<?xml version="1.0"?>
<rss version="2.0">
   <channel>
      <title>Les yeux de Mona by Javier Medina</title>
      <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1</link>
      <description>Les tableaux mentionnés dans le roman «  Les yeux de Mona » de Thomas Schlesser</description>
      <language>en-us</language>
      <pubDate>2015-08-18 17:50:29 UTC</pubDate>
      <lastBuildDate>2024-04-28 11:59:12 UTC</lastBuildDate>
      <webMaster>hello@padlet.com</webMaster>
      <image>
         <url>https://v1.padlet.pics/1/image?t=c_limit%2Cdpr_2%2Ch_695%2Cw_500&amp;url=https%3A%2F%2Fpadlet-artifacts.storage.googleapis.com%2Fc9fda451ab30dc4a9c45955d726497ab30009b49%2Fc3be2011786085710cdc7f4b811e540f-h-a0ba79b11ddd3203c92c2a746e0c168f.jpeg</url>
      </image>
      <item>
         <title>Sandro Botticelli: Apprends à recevoir</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2912542253</link>
         <description><![CDATA[<div>“L’image se découpait de manière simple. Tout à gauche, on devinait une fontaine, devant laquelle, à la façon d’une frise, se déployaient, debout, quatre jeunes femmes aux cheveux longs et bouclés, étonnamment semblables. Elles se saisissaient les unes les autres par le bras, s’enchevêtrant comme si elles composaient une guirlande humaine rythmée par la diversité de leurs tenues&nbsp;: vert et mauve pour la première, blanche pour la deuxième, rose pour la troisième, jaune orangé pour la quatrième. Ce cortège multicolore donnait l’impression d’un mouvement vers l’avant et, face à lui, à droite de l’œuvre, isolée sur un fond neutre, se tenait une cinquième femme, jeune, extrêmement belle, dotée d’un magnifique pendentif et d’une robe pourpre. Elle aussi semblait animée d’un mouvement vers l’avant, comme si elle allait à la rencontre du cortège. Elle tendait d’ailleurs dans sa direction une espèce de linge, au sein duquel une des créatures –&nbsp;celle en rose&nbsp;– posait délicatement quelque chose. Quoi donc&nbsp;? Impossible à dire.<br>&nbsp;L’objet était “effacé. Il y avait encore, au premier plan, dans un angle, un garçonnet, aux cheveux blonds, de profil, légèrement rieur. Le décor était tout à fait dépouillé&nbsp;: seule faisait écho à la fontaine de gauche une colonne tronquée et très estompée qui fermait la scène à droite.”<br><br>Pasaje de<br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser.</div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010064994" />
         <pubDate>2024-03-10 08:18:27 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2912542253</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Léonard de Vinci: Souris à la vie</title>
         <author>Argos</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2912979162</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était une femme assise, cadrée de manière serrée, en buste, de trois quarts, le bras gauche posé sur l’accoudoir d’un fauteuil dont il n’y avait pas d’autre élément&nbsp; apparent. La main droite attrapait sans le serrer le poignet gauche et imprimait, dans tout le corps du modèle, un infime mouvement de rotation, qui l’animait, l’inscrivait non seulement dans un espace mais encore dans une durée. Elle était vêtue d’une robe brodée de couleur sombre qui contrastait avec la peau éclatante de son décolleté et de son visage. Une fine gaze recouvrait sa tête d’où coulait jusqu’à sa poitrine une chevelure torsadée scindée par une raie au milieu. Le visage avait quelque chose de très légèrement replet, où des joues fermes, un grand front et un petit menton encerclaient un nez droit, des yeux marron tournés vers la gauche et fixant le spectateur, une fine bouche à peine courbée par un léger sourire. Les arcades sourcilières étaient épilées. Dans le dos du modèle se trouvait le muret d’une loggia, derrière lequel se déployait, comme s’il était loin, très loin, un paysage aux accents fantastiques. Il y avait sur le côté gauche du tableau une route serpentant à travers une plaine[…]”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010062370" />
         <pubDate>2024-03-10 22:36:50 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2912979162</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Raphaël: Cultive le détachement</title>
         <author>Argos</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2914578485</link>
         <description><![CDATA[<div>“Dans un cadre champêtre, au milieu d’un parterre d’herbe et de quelques fleurs un peu jaunies, une femme se tenait assise sur une grosse pierre qu’on distinguait à peine. Elle occupait majestueusement le centre du tableau, vêtue d’une robe décolletée rouge vif bordée de noir. Une seule manche, celle de gauche, apparaissait et irradiait d’un jaune satiné qui faisait écho à la chevelure rassemblée en un chignon noué. L’autre était recouverte, de même que les cuisses, par un ample manteau bleu. Le visage de trois quarts, elle échangeait un regard sur sa droite avec un bambin qui la flanquait, debout, nu et blond. Il avait environ trois ans et avait glissé sa main gauche dans celle de la jeune femme mais semblait vouloir se saisir du livre qu’elle gardait calé contre sa jambe et dont on n’apercevait que la tranche dorée. Accroupi juste au-dessous de l’ouvrage, un autre bambin, d’un âge semblable et vêtu quant à lui d’une tunique de fortune, portait sur l’épaule une croix haute comme lui, composée de deux maigres tiges de bois. Il était de profil et observait avec beaucoup d’intensité le garçonnet qui lui faisait face. Les trois figures étaient surmontées d’un halo[…]”<br><br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br>.</div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010060754" />
         <pubDate>2024-03-11 22:20:54 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2914578485</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Titien: Fais confiance à l’imagination</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2915841017</link>
         <description><![CDATA[<div>“Le Concert champêtre avait en son centre deux personnages masculins, d’une vingtaine d’années, assis sur un parterre d’herbe vert cru et échangeant un regard sur leurs activités respectives. Celui de gauche était un garçon aux cheveux noirs coiffé d’un béret de velours, doté d’un luxueux mantelet en soie rouge aux manches bouffantes et portant des chausses bicolores. Il jouait du luth. Celui de droite, avec une épaisse tignasse frisée, pieds nus, avait revêtu une veste en cuir brun conforme aux usages de la campagne. En leur compagnie, mais de dos et légèrement plus avancée vers l’avant du tableau, était assise une femme nue et fraîche, un peu ronde, coiffée d’un chignon. Elle tenait une flûte entre ses doigts, à la verticale, sans toutefois la porter à la bouche. À gauche de la toile, une autre femme nue, assez semblable, quoique debout et faisant face au spectateur, s’appuyait sur la margelle du puits qui fermait la composition et y versait de l’eau avec une carafe translucide. La torsion de son buste et celle de ses jambes suivaient deux mouvements antagonistes. Ces quatre personnages occupaient le premier plan, sur les cinq qui s’enfonçaient dans la profondeur. Au deuxième plan, tout à “droite, un berger conduisait un troupeau de moutons et contournait un boqueteau de chênes. Plus loin, le paysage s’élevait en une colline au sommet de laquelle l’on voyait quelques maisons. Plus loin encore, on devinait une rivière accidentée par une cascade. La nature, très vallonnée, s’étendait jusqu’à rejoindre un ciel passablement nuageux éclairé par la lumière déclinante d’une fin d’après-midi d’été”<br><br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010062281" />
         <pubDate>2024-03-12 15:38:04 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2915841017</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Michel-Ange: Délivre-toi de la matière</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2916096268</link>
         <description><![CDATA[<div>“Ce visage avait les yeux fermés, la bouche –&nbsp;légèrement charnue&nbsp;– aussi, une régularité de traits absolument parfaite, avec un nez fin et droit qui scindait en deux une tête&nbsp;&nbsp; surmontée d’une masse de cheveux bouclés. Elle était penchée contre l’épaule droite, sans la toucher toutefois, et de cette épaule partait un bras souple et musclé se rabattant vers l’intérieur au niveau du coude, aboutissant à une main massive effleurant le torse ou, plus exactement, recouvrant de la paume l’emplacement du cœur et cherchant, du bout des doigts, la médiane qui sépare le corps en deux hémisphères, c’est-à-dire le sternum. Un fin vêtement remontait au-dessus de la poitrine. Le garçon était par ailleurs intégralement nu et l’on voyait clairement son pubis exempt de pilosité à l’encoignure des deux jambes dont l’une, à gauche, reposait sur un amas de marbre plus volumineux et pliait en pivotant légèrement vers sa droite, ce qui créait un mouvement du bassin, un déhanché extrêmement limpide, infiniment doux. Pour appuyer cette impression, il y avait enfin le bras gauche qui basculait en arrière et venait se perdre au niveau de la nuque. D’une manière générale, on eût dit quelque chose comme le délassement “extatique d’un individu allongé, mais représenté à la verticale. Aux pieds du modèle demeurait un volume de pierre informe, et remontant à la manière d’une sorte de vague jusqu’au revers des cuisses. Au sommet de cette matière très peu ouvragée, une mystérieuse tête de singe se profilait, à peine ébauchée.”<br><br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010091872" />
         <pubDate>2024-03-12 18:51:56 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2916096268</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Frans Hals: Respecte les petites gens’</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2916123356</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était une effigie de femme de format modeste et presque carré –&nbsp;légèrement plus haut que large&nbsp;– où se découpait, en buste, la silhouette généreuse, sans être exagérément grasse, d’une brune tournée aux trois quarts vers la droite du cadre. Elle souriait, dévoilant la partie supérieure de sa dentition, ses yeux étaient mi-clos, plombés par des paupières lourdes d’ivresse et de gaieté. L’orientation des pupilles laissait à penser qu’elle s’amusait de quelque chose situé hors champ. Son visage, un peu replet, était marqué par des joues rosies. La peau était par ailleurs bien blanche et dense, épaissie par le relief de la touche du peintre, et contrastait avec une masse de cheveux cerclés d’un serre-tête et glissant cependant jusqu’au dos d’une façon désordonnée&nbsp;: une sorte d’ébouriffement, qui soulignait le naturel populaire, paysan, du modèle. Il y avait aussi sa poitrine, compressée et gonflée. Au niveau du décolleté enflait ainsi la courbe des deux seins collés l’un à l’autre sous une chemise blanche, elle-même couverte d’une blouse d’un rouge corallin. À l’arrière-plan, le décor particulièrement&nbsp;&nbsp;indistinct, tout en tons bruns et gris, pouvait suggérer des aspérités rocheuses aussi bien qu’un ciel lourd du Nord et, par son absence même d’élément précis, concentrait plus encore l’attention sur cette jeune fille libre, joyeuse et négligée.”<br><br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010060266" />
         <pubDate>2024-03-12 19:17:48 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2916123356</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Rembrandt: Connais-toi toi-même</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2919639483</link>
