube immaculé dans un rhum arrangé.<br>Ce rhum ne serait il pas plutôt dérangé?<br>Dérangé comme ces âmes sens cesse bousculées, repoussées jusqu'au bord d'un canal dans lequel se reflète nos vies bien rangées<br>Dérangé comme ces préceptes qui justifient l'asservissement sous prétexte d'être civilisés<br>Dérangé comme je le suis lorsque dans tes yeux je n'ai le sentiment d'exister<br>Dérangé comme mon lit lorsque mes doigts parviennent à te toucher<br>Dérangé comme tes cheveux quand tu n'a d'autres activités que de te prélasser<br>7h31, ce rhum m'arrange bien <br> <br><br></div>]]></description>
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         <pubDate>2020-11-25 23:25:13 UTC</pubDate>
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         <title>VIVANTES</title>
         <author>atelierenrouelibre</author>
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         <description><![CDATA[<div>Il est 10 heures du matin et des femmes sont sorties se promener dans le square. Elles ont croisé un groupe qui faisait du yoga. L’une d’entre elle a dit : « Ma voisine devrait faire faire du yoga ici plutôt que chez elle. Elle aurait évité de trouer le plafond de son voisin du dessous ». Elles ont longé une partie du square et ont trouvé des agents de la mairie qui essayaient de comprendre comment Gédéon avait pu être volé. Gédéon, c’est le nom que les enfants avaient donné au canard. Chacun des trois qui restaient avait un nom. Trois, comme les 3 raisons qui expliquent pour quelles raisons elles sont dehors à cette heure-ci. Elles n’en parleront pas. La fatigue qui se lisait sur leur visage, d’un gis tristounet, s’estompait plus vite que leurs pas. Leur visage devenait rayonnant et leurs vêtements changeaient de couleur à vue d’œil. C’était surprenant. Les agents de la mairie en avaient oublié la raison pour laquelle ils étaient là. Ce qu’ils voyaient les impressionnait. Ils chuchotèrent entre eux pendant que les femmes dansaient. Et dans le cercle qu’elles formaient, ils voyaient se détachant de leurs vêtements des lettres, 2 V, 1 I, 1 T, 1 A, 1 N, 1 S, 1 E. Chaque lettre avait une couleur que l’artiste qui venait souvent peindre dans le square aurait apprécié. Mais chaque lettre changeait de couleur. C’était vraiment impressionnant. E de l’autre côté, sur le dos des unes ou le devant d’autres, d’autres lettres sont apparues : 2 V, 3 E, 1O, 1 I, 1 G, 1N, 1 D. « Est-ce que ça a un sens ?» se demandaient les agents de la mairie. Les femmes se sont éparpillées dans les allées et se sont retrouvées dans le cercle où se rejoignaient les allées. Les enfants qui sortaient de l’école pour rentrer déjeuner chez eux ont lu « VIVANTES » et lorsqu’elles sont retournées « VIVE GEDEON ». Et ils ont continué leur chemin en criant Vivantes et vive Gédéon</div>]]></description>
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         <pubDate>2020-11-26 09:25:25 UTC</pubDate>
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         <title>Yoga</title>
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         <description><![CDATA[<div>Un trou dans le plafond, la voisine passe la tête, bonjour j'ai un peu forcé sur ma posture de yoga je suis désolée.<br>Il n'y avait pas que le plafond de mon salon qui était crevé en son centre. La table basse avait été soufflée et le plancher était également percé d'un vide d'où dépassait le ferraillement du béton. Le trou permettait d'apercevoir le tapis du voisin d'en dessous, puis plus bas, des cartons entassés dans une cave, et une caverneuse obscurité au-delà de laquelle on ne voyait plus rien. En levant les yeux vers la voisine, j'aperçus un pan du ciel qui se trouvait normalement trois étages plus haut.- "Vous pratiquez quelle technique de yoga ?"D'autres têtes apparurent dans le puits qui traversait l'immeuble de part en part.La chose étonnante était que le phénomène n'avait produit aucun son, mis à part quelques craquements. Maintenant l'air circulait dans les deux sens selon cet axe vertical. Et de la poussière en suspension dansait dans l'air autour des uns et des autres.La sirène d'un camion de pompier se rapprochait. La voisine répondit :- "Je viens juste de commencer, avec une vidéo youtube, je ne sais pas ce qui se passe."Un attroupement se formait devant la façade de l'immeuble. Le camion de pompier s'engagea dans la rue et se gara à cheval sur le trottoir, des portes claquèrent et des bottes dans l'escalier se firent entendre. On frappe à la porte. J'ouvre. Un pompier tout équipé me dit :- "Il faut évacuer monsieur, ne prenez rien, sortez dans la rue, vous serez pris en charge." Je baisse la tête et je constate que je ne suis pas habillé pour sortir, qu'il faudrait au minimum que je mette des chaussures. Le pompier constate ma faible réactivité.- "Il faut sortir maintenant monsieur, tel que vous êtes, ne vous inquiétez pas." D'un geste dans le dos il me pousse amicalement vers le pallier et m'encourage à descendre :- "Tout va bien se passer monsieur." Et je vois dans les escaliers la voisine avec une couverture sur le dos qui descend tandis que j'entends dans les étages d'autres pompiers gravir les marches et frapper aux portes.- "C'est quand même pas le yoga" murmure la voisine tandis que nous descendons vers le hall. Dès que nous sortons dans la rue, j'ai droit à mon tour à une couverture sur les épaules, un infirmier me prend par le bras et me conduit à l'arrière d'une ambulance, et, voyant mes pieds nus, pose devant moi une paire de crocs blanches dis fois trop grandes.- "Tout va bien se passer monsieur." Les mêmes mots que le pompier. La voisine est montée dans une autre ambulance, on lui prend sa tension. En levant la tête, je vois qu'une colonne de débris flotte dans l'air au-dessus de l'immeuble, une colonne parfaitement rectiligne qui s'élance vers le ciel à perte de vue. Des hélicoptères, dont on ne perçoit que le bruit du moteur, tournent au-dessus du quartier. L'infirmier m'invite à monter à l'intérieur de l'ambulance et à m'allonger sur le brancard. Je lui dis "Merci mais ça va" et je me souviens soudain que je suis sorti sans les clés et que je ne sais pas si quelqu'un a fermé la porte derrière moi.Je commence à partir vers l'entrée de l'immeuble, d'où sortent les habitants. L'infirmier m'appelle "Monsieur !" Un pompier me voit marcher à rebours de tout le monde et s'apprête à intervenir.</div>]]></description>
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         <pubDate>2020-12-05 13:31:09 UTC</pubDate>
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