         <description><![CDATA[<div>“Sur une toile d’un bon mètre de hauteur se tenait assis de trois quarts un homme d’âge&nbsp; mûr, coiffé d’un bonnet d’intérieur blanc, éclairé par une lumière venant de l’angle supérieur gauche de la composition. De part et d’autre d’un nez empâté, les yeux, fixés sur le spectateur, se montraient vagues et mélancoliques, tandis que la peau burinée, s’affaissant au niveau des joues rougies, éclatait dans la lueur vaporeuse. Il avait une ride tragique au front, un pli plus tendre, plus ironique aussi, au coin de la bouche. Une légère barbe négligée et les boucles des cheveux donnaient une note grisonnante à cette tête, sous laquelle tout était beaucoup plus sombre. Le manteau du modèle, sans se confondre avec l’arrière-plan obscur, donnait du moins l’impression&nbsp; de peiner à s’en détacher, voire de s’y perdre. La clarté revenait, plus bas encore, aux alentours de la taille, pour révéler une main tenant une canne à peindre – une baguette en bois destinée à soutenir la main des artistes pour l’exécution des détails –, et la seconde agrippant ensemble un chiffon, des brosses et une palette sur laquelle se découpaient trois couleurs : du vermillon, du mordoré et une tache de blanc au cœur&nbsp;<br>“de laquelle se nichait un soupçon de noir. Enfin, sur le côté droit, l’arête d’un panneau de bois apparaissait. C’était le dos d’un tableau auquel travaillait ce personnage.”<br><br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010062020" />
         <pubDate>2024-03-14 22:26:31 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2919639483</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Johannes Vermeer: “L’infiniment petit est infiniment grand”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2921204774</link>
         <description><![CDATA[<div>“L’œuvre était petite, d’un format rectangulaire proche du carré, et montrait de profil, tourné vers la gauche de la composition, un homme assis –&nbsp;ou plutôt se levant très légèrement de sa chaise en bois&nbsp;– dans son cabinet d’étude. Jeune, doté de cheveux longs châtains, le savant venait toucher de la main droite un globe posé sur un secrétaire et cette main, dont le pouce s’écartait, tel un compas, de l’index et du majeur, semblait épouser la courbe de l’objet sur lequel se dessinaient quantité d’inscriptions mystérieuses. Il était habillé d’un ample manteau d’une couleur imprécise&nbsp;: un pigment vert qui avait tourné au bleu avec les années. En plus du globe, le secrétaire était recouvert d’une lourde étoffe outremer à motifs fleuris. Elle bouffait, ondulait et masquait partiellement un astrolabe. Le meuble était également occupé par un livre ouvert qui faisait face au savant. Sur la gauche, on voyait un mur troué d’une fenêtre quadrillée par laquelle pénétrait une chaleureuse lumière septentrionale. Perpendiculairement à la fenêtre, l’arrière-plan, distant d’à peine un mètre du personnage, comprenait une armoire surplombée de livres et couverte d’une carte. Enfin, tronquée sur sa partie droite, était accrochée une peinture encadrée où vaquaient des silhouettes ”“grises peu lisibles –&nbsp;un tableau dans le tableau.”<br><br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010064324" />
         <pubDate>2024-03-16 08:28:38 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2921204774</guid>
      </item>
      <item>
         <title>“Nicolas Poussin: “Que rien ne te fasse trembler”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2921214589</link>
         <description><![CDATA[<div>“Quatre bergers dans la nature entouraient un tombeau en pierre gris, lequel dominait la composition en son centre. Il mesurait environ un mètre et demi de hauteur si on le comparait aux personnages. Trois d’entre eux étaient de sexe masculin. Posté à l’angle gauche du monument, l’un était debout accoudé au couvercle, appuyé sur un grand bâton, jeune, habillé d’un drapé blanc virant au rose et ses cheveux bouclés couronnés de lierre. Il observait un deuxième pâtre accroupi à ses côtés, couvert à demi et plus mûr d’après sa barbe brune, qui examinait une phrase inscrite sur le tombeau. Posté à l’angle droit de celui-ci, le troisième personnage masculin faisait face aux deux premiers. Lui aussi fort jeune, vêtu d’un drapé rouge, il était debout mais penché, un pied chaussé d’une sandale blanche posé sur une pierre équarrie, et pointait de l’index les mots gravés. Mais sa tête s’en détournait. Il jetait un regard vers un quatrième personnage, féminin cette fois, qui avait posé une main sur son épaule. Cette femme était habillée de jaune et de bleu, le crâne enturbanné. Elle souriait, réprimait un rire peut-être. L’ensemble était tracé avec une clarté parfaite. Seules échappaient “à la netteté générale les quatorze lettres creusant le sépulcre. Elles étaient un peu effacées, un peu masquées par l’ombre et les membres des deux pasteurs aux genoux fléchis. Au loin, il y avait deux arbres et, plus proche, un groupe de troncs&nbsp;&nbsp;et de feuillages. On apercevait à l’horizon un paysage escarpé de montagnes, sous un ciel bleu où s’étiraient quelques nuages. C’était une atmosphère de jour finissant, quoique très limpide.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010062528" />
         <pubDate>2024-03-16 08:57:43 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2921214589</guid>
      </item>
      <item>
         <title>“Philippe de Champaigne: “Crois toujours les miracles possibles”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2921421611</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’étaient deux religieuses en prière. Elles se tenaient dans un espace aux tons gris, avec un plancher de bois et des murs en partie lézardés&nbsp;: il s’agissait plus exactement de l’angle d’une cellule, simplement habillée sur le côté droit d’une croix massive dépourvue de christ. À son aplomb, était peinte avec délicatesse et précision une femme plutôt jeune, mi-assise et mi-allongée. Elle avait en effet le dos calé dans une chaise, mais ses jambes s’étalaient de tout leur long, à la perpendiculaire du bassin, avec l’aide d’un repose-pied surmonté d’un coussin bleu. On ne pouvait toutefois que les deviner car, hormis les mains jointes en prière –&nbsp;mais pointant vers le sol&nbsp;&nbsp;–&nbsp;et l’ovale du visage, ce personnage était tout entier recouvert d’une tenue grise dotée d’un scapulaire sur lequel rougeoyait une grande croix cousue. Habillée de manière parfaitement semblable, la seconde femme, âgée celle-là, était agenouillée à ses côtés. Elle aussi priait et souriait légèrement. Les deux personnages se trouvaient comme douchés par un faisceau lumineux dont la ligne de gauche courait jusqu’au menton de la plus vieille et la ligne de droite jusqu’à un objet posé sur les genoux de la plus jeune&nbsp;: un reliquaire ouvert. Sur le côté gauche du tableau était peint un long texte en latin commençant par ces mots&nbsp;: «&nbsp;Christo uni medico animarum et corporum.&nbsp;”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010066957" />
         <pubDate>2024-03-16 15:52:54 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2921421611</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Antoine Watteau: “En toute fête sourd une défaite”.</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2921991877</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était l’effigie en pleine nature d’un jeune garçon brun debout, raide, les bras ballants. Il était légèrement décentré sur la gauche d’un grand tableau sur panneau de bois. Une calotte et un chapeau rond dont le bord formait une auréole couvraient ses cheveux. Il avait les sourcils levés, les paupières tombantes et une lueur dans l’œil. Joues et nez étaient roses, comme les nœuds tenant les chaussons à ses pieds écartés en V. Il portait un grand costume de satin blanc ample et lourd : le pantalon s’arrêtait aux mollets et la veste,&nbsp; fermée par une quinzaine de boutons, bouffait entre les épaules et les coudes. Derrière le garçon, sur un deuxième plan situé à environ un mètre de distance du premier, s’étalaient cinq figures en contrebas. À quoi s’employaient-elles exactement ? Cela demeurait mystérieux car on n’apercevait que le haut de leur corps. La cime de leur crâne, au mieux, se trouvait au niveau des cuisses du protagoniste. Tout à gauche de l’œuvre, un homme de trois quarts vêtu de noir et doté d’une fraise autour du cou dardait le spectateur en ricanant. Il montait un âne bridé dont la silhouette cachée ne laissait visible qu’un fragment de la “tête : on en distinguait, outre une oreille dressée, un œil noir et luisant dirigé là encore vers le spectateur. Les trois autres figures se trouvaient sur la partie droite de&nbsp;l’œuvre et formaient un petit groupe serré dont les membres ne communiquaient pas entre eux. L’un, placé juste à côté du genou du protagoniste mais dans la profondeur, regardait quelque chose hors champ d’un air stupéfait et portait une coiffe en forme de grandes mèches de feu. Le plus proche du premier plan, de profil, en tenue et béret rouges, et au visage d’une carnation elle-même légèrement cramoisie, arborait une moue sceptique et semblait plus indifférent ; sa main apparente tenait la bride de l’âne. Entre les deux hommes, il y avait une jeune femme au regard tendre, plutôt bien en chair, les cheveux roux attachés en chignon, un fichu noué sur la gorge. Enfin, il fallait ajouter à cette scène, sur le bord droit, parmi une végétation éparse, le buste en pierre d’un faune dominant l’ensemble, sur un fond de ciel clair jailli d’un horizon très bas.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010059617" />
         <pubDate>2024-03-17 16:44:21 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2921991877</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Antonio Canaletto: “Mets le monde à l’arrêt”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2922835231</link>
         <description><![CDATA[<div>“Un quai s'étalait sur environ deux cents mètres de longueur. Il était parsemé de bateaux, dont un élégant navire d’apparat à la proue ouvragée. Sous un ciel bleu à peine traversé de brume blanchâtre et veillé par un fier campanile, quelques somptueux bâtiments en pierre, de hauteur changeante mais montant systématiquement sur deux ou trois niveaux, donnaient sur l’eau et s’y reflétaient. Le plus imposant était à la fois de style renaissant et gothique. Il combinait finesse – une vraie dentelle de marbre – et robustesse, avec un majestueux étage supérieur dont le mur plein rougeoyant formait le sommet. L’arête séparant les deux façades visibles du palais se situait presque exactement au centre du tableau. La plus petite des parois, plongeant dans la profondeur côté gauche, donnait sur une place où, suggérés par des touches chatoyantes, des gens s’affairaient aux pieds de deux colonnes, l’une portant un lion et l’autre un saint terrassant un dragon. Plus loin, on apercevait les dômes d’une basilique. Mais l’action du tableau se situait&nbsp; surtout au premier plan, sur les flots où glissaient des embarcations en bois, de petit tonnage. Tandis que le format de la toile, de quarante-sept sur quatre-vingt-un centimètres, “accentuait la sensation d’étirement panoramique, le point de vue se trouvait en surélévation au milieu du bassin et permettait de dominer le spectacle des marins, pêcheurs et gondoliers en plein travail. Ils se parlaient, poussaient sur leur rame ou amarraient. Le tout bénéficiait d'une touche exceptionnellement méticuleuse qui offrait non seulement l’opportunité de distinguer quantité de personnages, mais aussi arcade après arcade, balcon après balcon, le rythme des décors. Et même, pour les plus scrupuleux, l’ondulation de chacune des infimes vaguelettes.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010062752" />
         <pubDate>2024-03-18 07:34:46 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2922835231</guid>
      </item>
      <item>
         <title>“Thomas Gainsborough: “Laisse les sentiments s’exprimer”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2928194488</link>
         <description><![CDATA[<div>“Le tableau n’était pas spécialement grand : pas même soixante-quinze centimètres à la verticale, et encore un peu moins dans sa largeur. Dominant une scène en extérieur, un jeune couple semblait converser. Le garçon pivotait vers le visage de sa compagne, et appuyait son adresse par une main ouverte allant dans sa direction. Assis côte à côte, ils formaient tous deux une entité qui occupait une large surface de la toile : la moitié exacte de sa hauteur totale. Cela n’empêchait pas l’œuvre de dégager un puissant sentiment d’espace grâce à l’enchaînement de ses cinq plans. Il y avait d’abord celui des protagonistes. Le banc sur lequel ils se trouvaient assis jouxtait un buisson mordant sur le bord gauche du tableau. En suivant la masse végétale qui s’enfonçait dans la profondeur, on tombait au deuxième plan sur des feuillages verts et orangés plus denses. Ils provenaient des branches jaillies de plusieurs arbres, lesquels étaient suffisamment élancés pour se perdre bien au-delà des limites supérieures du cadre. Le troisième plan était visible sur le côté droit de la composition et consistait en une étendue d’eau, dont la rive était bordée d’autres troncs et, surtout, au quatrième plan, d’un “morceau de rotonde soutenu par des colonnes surmontées de chapiteaux corinthiens. Enfin, dans la trouée au loin, toujours sur la droite de la composition, de nombreux nuages obstruaient le ciel et filtraient une lumière grise. Celle-ci offrait à la nature une teinte argentée avec laquelle contrastaient les costumes du couple. Se découpant sur la rotonde et le cours d’eau, le garçon exhibait ainsi un flamboyant hábil rouge déboutonné sur un gilet jaune. Il avait un visage rond et glabre surmonté d’un tricorne sombre et il tenait du bout des doigts un livre contre ses cuisses croisées. D’un trait, le peintre avait par ailleurs suggéré son épée accrochée à la taille. La jeune femme, elle, était vêtue d’une très ample robe à paniers rose sous laquelle pointait, là où elle était trop retroussée, un peu de tissu bleu-vert. Elle ouvrait un éventail à l’encoignure de ses jambes et son visage frais, cerné de cheveux bouclés sous un chapeau souple, fixait le spectateur plutôt que le compagnon qui la sollicitait.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010063027" />
         <pubDate>2024-03-21 07:46:43 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2928194488</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Marguerite Gérard:  “Il n’existe pas de sexe faible”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2928230310</link>
         <description><![CDATA[<div>“De profil, dans une ample robe à paniers de satin blanc, une jeune femme aux cheveux bouclés et noués siégeait sur un petit tabouret. Elle était tournée vers la gauche de la composition tandis que le mobilier qui, en la soutenant, boursouflait son habit se situait dans l’angle inférieur droit du tableau. Un chien Cavalier King Charles y reposait, calé en boule sur l’assise de velours bleu à laquelle pendaient des franges. Il se faisait agacer la queue par un chat souple, qui avait surgi par en dessous en se faufilant parmi les traverses du siège. La protagoniste consultait une gravure encadrée de bonne taille. Vue de trois quarts, l’image mise en abyme figurait un couple s’élançant vers une coupe portée par des putti. Sur le verre qui protégeait l’estampe, on distinguait également le reflet des bras fermes de l’examinatrice, manifestement concentrée et autour de laquelle, par un saisissant contraste, gravitait le fouillis d’un atelier. À l’arrière-plan, trônaient quelques œuvres aux murs, mais plongées dans une obscurité trop épaisse pour être lisibles. De part et d’autre de la jeune femme, apparaissaient des meubles. Au plus près d’elle, dans la lumière, c’était un guéridon de style Louis&nbsp;XV couvert d’un brocart uni rouge au liseré cousu d’or. Le tissu était froissé et ses plis étaient surmontés d’un discret collier de perles et surtout d’un duo de putti sculptés qui s’agrippaient l’un l’autre par l’épaule et se disputaient un cœur battant à leurs pieds. Eux-mêmes servaient à porter un chapeau à plumet beaucoup trop grand pour leur tête. Un peu plus en profondeur, sur le revêtement en marbre d’un secrétaire, se découpaient dans l’ombre deux figurines polychromes, un pot débordant de quelques pétales orange dans une coupelle, un grand papier roulé sur lui-même. Çà et là, en étudiant les zones plus discrètes de l’œuvre, on voyait en outre un tabouret à vis, un carton à dessin, d’autres feuilles éparpillées… Cependant, le détail le plus frappant miroitait dans l’angle inférieur gauche, de l’autre côté du conflit entre le chien et le félin, et comme en regard de cette saynète. Sur un tapis à motifs, une lourde sphère métallique réfléchissait la partie de l’atelier localisée dans le dos du spectateur. Certes, la boule était en partie oblitérée par une planche imprimée et les froncements de la carpette qui l’enveloppait imparfaitement, mais le reflet convexe renvoyait avec netteté l’image en miniature d’une artiste peintre à son chevalet, éclairée par le jour d’une fenêtre et entourée d’un chien accroupi, d’une autre femme assise et de deux hommes debout, dont l’un observait le travail de l’artiste peintre.”&nbsp; &nbsp;<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;<br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010457023" />
         <pubDate>2024-03-21 08:19:53 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2928230310</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Jacques-Louis David: “Que l’antique te serve d’avenir”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2928267411</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était l’instant d’un serment collectif. Les lieux et les costumes étaient ceux de&nbsp; l’antique. D’une minéralité sévère, le sol se structurait en un pavement gris et brique légèrement usé, tandis que l’arrière-plan déployait la succession de trois arches, montées sur des colonnes d’ordre dorique. Elles ouvraient sur une pénombre épaisse. Les murs latéraux, en pierres taillées très régulières, achevaient de combler cette scène que dramatisaient la recherche de symétrie et la vive lumière allant de la gauche vers la droite. C’était dans cette dernière direction que se lisait l’action, rythmée en outre par la triple arcature. On voyait d’abord trois personnages jeunes, masculins, serrés les uns contre les autres, et dont les silhouettes se répétaient dans la profondeur en formation rangée. Ils étaient coiffés de casques à cimier, chaussés de sandales à lanières et habillés de toges aux pans de tissu rouges, bleus et blancs. Ils avaient la même position, jambes écartées à soixante degrés, un bras tendu à l’horizontale dans la ligne de leur regard, paume orientée vers la terre. La main droite du deuxième serrait la taille renforcée par une plaque d’armure du premier qui, lui-même, tenait une lance dont la base était calée contre son mollet. Les bras tendus convergeaient vers trois glaives que brandissait face à eux un homme à la barbe et aux cheveux gris, dont le visage anguleux au nez prononcé était puissamment mis en valeur par le faisceau de lumière dont il fixait la source, yeux tournés vers les hauteurs. Enfin, par une sorte de rime visuelle avec les trois hommes, les trois glaives et les trois arcades, il y avait trois femmes assises accablées par une détresse muette. Les corps étaient avachis, les visages fermés. L’une, dans la profondeur, entourait dans ses bras et les drapés bleus de sa tunique un duo de bambins, dont l’un – le plus âgé – épiait le groupe central. Les deux autres, en point final de l’œuvre, appuyaient leurs têtes l’une contre l’autre et se désolaient ensemble. La touche très léchée, mais sans aucune affèterie, permettait d’observer dans ses plus infimes détails la précision extraordinaire des lignes et des rendus, depuis la moindre veine palpitant à la surface d’un pied jusqu’au mortier corrompu courant sur les fines lamelles des voussoirs.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010066868" />
         <pubDate>2024-03-21 08:53:36 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2928267411</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Marie-Guillemine Benoist: “Abroge toute ségrégation”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2928299706</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était le portrait d’une jeune femme noire au corps assis peint de trois quarts et orienté vers la droite du tableau. La tête pivotait et le regard s’en trouvait frontal. On voyait à gauche de la composition un petit morceau du dossier du fauteuil où elle siégeait – si petit même qu’on n’en distinguait plutôt qu’une portion de l’armature en bois et quelques clous luisants, le reste étant couvert par un grand drapé bleu qui coulait sur la traverse supérieure puis chevauchait l’accoudoir. La jeune femme était cadrée jusqu’au niveau des cuisses. On ne saisissait rien du ventre ou du haut des jambes, pas même la suggestion de leur forme. C’est que la robe, quoique ceinte d’un discret ruban rouge, avait glissé des épaules jusqu’au-dessous du sein et prenait les allures d’un ample drap blanc. Il était retenu par le bras gauche reposant quasiment en équerre et dont la main était fermée ; l’autre main s’était calée au niveau de l’abdomen. S’il était indubitablement assis, le modèle pouvait cependant faire vaguement songer à quelqu’un d’alité qui aurait relevé son buste, lequel concentrait toute l’attention. Une partie de la poitrine était dénudée, les épaules étaient fines et tombantes et leur axe rythmait le centre de la composition d’une élégante oblique. Long et souple, le cou culminait en un visage ovale coiffé d’un grand turban de mousseline dont une chute, en pendant, laissait voir dans sa transparence le fond gris-beige dénué de détails. Quelques cheveux dépassaient de la tempe au front. À l’oreille droite, un anneau doré scintillait, mais les nappes de lumière vivifiant la peau sombre s’étalaient manifestement en quatre endroits : sur le sein révélé, sur le deltoïde, sur la clavicule et, plus encore, sur le visage. Là, juste au-dessus de la bouche close, un subtil faisceau dissipait l’ombre. Il soulignait l’arête du nez et, surtout, un grand œil rond et noir. Parce que l’arrière-plan de l’œuvre était neutre, le tableau pouvait sembler d’une profondeur réduite ; en fait, toute la profondeur du monde s’était comme nichée dans cet orbe au relief prononcé. L’arcade le couronnait d’un fin sourcil. L’œuvre était signée « Laville Leroulx, F. Benoist ».”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010065532" />
         <pubDate>2024-03-21 09:23:04 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2928299706</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Francesco Goya: “Partout sont tapis les monstres”.</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2928520715</link>
         <description><![CDATA[<div>“La peinture exhibait le corps morcelé d’une bête sur un plateau de bois neutre, surplombé d’un fond noir sans aucun décor. La toile était d’un très modeste format de quarante-cinq sur soixante-deux centimètres, propice aux natures mortes et à la trivialité de leur sujet. À gauche de la composition, de profil et tournée vers la droite, la tête d’un agneau était posée sur sa base. L’œil s’ouvrait, quoique la paupière semblât lourde. Sous le museau, la babine laissait apparaître trois dents. Était-ce à cause de la découpe au niveau du col&nbsp;? Le fait est qu’un dépiautage partiel laissait palpiter des tissus sous-cutanés jusqu’à la crête faciale, tandis que le reste demeurait velu et beige, malgré quelques macules de sang. Il y avait les deux parties de la cage thoracique montrées dans leur face interne, creuse et charnue. L’une, bien au centre du tableau, était posée à la verticale. Elle tenait sur la selle et s’élevait en continu vers le carré rythmé de sept côtes&nbsp;; la seconde, dans son dos, se trouvait étalée. Les nuances de grenat, d’amarante, de pourpre donnaient à la viande un aspect sinon faisandé, du moins un peu obscurci. Mais, outre les gammes de rouge, il y avait également des blancs, parfois légèrement jaunis ou grisés, qui figuraient les os bien sûr, mais plus encore les deux reins presque gélatineux, voire globuleux, dans leur graisse, encore accrochés à leur quartier par un cordon gluant. Le tout était jeté en touches épaisses par une main qui visait l’expressivité tremblante de l’ébauche plutôt que la sérénité de la finition.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010066557" />
         <pubDate>2024-03-21 12:37:34 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2928520715</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Caspar David Friedrich: “Ferme l’œil de ton corps”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2929793032</link>
         <description><![CDATA[<div>“On se situait au pied d’un tumulus. À y regarder de plus près, le décor donnait le sentiment d’être sur le plateau d’une falaise, et la silhouette du monticule faisait office de promontoire naturel bordé par le vide. S’élevait ainsi, comme une sorte de langue tirée qu’on aurait vue depuis l’intérieur de la bouche, une parcelle couverte d’herbe et de fougères. Une autre comparaison possible <em>était celle</em> du bateau&nbsp;: on était sur la nef, avec, devant soi, la proue dressée, sauf que cette proue était la pointe de l’éminence de terre. Debout au premier plan, sinuant parmi un enchevêtrement de racines et de branchages morts, un chêne occupait une vaste surface de la toile. Il était ramassé sur un tronc courbé, tortueux, sec et cassé en certains endroits, s’épanouissait en ramifications moussues et ondulantes sur lesquelles flottaient parfois des grappes de feuilles rousses. À gauche de la toile, il y avait une souche et ses rejets. Chassé dans le lointain par la perspective atmosphérique, très difficilement perceptible, s’étalait un immense espace blême et dépeuplé, dont on déduisait qu’il était la campagne là où verdoyait la peinture, mais dont l’on pouvait se dire aussi qu’il ouvrait sur la mer, compte tenu des gammes de bleus et de violets. La ligne d’horizon, hissée aux quatre dixièmes de la hauteur du tableau, était interrompue par l’extrémité du monticule. Dans la partie gauche, cette ligne était marquée par la présence successive de deux énormes falaises dans la profondeur et que la distance rendait minuscules. La seule forme identifiable de la partie droite, d’une transparence de brume, était peut-être la crête d’une végétation vaporeuse. Au-dessus de celle-ci, une bande orangée, qui se dégradait en un jaune pâle au centre de la composition, versait dans les nuages effilochés la mélancolie d’un soleil couchant. Enfin, donnant l’échelle, un peu de vie et beaucoup de valeur symbolique, des oiseaux noirs abondaient. D’aucuns volaient autour de l’arbre, se posaient sur ses branches, tandis que, dans le ciel, là où il était dégagé, un peu au-dessus de la nuée crépusculaire, d’autres planaient en escadrilles.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010066970" />
         <pubDate>2024-03-22 07:14:40 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2929793032</guid>
      </item>
      <item>
         <title>William Turner: “Tout n’est que poussière”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2930019996</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était un paysage, mais comme filtré par une brume transparente. Il était d’une radiance extrême, infusant partout des gammes chromatiques chaudes. Au premier plan, une parcelle de terre était dépeinte sans la moindre touche de vert ou de marron&nbsp;: des jaunes et des orangés en traçaient le très vague contour, sans qu’il y eût nulle part de dessin. Cette parcelle enflait en un petit monticule à gauche avec, à ses pieds, suggéré par des virgules rouges, un personnage vaguement anthropomorphe allongé. Elle se bombait de la même manière à droite de la composition, et on y distinguait plus nettement, quoique tronqués par le cadre, deux troncs d’arbres et leurs feuillages. À peu près au centre de la parcelle, partant de la base du tableau, un sentier s’enfonçait en un léger virage dans la profondeur qui disparaissait très vite, barré par une zone plus saturée et brunâtre qui eût pu figurer un rocher dans l’ombre. En poursuivant la perspective du sentier mais dans le lointain, on tombait sur un fleuve qui cheminait&nbsp;jusqu’à un confluent. Pour y parvenir, il ondulait en deux méandres, un premier vers a gauche et un second vers la droite, dans une vallée aux crêtes plutôt basses. Dès la fin de la première courbe, les tonalités gris-bleu évoquant l’onde liquide se fondaient quasiment dans le jaune –&nbsp;quoique très pâle, mimosa, en cet endroit du tableau&nbsp;– mais elles réapparaissaient plus loin pour figurer le plan d’eau, lequel semblait –&nbsp;sans certitude&nbsp;– bordé par un peu de terre sur la droite et sur la ligne d’horizon. Cette ligne, malgré le flou notoire de sa situation exacte qu’entretenaient les nappes de peinture et l’absence de dessin, séparait le tableau en deux moitiés à peu près égales. Dans la partie haute, une gigantesque voile translucide, dont on pouvait imaginer qu’il était une suspension de cirrostratus, occupait l’espace sans le boucher. L’angle supérieur droit laissait voir un coin du firmament derrière les nuages dissipés.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010064912" />
         <pubDate>2024-03-22 11:32:14 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2930019996</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Gustave Courbet: “Crie fort et marche droit”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2930890463</link>
         <description><![CDATA[<div>“Immense, la toile dressait de manière panoramique un enterrement en pleine campagne.&nbsp; À l’arrière-plan pesait un ciel gris et, entourant un bout de vallée, s’étendaient deux falaises crayeuses dont l’une, à gauche du tableau, était ponctuée de maisons. Une tombe creusée dans un parterre d’herbe et de boue se situait à la base de l’œuvre, en son centre, mais légèrement en oblique. La fosse était tronquée comme si elle excédait le cadre jusqu’au point où se dressait le spectateur. Il se trouvait donc dedans ou presque. Un crâne gisait à son rebord et, à ses côtés, un braque détournait la tête. Entre le paysage au loin et ces éléments très proches, s’accumulaient surtout trente-six personnages identifiables, peut-être quarante-cinq ou cinquante si l’on y ajoutait quelques ombres et les repentirs revenant à la surface – en tout cas des dizaines. L’opacité du pigment, qui s’obscurcissait au fil du temps, fondait les silhouettes en une mêlée qui paraissait dénuée de perspective. En réalité, il y en avait une. Pour la saisir, il fallait examiner attentivement la distribution étrange des figures. Dans la profondeur, se déployaient quelques caractères rapetissés par le respect des échelles et difficiles à distinguer. Néanmoins, ils étaient légèrement plus en hauteur que leurs homologues du premier plan, comme s’il y avait une butte et un dénivelé. Ce tour de passe-passe optique rappelait ces amples photographies de groupe où l’on surélève artificiellement ceux du dernier rang pour que leur portrait soit visible.Dans ce rang du fond, en allant de la gauche vers la droite, il y avait un vieillard à l’extrémité du cadre, des officiants en blanc, quelques individus en noir, puis des femmes. Elles étaient une vingtaine de différents âges. En pleurs ou perdues dans leur mouchoir, elles approchaient de la fosse en dessinant une procession serpentine dont le virage bifurquait tout à droite du tableau. C’était en suivant leurs pas qu’on comprenait la profondeur de champ, sa succession de rangs et de plans. Enfin, au-devant de cette scène, sur sa partie gauche, avançait le cercueil couvert d’un drap mortuaire barré de deux ossements en X et cousu de larmes. Il était porté par quatre hommes aux grands chapeaux, eux-mêmes précédés par deux enfants de chœur. À leur côté, un porte-croix moustachu et au grand nez lançait un regard frontal au spectateur tout en hissant une petite effigie du Christ crucifié au-delà de la ligne d’horizon. Autour de la fosse, il y avait le prêtre plongé dans son missel, un fossoyeur agenouillé, quelques notables au regard sombre, deux hommes en rouge et deux autres accoutrés plus élégamment, l’un en bas blancs, l’autre en bas bleus.<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;<br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/un-enterrement-ornans-924" />
         <pubDate>2024-03-23 12:27:52 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2930890463</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Henri Fantin-Latour: “Les morts sont parmi les vivants”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2930938220</link>
         <description><![CDATA[<div>“Au centre de la composition, et dominant celle-ci, trônait le portrait d’un homme en buste. Il avait une bonne cinquantaine d’années, le port distingué, altier même, le visage doté d’une fine moustache et d’un regard fuyant vers la droite du tableau. Ce portrait reposait sur le mur neutre (si l’on exceptait quelques discrets motifs linéaires rougeâtres) d’un intérieur dans un sobre cadre doré. Sous cette œuvre mise en abyme, un bouquet de fleurs aux pétales roses surmontait une petite table circulaire. Surtout, s’étalait tout du long, sur deux rangées, une assemblée de dix individus de genre exclusivement masculin et homogènes dans leur apparence. Vingt ans séparaient au mieux le plus jeune (qui n’était même pas trentenaire) du plus âgé. Tous portaient d’élégants costumes sans fioritures. Quelques variantes rythmaient l’ensemble. L’un pouvait s’être cerclé le cou d’un nœud papillon et son voisin d’une cravate. Ou bien une écharpe glissait le long des épaules d’un des modèles tandis qu’un second arborait une pochette au pli bouffant. Reste que le groupe dégageait une unité de style : celui de la vie urbaine et littéraire, tout à la fois légèrement bohème par le négligé des cheveux et le naturel des poses, et extrêmement intense par la qualité des regards,&nbsp;majoritairement frontaux –&nbsp;sept sur les dix. La rangée du fond était occupée par deux duos distribués de part et d’autre du portrait central. Au premier plan, quatre personnages demeuraient assis tandis qu’en seconde position en partant de la droite, dans une espèce de profondeur intermédiaire, un modèle debout bénéficiait d’une plus grande visibilité. D’un blond-roux flamboyant, plus ébouriffé que ses compagnons, il avait la veste ouverte sur son gilet, une lavallière lilas et une main dans la poche. Un autre homme, cette fois en troisième position en partant de la gauche, se hissait sur ses jambes, soutenu par une canne. Son corps était de profil mais il tournait la tête vers le public et cette rotation lui donnait beaucoup de prestance. En contraste avec sa vigoureuse masse noire, on trouvait dans son dos un jeune homme baignant dans une ample et lumineuse chemise blanche, vissé sur une chaise. Il tenait une palette maculée de quelques couleurs.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/hommage-delacroix-208" />
         <pubDate>2024-03-23 14:11:41 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2930938220</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Rosa Bonheur: “L’animal est ton égal”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2931335494</link>
         <description><![CDATA[<div>“L’œuvre, d’envergure panoramique, déployait sur toute sa largeur des sillons labourés par l’action des socs. Le ciel, dont les dégradés de bleu se fondaient à la perfection pour diffuser une subtile lumière froide et matinale, occupait à peu près la moitié de la surface de la toile. Deux attelages se suivaient. L’un et l’autre étaient semblablement composés&nbsp;: six bœufs traînaient leur charrue, elle-même dirigée par le laboureur, tandis qu’un bouvier veillait sur les animaux à l’aide d’une gaule armée d’un aiguillon qui servait à les piquer. Vallonnée à gauche de la composition par un coteau boisé ue ponctuaient deux toits émergeant des arbres, la campagne offrait un ample décor verdi et dégagé. La scène était vue légèrement en oblique, de sorte que les veines de terre aérée, au lieu d’être parallèles, se rejoignaient en un point largement hors cadre à gauche de la composition, juste en dessous de la ligne d’horizon. Ce procédé générait un angle de perspective qui rendait les protagonistes de plus en plus grands et proches à mesure qu’ils avançaient vers la droite, ce qui donnait l’impression que le sol retourné formait une très légère pente ascendante, comme un faux plat dans une plaine. Les attelages étaient répartis en deux rangs parallèles de trois spécimens, quasiment tous d’un pelage blanc crème. L’attelage au loin formait une masse un peu écrasée, celui qui le devançait était en revanche très observable, en particulier le profil des trois bovins qui marchaient, l’écume aux babines, sur le rang de droite&nbsp;: l’animal en tête était d’un beige plus foncé, celui en queue était d’un roux qui faisait exception parmi les douze bêtes du tableau et, entre les deux, marchait un bovidé qui semblait constituer, sinon le sujet, du moins le cœur de l’œuvre. Il pivotait légèrement la tête vers le spectateur et son œil semblait lui lancer un regard pathétique. Sans doute venait-il d’être stimulé par le dard du jeune bouvier en sabots qui l’accompagnait.”<br><br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/labourage-nivernais-68" />
         <pubDate>2024-03-24 11:24:48 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2931335494</guid>
      </item>
      <item>
         <title>James Whistler: “Rien au monde n’est plus sacré qu’une mère”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2931627353</link>
         <description><![CDATA[<div>“Une vieille femme, aux cheveux gris ramassés sous un bonnet de dentelle dont les brides coulaient sur les épaules, était assise de profil sur une modeste chaise en bois dont on ne voyait que les deux fins barreaux arrière. Son visage craquelé de quelques rides au menton et rosi aux pommettes fixait, œil grand ouvert et sourcil relevé, un point hors champ vers la gauche de la composition. Elle formait une haute masse noire et austère, dans une robe ample qui ne laissait qu’à peine dépasser le bout de ses chaussures alées et serrées sur un repose-pieds en bois. Elle avait les mains jointes sur les cuisses et y tenait un mouchoir dont le tissu blanc se mêlait à la pâleur des doigts et aux extrémités claires des manches. La pose était certes rigide, mais la silhouette dessinée depuis le buste jusqu’au mollet formait avec souplesse une courbe et une&nbsp;&nbsp;contre-courbe. Autour d’elle, tout était dans les gris –&nbsp;de nuances différentes certes, mais invariablement gris, sans aucune couleur chaude. Le modèle jouxtait un mur d’un grisé clair qui occupait près des trois quarts de la largeur et soutenu par une plinthe sombre. À gauche de l’œuvre, sur le grand quart restant, une tenture brodée tombait jusqu’au ras du sol, lequel était couvert d’un très modeste tapis déchiré, peint d’une couche si légère qu’il paraissait se fondre avec le parterre en bois. Sur le rideau, l’on distinguait entre les plis quelques vagues motifs&nbsp;: des lignes obliques et des points semblables à des pétales ainsi qu’un monogramme. En hauteur, à proximité de la tenture, quelque peu décentré par rapport&nbsp;&nbsp;à l’ensemble de la composition, était accroché un petit tableau de format horizontal dont les tons neutres suggéraient un paysage avec une grève et des bâtiments à l’arrière-plan.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/arrangement-en-gris-et-noir-ndeg1-974" />
         <pubDate>2024-03-24 22:03:37 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2931627353</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Julia Margaret Cameron: “La vie afflue dans les flous”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2932383585</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était juste une figure de femme cadrée sur le haut du corps, jusqu’aux épaules, en noir et blanc. Le noir, c’étaient notamment la masse sombre de l’habit dont aucun détail ne ressortait et l’arrière-plan. Le blanc, c’était dans cet arrière-plan la constellation d’une vingtaine de volants étincelants –&nbsp;manifestement des fleurs et des feuilles&nbsp;– et surtout le grand cou sur lequel trônait un visage ovale presque parfait. La tête avait imperceptiblement basculé en arrière&nbsp;; le menton était dressé de sorte qu’on pouvait avoir le sentiment d’une infime contre-plongée conférant maintien et noblesse au modèle. Les traits doux et réguliers étaient particulièrement rythmés par des courbes. De bas en haut, on notait l’arrondi des cheveux clairs, fendus d’une raie et cerclés d’un fin bonnet qui les maintenait en arrière&nbsp;; les arcs des sourcils, des très grandes paupières, bombées, presque dodues&nbsp;; des yeux d’une rondeur parfaite&nbsp;; et puis, entre un nez lui-même assez rond et un menton fort, l’ourlet des lèvres. Cette femme ne souriait pas et pourtant, quelque chose de lumineux se dégageait de la combinaison entre un regard très ouvert et la bouche gracile marquée dans sa partie inférieure par un reflet semblable à une touche de peinture. Reste que l’humeur du modèle, sans être neutre, n’était pas non plus réductible à une désignation figée. Joie, mélancolie ou lassitude&nbsp;: on y projetait ce que l’on voulait. La facture générale était à la fois légèrement granuleuse et comme ouatée par un flou discret.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/mrs-herbert-duckworth-julia-jackson-7218" />
         <pubDate>2024-03-25 10:56:22 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2932383585</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Édouard Manet: “Less is more”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2934519626</link>
         <description><![CDATA[<div>“On aurait pu réduire la description de l’œuvre à une unique asperge sur une table. Ce n’était pas faux mais cela ne disait rien de la particularité du cadrage sans horizon ni du traitement dynamique, frais sur frais. C’était une vue au plus près du plateau fait d’un blanc cassé tendant au gris fusain. Il était parcouru de quelques touches en traînées horizontales (ou subtilement obliques) tout à fait visibles –&nbsp;une vingtaine environ&nbsp;–, auxquelles il fallait ajouter, dans l’angle supérieur droit, la signature&nbsp;en forme de «&nbsp;m&nbsp;». Placée dans la partie inférieure du tableau et le traversant dans&nbsp;la largeur, l’asperge s’étalait en suivant une diagonale qui descendait très légèrement de la gauche vers la droite. Tandis qu’en dépassait au rebord de la table une courte partie de la queue blanche, sa tête violacée rebiquait à peine de l’autre côté, bien calée à l’intérieur du plateau. L’arête de celui-ci traversait le premier plan en décrivant une diagonale ascension elle d’environ dix degrés qui,&nbsp;&nbsp;depuis le coin inférieur gauche et, sur les dix-sept centimètres que mesuraient les côtés verticaux, venait s’interrompre à peu près cinq centimètres au-dessus de la base du cadre. Cela laissait deviner, en brun, la face externe du châssis, contrepoint sombre à l’ensemble, lequel déroulait en somme un camaïeu d’ivoire.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/lasperge-1134" />
         <pubDate>2024-03-26 22:08:56 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2934519626</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Claude Monet: “Tout fuit, tout passe”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2935093533</link>
         <description><![CDATA[<div>“Partout au sol s’étalait un réseau légèrement sinueux de voies ferrées qui cheminaient vers la ligne d’horizon. Celle-ci était obstruée par une forte densité citadine, à savoir un viaduc d’acier et, plus loin encore, des immeubles caressés par le soleil. On voyait en particulier, à gauche de l’œuvre, un gros bâtiment en pierre de taille dont le dernier étage –&nbsp;le sixième, manifestement&nbsp;– était coiffé de plaques de zinc. Une grande verrière dominait le premier plan, surplombait le point de vue sur ce paysage urbain et dessinait un triangle isocèle dont le sommet formait un angle d’environ cent vingt degrés. La symétrie de cette vaste marquise de gare était renforcée par celle des deux pieds fins et de la grille centrale qui en soutenaient l’armature d’acier&nbsp;: le tout finissait par suggérer une composition en hexagone quasi régulier et dont la pointe inférieure eût coïncidé avec la position du peintre figurant la scène. Sur les lignes de rail, il y avait trois trains, de plus en plus rejetés dans la profondeur au fur et à mesure qu’on allait de la gauche vers la droite du tableau. Leur écrasement dans la perspective cachait la succession des wagons. Tandis que le train tout à gauche était de dos, statique, il fumait sur les autres lignes deux locomotives à l’approche. Celle qui jouxtait la médiane verticale constituait une sorte de barycentre&nbsp;: c’était en tout cas l’engin le plus visible, le plus présent, bien que sommairement esquissé en quelques coups de peinture noire dénués de détails. Le même traitement fragmenté, atomisé, servait à représenter une figure humaine dressée à même la voie à droite de la composition et, dans son dos, les formes incertaines de voyageurs, de cheminots ou de badauds –&nbsp;aucune identité sociale n’était discernable. Enfin, parmi les innombrables jeux d’ombres, de fluctuations, de tremblements entretenus par un pinceau multipliant les sursauts, les taches, les cannelures et les empâtements, il y avait des masses de vapeur émanant des locomotives, laiteuses pour la plupart, mais celle du centre était bleue et la lumière, sous l’effet des gouttelettes d’humidité, s’en trouvait subtilement réfractée.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/la-gare-saint-lazare-10897" />
         <pubDate>2024-03-27 07:37:31 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2935093533</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Edgar Degas: “Il faut danser sa vie”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2936381707</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était une vue plongeante, très dynamique, sur une scène de spectacle grise au fond de laquelle on voyait, en guise de décor, une petite maison vaguement brossée. Une jeune danseuse avait surgi sur le plateau et l’occupait, dans la partie droite de la composition, sur environ le tiers de la surface de l’œuvre. Elle saluait le public dans cette position si particulière qu’on nomme “ arabesque penchée », qui consiste en un allongement des membres et à dessiner une diagonale avec le corps. Dans l’œuvre, la jambe tendue en appui sur un pied à plat qui soutenait la jeune fille était visible, mais celle de gauche, à cause du se projetait vers le public et le visage rose, dont les yeux mi-clos suggéraient une discrète extase, basculait en arrière. La tête était coiffée d’une tiare fleurie, le cou cerclé d’un ruban noir. La tenue, d’un blanc argenté étincelant, était constellée de quelques pétales de couleur chaude. À l’arrière-plan, essentiellement placées dans l’angle supérieur gauche de la composition, dans une sorte de profondeur oblique par rapport à la danseuse, on remarquait des coulisses étranges : au lieu des rideaux appelés « pendrillons » qui normalement les cachent et les rythment au théâtre, c’étaient des espèces de cavités qui semblaient évoquer, par le mélange de touches ocre et – plus discrètes – de vert, un espace naturel, peut-être un décor latéral de falaise creux en plusieurs endroits. Et dans ces creux, on apercevait des silhouettes statiques traitées à grands traits : trois autres danseuses et, au plus rapproché, un homme en costume noir dont le visage était caché.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/ballet-2084" />
         <pubDate>2024-03-28 07:36:10 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2936381707</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Paul Cézanne: “Viens, bats-toi, signe et persiste”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2937017151</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était un vaste paysage où se bombait un imposant massif au milieu d’une atmosphère méditerranéenne. Le tableau distribuait, depuis une terrasse qui servait de point de vue, un premier plan fait de pins, puis des terres et enfin la chaîne de montagnes qui semblait surgir du sol sous le ciel translucide. Partout la touche était dynamique, apparentait les zones de couleur à des mèches ocre, vertes ou bleues et était d’une avoureuse clarté. Nulle ombre au tableau, aurait-on pu dire, car chacun des reliefs, des escarpements destinés à faire sentir les volumes était d’une palette délicieusement tiède. À gauche de la composition, juste derrière le rebord de la terrasse qui faisait l’effet d’un promontoire, s’élevait un grand pin parmi un fouillis d’arbres, tous traités d’une touche montante, dans des gammes de verts, mais aussi de bleus. Ce fouillis touffu se répétait à droite mais, au lieu d’être dominée par l’élan d’un grand tronc, cette partie était marquée par la présence au loin, entre la montagne et les prés, d’un aqueduc aux douze arches. Le centre du tableau était dégagé, s’ouvrait sur une sorte de parterre rural –&nbsp;et même agricole, car l’activité humaine s’y faisait imperceptiblement sentir&nbsp;– dont les pâturages et les champs étaient découpés assez géométriquement. Abondaient les coups de pinceau horizontaux, les suggestions anguleuses et géométriques pour les maisons. Aux teintes de l’herbe se mêlaient des accents chromatiques de jaune et parfois légèrement plus rougeoyants afin d’esquisser deux toits fondus dans l’environnement. Enfin, il y avait le massif dont la crête allait délicatement crescendo depuis la gauche du tableau jusqu’à un sommet qui s’étalait en une espèce de petit plateau avant de tomber de manière abrupte, de former un creux puis de s’écouler lentement hors cadre, vers l’infini de la Provence.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/montagne-sainte-victoire-1469" />
         <pubDate>2024-03-28 22:32:55 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2937017151</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Edward Burne-Jones: “Chéris la mélancolie”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2937880527</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était une scène imaginaire aux tonalités de rêve, d’une profonde étrangeté et peinte d’une touche lisse et continue. Une jeune femme en robe bleu-gris, de profil, yeux clos, tête couverte d’un bonnet et pieds nus, faisait tourner d’une main calée contre un de ses rayons une très grande roue en bois sur la jante de laquelle se trouvaient accrochés deux hommes musculeux et munis d’un simple voile de pudeur (il y en avait un troisième mais tout en bas et le cadrage ne laissait apparaître que ses épaules et son visage orné d’une tiare de laurier). La composition était étonnante&nbsp;: quoiqu’elle fût légèrement de biais et s’orientât vers la droite de la composition, la roue –&nbsp;occupant à elle seule un bon tiers de l’espace du tableau&nbsp;– était traitée en raccourci, de si près qu’on n’en voyait pas tout à fait l’ensemble des parties supérieures et inférieures, tronquées. Elle avançait vers le point de vue du spectateur et, dans son mouvement, eût pu sortir du cadre pour le heurter. On reconnaissait ainsi un supplice classique où des individus sont broyés par la révolution de la structure circulaire à laquelle ils sont fixés –&nbsp;généralemen raidis et très cambrés. Cambrés, les personnages masculins de la toile l’étaient certes un peu mais ils n’étaient en revanche pas raidis du tout. Ils dégageaient au contraire une espèce de sensualité par des jeux de déhanché et la souplesse de leurs membres, tandis que leur expression traduisait un demi-sommeil. La principale figure, en position centrale sur la jante, portait une couronne dorée et tenait un sceptre. Il fallait enfin noter les curieuses proportions de l’ensemble&nbsp;: la femme sur la gauche était, sans effet de perspective, deux fois plus grande environ que les hommes qu’elle suppliciait. Cela l’apparentait d’autant plus à une déesse qu’elle se hissait en contrapposto sur un support minéral aux fausses allures de socle. Par ailleurs, la roue s’avérait elle-même énorme par rapport au décor qu’elle semblait traverser. Celui-ci, on ne le voyait qu’à peine dans d’infimes brèches de la composition&nbsp;: sous un ciel métallique, s’étalait manifestement une cité antique peu propice à la végétation.<br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/la-roue-de-la-fortune-783" />
         <pubDate>2024-03-30 08:20:49 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2937880527</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Georges Seurat: Sur l’estrade</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2937883958</link>
         <description><![CDATA[<div>“[…] elle évoqua la facture pointilliste –&nbsp;soit une constellation de petites touches de peinture séparées&nbsp;– qui rendait son visage évanescent et faisait grésiller la peau et l’arrière-plan d’un chatoiement hypnotique. Elle contextualisa le tableau, évoquant Turner et la dilution de ses paysages, Manet, Monet et Cézanne, et cette tendance qu’eurent les peintres à bannir l’ombre et les formes trop nettes au profit des couleurs pures et de la suggestion.“[…]&nbsp;<br>“–&nbsp;C’est du néo-impressionnisme, dit-elle, c’est-à-dire que l’artiste est allé encore plus loin que les impressionnistes&nbsp;; il a essayé de faire une peinture vraiment comme de la poussière&nbsp;!“<br><br>“[…] Georges Seurat, raconta-t-elle, mourut très jeune et fit peu d’œuvres&nbsp;; elle expliquait aussi que le mélange des couleurs, au lieu d’être élaboré sur la palette, s’opérait dans l’œil de celui qui la regardait, grâce à la proximité entre toutes les touches.”<br><br>&nbsp;“[…] elle parvint à dire que Seurat rêvait que celui qui contemple son œuvre se sente «&nbsp;lavé de l’intérieur&nbsp;» (l’expression fit pouffer Diego) par la beauté crépitante de son pointillisme. Elle souligna enfin, dans un ultime effort et avec des mots simples, qu’il fallait bien que les peintres du XIXe&nbsp;siècle fassent ce genre d’œuvres, pleines de recherches sur les couleurs, pour concurrencer la photographie qui, à l’époque, était encore en noir et blanc.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/poseuse-de-profil-10876" />
         <pubDate>2024-03-30 08:34:24 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2937883958</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Vincent Van Gogh: “Fixe tes vertiges”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2937888437</link>
         <description><![CDATA[<div>“Le tableau du jour hissait en un format vertical une église rurale sur un parterre d’herbe printanier. Celui-ci formait une sorte de pyramide inversée bordée par deux chemins qui s’écartaient l’un de l’autre presque symétriquement et finissaient par encercler l’édifice. Des coups de pinceau extrêmement visibles traitaient le sentier dans les jaunes et les marrons, des tons chaleureux d’une belle journée. De l’église, perçue légèrement de biais et très ramassée du fait du raccourci, était en réalité figuré l’arrière, c’est-à-dire le chevet, avec, de gauche à droite de la composition, l’extérieur d’une chapelle, une abside adossée à un mur pignon, puis une absidiole, le tout parcouru de trois grandes baies puis de deux plus petites. Dans la profondeur, le clocher en bâtière, c’est-à-dire à deux pentes opposées, dominait l’ensemble. Le ciel sur lequel se découpait ce monument mêlant le gothique et le roman, se composait de plusieurs bleus et, bien qu’il n’y eût pas de nuages, les touches courbes, circulaires donnaient l’impression de masses d’air en mouvement –&nbsp;pourquoi pas un orage, mais plus sûrement le soir qui tombe, d’autant que les deux angles du tableau s’avéraient très sombres. Surtout, au diapason des remous picturaux de l’arrière-plan, les lignes architecturales –&nbsp;faites des toitures, colonnettes d’angle ou corniches&nbsp;– semblaient toutes légèrement vaciller, sinon tanguer, comme si le regard qui se posait sur ce spectacle était alcoolisé. Enfin, bien qu’ils fussent obstrués par l’église, on apercevait vaguement les signes d’un village sur la ligne d’horizon&nbsp;: des arbres, des tuiles orange. Et puis il y avait cette silhouette de paysanne en robe et couverte d’un chapeau, de dos, au premier plan, marchant sur le chemin de gauche et dessinée avec des cernes épais qu’on retrouvait au demeurant un peu partout dans le tableau.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/leglise-dauvers-sur-oise-vue-du-chevet-755" />
         <pubDate>2024-03-30 08:53:06 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2937888437</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Camille Claudel: “L’amour est désir et le désir est manque”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2937943665</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était un groupe sculpté composé de trois figures où, de droite à gauche, une jeune fille nue, à genoux, lançait un pathétique appel à un homme la délaissant, tandis qu’un personnage de vieille femme aux allures de mauvais ange accompagnait celui-ci –&nbsp;l’encourageait peut-être&nbsp;– dans sa désertion. Nu, quoique couvert d’un drapé au niveau du pubis, l’homme se détournait de l’implorante en marchant d’un pas à la fois résolu et résigné, et son corps tendu était en diagonale par rapport au socle, tel un arbre incliné par les tempêtes. Il n’était pas musculeux et sa peau, au niveau du torse, était flétrie. Son visage était ferme dans l’expression mais s’avérait ostensiblement décharné. Malgré cela, une impression de puissance émanait de cette silhouette grâce au galbe et au mouvement des jambes en appui. Grâce aussi à l’ampleur des mains, en particulier celle qui, basculée en arrière, tenait à distance la pauvre créature à l’abandon. La figure féminine qui entraînait l’homme au loin était manifestement d’un âge très avancé, les cheveux comme des loques, le visage affreusement rabougri. En examinant le revers de la sculpture, on pouvait voir son postérieur un peu grotesque et des drapés tourmentés pareils à une cape volant au vent ou à d’horribles ailes. Elle cernait l’être en fuite, le poussait dans sa marche, les mains sur ses bras. Elle flottait dans son dos mais son visage collait presque à son front. Sans doute lui chuchotait-elle de ne pas se retourner. Un sol rocheux irrégulier doté de différents paliers horizontaux servait de base au duo, tandis que l’implorante se trouvait plus bas, humiliée dans sa rage et son désespoir. La cime de sa tête penchée et coiffée d’un sobre chignon arrivait à peine à hauteur des cuisses du fugitif. Quelques centimètres seulement séparaient les dernières phalanges de l’homme en route et celles de la jeune fille à terre&nbsp;; elles étaient physiquement très proches et se tenaient pourtant infiniment éloignées.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/lage-mur-1370" />
         <pubDate>2024-03-30 12:56:22 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2937943665</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Gustav Klimt: « Que vivent les pulsions de mort »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2937973606</link>
         <description><![CDATA[<div>“Sur un format carré d’un mètre sur un mètre environ, s’étalait un paysage de verger. Le cadrage était tellement étroit que le tableau paraissait n’être qu’une énorme luxuriance saturée de petites touches vertes, où reliefs et perspective auraient été abolis. Mais il y avait bien d’autres couleurs suggérant fruits et pétales&nbsp;: des éclats de mauve, d’orange, de jaune, et des auréoles aux nuances de chair qu’on appelle «&nbsp;cuisse de nymphe&nbsp;». De gauche à droite, en examinant la partie inférieure de l’œuvre, on pouvait isoler six sujets végétaux poussant sur une bande d’herbe d’une tonalité plus claire que toutes les gerbes de feuillage. Il y avait d’abord un arbre légèrement dans la profondeur puis, à la base de la toile, un rosier trapu, un deuxième spécimen plus altier, à nouveau un arbre (aux deux tiers de la composition), un troisième arbre (lui aussi un peu dans la profondeur) et, enfin, un troisième rosier aligné sur les précédents. Les germinations s’agrégeaient tant entre elles et constituaient un tel grésillement chromatique que les motifs disparaissaient et réapparaissaient, nécessitant une attention soutenue. Le bois des troncs s’avérait raide, fin et fragile proportionnellement à la profusion extraordinaire qui en jaillissait sous forme de boule touffue. C’était plus particulièrement l’arbre situé aux deux tiers de la base du tableau qui, par sa gigantesque frondaison, occupait l’essentiel de l’espace. Il restait néanmoins deux trouées dans les angles supérieurs de l’œuvre, à droite et à gauche, dévoilant ici la cime d’un feuillage aux accents bleutés et semé de rouge, montrant là un ciel nuageux couvrant un champ lointain.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/articles/restitution-dune-oeuvre-spoliee-197815" />
         <pubDate>2024-03-30 14:40:14 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2937973606</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Vilhelm Hammershøi: « Fais parler ton intérieur »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2938385378</link>
         <description><![CDATA[<div>“Une femme était assise de dos, face à un mur. Elle portait une épaisse robe noire surmontée d’une blouse plus claire que fendait une ouverture dorsale. Le col était rond et il en surgissait la colonne vertébrale puis, dans sa lignée, la nuque et la tête, avec sa masse de cheveux châtains regroupés en un chignon. Elle se trouvait en position centrale dans le tableau. La symétrie avait beau être brisée par une ligne d’épaule s’inclinant légèrement de la gauche vers la droite, pour aboutir à un bras s’engageant en arrière, la composition était extrêmement équilibrée et dotée d’une harmonie aux limites du sacré. De la chaise, vue en son revers, on ne distinguait ni les pieds ni l’assise mais seulement le dossier avec ses barreaux reliés par une solide traverse supérieure sous laquelle s’en trouvaient deux autres&nbsp;: l’une –&nbsp;inférieure&nbsp;– très fine, et une traverse médiane, ondulante, conférant de la rondeur à un ensemble dominé par le sens de l’angle et du quadrillage. Ce meuble était d’un bois modeste, de même que la desserte à droite de la composition, coupée par le bord du cadre et où reposait un plat blanc cerclé de corolles. Et surtout, il y avait le mur, strictement parallèle au plan de la toile. Rien n’indiquait la moindre activité chez cette femme (dont les mains se dérobaient à la vue), de sorte que, toute proche de ce grand pan opaque et terne, les genoux presque collés à celui-ci, elle semblait le regarder, lui. Qu’y trouvait-elle&nbsp;? Il était à peine rythmé par la plinthe qui se hissait jusqu’au quart de l’axe vertical de l’œuvre. Quoique gris, l chatoyait d’une lumière mystérieuse, comme si une intrusion du jour était venue s’accrocher à un sombre et sobre intérieur.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/hvile-85460" />
         <pubDate>2024-03-31 18:44:18 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2938385378</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Piet Mondrian: « Simplifie »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2938415390</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était un paysage de campagne dominé par la succession rapprochée de deux grandes meules de foin et d’une dernière, plus petite, à droite de la composition. Elles étaient peintes selon un point de vue en léger trois quarts depuis la gauche du tableau. Il valait mieux, pour être certain de la nature des motifs, avoir lu le titre du cartel car, en dehors du ciel où s’étalait en couches fines un tissu de nuages clairs, on ne les reconnaissait pas directement. Les amas compressés d’herbes séchées, si communs à la campagne, s’apparentaient plutôt ici à de grossiers parallélépipèdes rectangles quelque peu bombés, mous au niveau des arêtes, et comme joufflus. La face externe était de surcroît traitée avec un tramage de touches verticales vigoureuses et très visibles, allant majoritairement du magenta foncé au vineux. Décrire le parterre (qui occupait un tiers de l’espace total) sur lequel reposaient les meules était presque impossible. Il s’y mêlait des bandes vertes et des bandes bleues, sinuant suffisamment pour esquisser une impression de rebord, voire de berge. On voyait aussi des mouchetures blanches et quelques érections de virgules rousses, spécialement dans la partie droite, lesquelles faisaient songer en la circonstance à la flore éparse –&nbsp;des roseaux peut-être&nbsp;– qui pousse dans les milieux humides. On pouvait alors en déduire que les bottes de foin se dressaient dans l’atmosphère tourbeuse d’un étang, d’une prairie inondée, d’un polder indistinct aux allures de chaos barbouillé.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/meules-de-foin-iii-200184" />
         <pubDate>2024-03-31 20:52:51 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2938415390</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Vassily Kandinsky : « Trouve le Spirituel en chaque chose »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2939488644</link>
         <description><![CDATA[<div>“Un cavalier, muni d’une cape rouge, surmontait un cheval blanc qui s’élançait dans l’espace, bondissant, s’envolant en un mouvement diagonal de la gauche vers la droite de la composition. Ses jambes se tendaient à l’horizontale en avant et en arrière, ainsi qu’on schématise abusivement un grand galop ou le saut d’un obstacle. L’œuvre était une étude, c’est-à-dire quelque chose de préparatoire, de ramassé et certainement d’inachevé. Le dessin en était très simplifié, avait même une maladresse enfantine car le protagoniste et l’animal n’étaient en fait qu’un jeu de traits à l’encre de Chine dépourvus de détails&nbsp;; ils se réduisaient à des silhouettes de profil. L’arrière-plan vibrait en un orangé suggérant une lumière de crépuscule, ou d’aube peut-être, tandis que gravitaient tout autour des motifs extrêmement incertains, difficilement qualifiables. On en distinguait quatre, qui naissaient plus ou moins aux angles du vague rectangle sur lequel figurait la scène. À gauche, il y avait en bas une espèce de pin squelettique noir superposé à une masse d’aquarelle verte&nbsp;; masse qu’on retrouvait aussi en haut, plus étendue et contenue dans un cerne d’abord dentelé puis arrondi. À droite, partant vers le centre, il y avait en haut une forme étirée rimant avec celle du cheval, presque parallèle à celui-ci –&nbsp;une espèce de nuage qui venait jouxter un demi-cercle solaire lui-même adossé à la cape du cavalier. Quant à l’angle du bas, il était pour ainsi dire rongé, découpé&nbsp;: un pan de couleur vineux et violacé engendrait un réseau racinaire noir montant vers le ciel. Réparties un peu partout, comme en lévitation, des trouées ombreuses mouchetaient l’ensemble. Enfin, il fallait noter que cette image se découpait sur un fond badigeonné d’un bleu profond&nbsp; –&nbsp;couleur qui servait de même à figurer le corps du cavalier.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/cpbLzp" />
         <pubDate>2024-04-01 21:04:45 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2939488644</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Marcel Duchamp: « Mets le bazar partout »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2941674345</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était un objet suspendu&nbsp;: un porte-bouteilles en fer galvanisé dit «&nbsp;hérisson&nbsp;», composé d’une base puis de cinq niveaux en forme de cercle au diamètre de plus en plus petit, les trois derniers étant identiques. De chacun de ces cinq étages sortaient à intervalles réguliers de courtes tiges formant un angle obtus d’environ cent dix degrés. Aucune d’elles ne faisait sécher le moindre contenant en verre. On pouvait les compter&nbsp;: elles étaient treize au premier niveau, dix au deuxième et neuf aux trois étages suivants. L’armature était consolidée par quatre traverses verticales et l’on voyait quelques rivets qui soudaient l’ensemble. Un fil tenait le séchoir dans les airs, comme s’il était en lévitation et, par un jeu d’éclairage, on en voyait donc l’ombre portée. Enfin, sur le cercle servant de base, était inscrit en noir, d’une écriture manuscrite&nbsp;: «&nbsp;Marcel Duchamp 1964&nbsp;/ Exempl.&nbsp;/ Rrose.&nbsp;”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/z78XLNk" />
         <pubDate>2024-04-03 11:01:29 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2941674345</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Kazimir Malevitch: « Autonomise-toi »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2941702400</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était, sur un fond blanc, une simple croix noire. Une croix grecque, celle dont les branches horizontale et verticale ont la même longueur et dont l’intersection est située en leur centre respectif. Les deux branches étaient épaisses. L’une et l’autre paraissaient occuper approximativement le tiers de la surface d’où elles naissaient, sachant que le tableau mesurait quatre-vingts centimètres sur quatre-vingts. En réalité, rien n’était si structuré ni si géométrique. La symétrie vacillait. Le rectangle horizontal possédait des côtés suffisamment obliques pour virer au trapèze et la tête de la croix penchait imperceptiblement vers la gauche de la composition. Les traits ne donnaient pas l’impression d’une stricte régularité, ni de proportions tout à fait solides. Quant au noir et au blanc, ils avaient une texture qui produisait une foule de nuances et d’aspérités. Quoique d’une sobriété et d’un minimalisme d’une franche aridité, l’œuvre n’en demeurait pas moins vibratoire, sinon sensuelle.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/cAbM99z" />
         <pubDate>2024-04-03 11:36:09 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2941702400</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Georgia O’Keeffe: « Le monde est une chair »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2941706552</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’étaient des masses souples et sinueuses de couleurs traitées par un pinceau extrêmement précis. Il y avait, bien découpées et très lisibles, comme des vagues ou des langues de rouge, de jaune et d’orangé, lesquelles pouvaient donner l’impression d’une pure abstraction aux teintes de lave. La dynamique de la composition, rythmée par une espèce de succession stratigraphique, basculait légèrement car les lignes de stratification, loin d’être rigides et strictement horizontales, ondoyaient et penchaient de la gauche vers la droite. Aucune raideur, aucun angle, seulement un serpentement, une houle lumineuse. Mais, à y regarder plus attentivement, quelque chose comme un paysage se dessinait. La partie supérieure, dominée par les nuées de rose, de jaune et de blanc, évoquait un ciel embrasé par le crépuscule ou l’aurore&nbsp;; au-dessous, une strie plus fine et bombée allant du noir au gris ressemblait à un massif rocheux&nbsp;; et ce massif bordait lui-même la moitié inférieure de l’œuvre, dans laquelle enflaient et se gondolaient des nappes vibrantes de couleurs chaudes, se délavant en quelques nuances de chair dans la partie vraiment basse. Or, ces nappes-ci rappelaient les nuées situées plus haut, en étaient l’écho, sans doute le reflet libre et comme déformé sur un plan d’eau. Et le sujet latent d’apparaître&nbsp;: on aurait dit un lac en fusion au pied d’une montagne sombre sous un ciel convulsif et fruité.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/ckX8AX" />
         <pubDate>2024-04-03 11:41:32 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2941706552</guid>
      </item>
      <item>
         <title>René Magritte: « Écoute ton inconscient »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2943189745</link>
         <description><![CDATA[<div>“Une paire de souliers semi-montants posés de manière quasi parallèle dominait l’espace. Ils étaient représentés en plongée et de trois quarts, avec le contrefort à droite de la composition et tles orteils à gauche. Les orteils, oui, et non le bout des chaussures, car celles-ci se transformaient progressivement en pieds. Plus exactement, le cuir brun peint d’une manière fine et minutieuse mutait, à peu près au niveau de l’os naviculaire, en une peau blanc et rosé parcourue d’un réseau veineux plutôt saillant. Grâce à un impeccable dégradé, la transition de l’état d’objet à l’état de fragment humain s’avérait parfaitement naturelle et convaincante. On pouvait même s’attacher à des détails qui rendaient crédibles aussi bien la bottine que l’anatomie : des lacets droits qui montaient sur quatre rangées et qui pendaient, défaits, en haut des quartiers ; des ongles un peu longs, nacrés au niveau de la kératine et légèrement sales à leur extrémité. L’aspect de la chair suggérait une présence humaine, mais fractionnée et spectrale. Le tout occupait un cadrage serré et passablement glauque, dominé par des tonalités charbonneuses et sourdes. Sur le tiers inférieur de la toile de format vertical, il y avait une terre marron et caillouteuse. Sur les deux autres tiers, partant du sol, s’enchaînaient à l’horizontale quatre planches d’une palissade en bois beige marqué de quelques nœuds épars.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/xBym9Fx" />
         <pubDate>2024-04-04 12:15:14 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2943189745</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Constantin Brancusi: « Lève le regard »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2943432850</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était une sculpture dont la forme longiligne d’une extrême pureté enflait légèrement dans son élan ascensionnel avant de terminer en pointe. À la fois frêle et sûre de sa force, elle se dressait sur près de deux mètres de haut. Elle était d’un bronze parfaitement poli, réfléchissant la lumière. Un socle cylindrique, dont le diamètre et la hauteur étaient approximativement de quinze centimètres, lui servait d’assise. Pour être plus précis, la forme s’épanouissait en deux temps depuis cette base. Il y avait d’abord un très fin pied conique subtilement incliné vers l’arrière qui ne faisait même pas le cinquième de la taille totale. Puis, au sommet de cette partie, la matière s’élargissait progressivement. Ce bombement donnait in fine l’impression d’un arc, ou bien d’une flamme. Et pourquoi pas d’une plume. Le titre en était d’ailleurs Oiseau dans l’espace.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/cbLy4oX" />
         <pubDate>2024-04-04 15:38:30 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2943432850</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Hannah Höch: « Compose ton être »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2943719132</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était un portrait de femme rendu très étrange par des collages, des assemblages d’éléments disparates. Le visage, en particulier, mêlait à des éléments fragmentés du corps humain la représentation d’un masque tribal. Ce dernier avait un nez tombant qui s’inscrivait dans la ligne d’une crête centrale séparant le front en deux. Il n’y avait pas de cheveux mais de petits motifs ovoïdes peints au niveau de ce que les anatomistes nomment la suture coronale. L’œil de gauche était celui, bien incarné, d’une femme. Tiré d’un magazine illustré en noir et blanc, il était clair, régulier, soigné et bordé d’un sourcil fin et courbe. L’œil de droite en revanche était taillé dans le masque. Il était plus schématisé et doté d’une pupille qui semblait pâtir d’un strabisme divergent. Juste en dessous de celui-ci, et au-dessus de la pommette, l’artiste avait découpé une étroite trouée, en forme de trapèze irrégulier, qui donnait l’impression d’une cavité oculaire rudimentaire. Cette trouée ouvrait sur l’arrière-plan de l’œuvre, qui se composait d’une succession verticale de bandes de couleur aquarellées aux teintes orangées, rosées, grisées. Au bas de cette grosse tête hybride et asymétrique, il y avait un autre élément photographique : une bouche humaine fermée, proportionnellement trop petite par rapport à l’ensemble, dominant un minuscule menton rondelet. Cette partie était monochrome mais jaune, de même que le buste couvert d’un modeste tricot. Ce buste avait des épaules menues et la poitrine s’affaissait sur une nouvelle découpe qui ouvrait sur l’arrière-plan abstrait et multicolore. Là, l’artiste avait visiblement voulu signaler, par un renflement bombé au niveau du ventre, une grossesse. Les bras s’arrêtaient aux biceps, avant le coude. Le tout était bordé par d’épaisses marges blanches.&nbsp;<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/cbjkKj" />
         <pubDate>2024-04-04 21:28:11 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2943719132</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Frida Kahlo: « Ce qui ne tue pas rend plus fort »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2944918295</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était un portrait de femme d’une trentaine d’années sur un fond bleu uniforme. Sa figure sévère, dominée par un monosourcil semblable aux deux ailes d’un grand oiseau – abondante pilosité à laquelle faisait écho un duvet finement tracé au-dessus des lèvres –, était tournée aux trois quarts vers la droite de la composition. On voyait pendre dans sa nuque le nœud d’un ruban vert qui lui attachait et tressait des cheveux noirs, qu’irradiait à leur sommet une couronne de tournesols. Le visage était avare en modelés, peint de façon naturaliste mais sans fioritures, sèchement et presque naïvement, ce qui lui donnait un aspect d’icône atemporelle. Néanmoins, de nombreuses nuances de chair et la bouche fermée d’un rouge sang étaient signe d’une vie débordante et résolue. Le regard très dessiné par l’arc des paupières véhiculait en particulier une impressionnante détermination intérieure. Le corps s’étirait en un long cou qui émergeait d’un corsage vert à liseré jaune moucheté. Cette femme était par ailleurs encadrée de tout un jeu de motifs simplifiés et très colorés d’une symétrie à la fois recherchée et maladroite : trois corolles de fleurs roses et rouges sur les côtés ; en haut, un décor aux limites de l’abstraction “rappelant la voûte d’une chapelle et les rideaux d’un théâtre. Et puis, face à face, il y avait en bas de l’œuvre deux<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;volatiles de profil schématisés, munis d’une belle houppe. Le bec, les ailes et la queue étaient jaunes ; la tête et le jabot étaient rouge-rose. De même que certaines parties des fleurs et les plissés du rideau, la tête des oiseaux, qui arrivait au niveau des épaules du modèle, laissait voir en transparence l’espace du portrait. On comprenait alors que le jeu de motifs de l’encadrement avait été réalisé au revers de la plaque de verre qui couvrait le portrait peint et s’y superposait.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/EaZN1kV" />
         <pubDate>2024-04-05 20:48:53 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2944918295</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Pablo Picasso: « Il faut tout briser »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2944929333</link>
         <description><![CDATA[<div>“Il y avait deux femmes : l’une à l’horizontale allongée nue sur un lit, bien centrale dans la composition, et l’autre assise sur une chaise sur la droite, au premier plan, tenant&nbsp;&nbsp;par le manche une mandoline sans en jouer. À gauche, un cadre vide en bois était posé au sol. Tout cela, on pouvait le discerner, certes, mais au prix d’un certain effort car rien, dans la peinture, n’était rendu de façon souple ou réaliste. Tout était figuré en facettes et en fractures de manière extrêmement anguleuse (têtes, mentons, genoux et coudes étaient traités en pointe et non en arrondi) et baignait dans une atmosphère sombre. L’arrière-plan, qui ne consistait qu’en une architecture dépouillée construite avec des perspectives aberrantes, était tout en nuances de bruns, de gris, de noirs, de marron. La chair du modèle allongé tournait au beige maladif et la joueuse de mandoline avait la peau bleue et portait un chignon vert. Le lit et la chaise ne dégageaient aucun confort. Mais, surtout, les corps humains étaient d’une profonde étrangeté. Au lieu de l’emplacement habituel des attributs physiques, ceux-ci se combinaient sans respect de la symétrie ni de l’anatomie telles qu’on les connaît. Les yeux se trouvaient au sommet du front et en décalage l’un par rapport à l’autre, la bouche n’était qu’un trait sans lèvres, et des permutations troublaient la lecture : par exemple, la femme allongée paraissait tout à la fois se tourner vers le spectateur de sorte que l’on pouvait voir son pubis mais son flanc était surmonté des deux arcs de ses fesses comme si elles étaient peintes en raccourci depuis les pieds ou la tête. De même, chez l’un et l’autre modèle, l’épaule&nbsp;et le sein semblaient se confondre. Les notions de face, de profil, de trois quarts, de relief et d’aplat, de profondeur et de surface coïncidaient toutes et toutes volaient en éclats, comme s’il s’agissait du reflet d’un miroir brisé.”<br><br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/cdqKEpK" />
         <pubDate>2024-04-05 21:15:37 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2944929333</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Jackson Pollock: « Entre en transe »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2945181494</link>
         <description><![CDATA[<div>“Il s’agissait d’une œuvre abstraite semblable à un chaos de matière où se croisaient, s’enchevêtraient, se superposaient des traînées et des coulures de couleurs, parfois très fines, à la façon de la ligne d’un dessin, parfois épaisses, à la façon d’une tache ; elles étaient tantôt droites (sans jamais être tirées au cordeau non plus), tantôt courbes, voire en zigzag. La toile se trouvait ainsi entièrement saturée d’un extravagant réseau de sillons, de zébrures et de mouchetures d’où ne se dégageait aucun motif reconnaissable. La seule comparaison avec un élément de réalité eût peut-être été celle avec l’état de salissure d’un morceau de tapis découpé – plus exactement d’un tapis destiné à protéger le sol d’un atelier d’artiste et sur lequel se seraient écrasés par accident et un peu partout les flux résiduels de pigments dilués. À ceci près que la toile, tout en étant le réceptacle d’un désordre éruptif et pâteux, s’avérait assez structurée. Non pas organisée ni composée – il n’y avait d’ailleurs ni centre ni périphérie identifiables –, mais structurée par des rythmes et une cohérence d’ensemble. Ainsi, des masses noires, plus volumineuses, étaient réparties comme une dizaine d’archipels qui luttaient avec des flots de blancs. En quantité moindre, mais présentes un peu partout, surgissaient des jets de jaune et de rouge et par-dessus, en abondance, s’étalait un entrelacs de gris argenté dont les boucles étaient beaucoup plus nombreuses que pour les couleurs voisines. Il fallait noter que ces couleurs étaient chaque fois suffisamment denses pour se superposer sans s’absorber ni se mélanger les unes les autres et, surtout, que le tableau avait l’air d’être le fragment isolé d’un tout sans limite.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/cajbjx6" />
         <pubDate>2024-04-06 12:09:12 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2945181494</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Niki de Saint Phalle: « L’avenir de l’homme est la femme »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2945363944</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était une gigantesque mariée vêtue de blanc. Et même, plus que cela, c’était une mariée entièrement blanche, ou plutôt grisâtre, argileuse, depuis la base de son énorme robe plissée jusqu’à la masse filasse de ses longs cheveux raidis, en passant par le bouquet qu’elle serrait contre sa poitrine. Tout était si plâtreux que la supposée pureté qu’on attache aux noces virait ici au grotesque. Cette femme avait tout d’un fantôme et cette impression était renforcée par ses aberrantes proportions. Tandis que la taille du personnage était environ un tiers plus grande que celle d’une morphologie standard, la tête échappait à cette monumentalité. Elle s’avérait trop petite en comparaison de l’ensemble, comme si elle avait éclos d’un corps énorme et pesant. Quand on la regardait de face, elle penchait légèrement sur la droite et le visage était à peine suggéré, à la façon d’un masque grossier. Il y avait tout de même une fente pour figurer la bouche – on eût dit qu’elle poussait un long râle. Mais là où l’effigie se montrait terrifiante, c’était au niveau du buste. La mariée y serrait un bouquet de fleurs ossifiées. Il était dans la main droite, tandis que celle de gauche, colossale, sorte d’extrapolation dégénérée de Rodin, reposait sur le ventre. La poitrine et les bras ressemblaient à une vaste matière grouillante, pourquoi pas à une chair en décomposition. En fait, la sculpture était à ce niveau-là un agrégat d’innombrables objets qu’on discernait très bien pour certains, qui étaient noyés pour d’autres : des jouets, notamment, et surtout beaucoup de poupons. On tombait aussi sur une maquette d’avion, des cyclistes, des carrosses, des petits canards, des serpents, des oiseaux, une paire de souliers d’enfant.”<br><br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/cdLAp8d" />
         <pubDate>2024-04-06 21:23:33 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2945363944</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Hans Hartung: « Va comme l’éclair »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2946512018</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était une œuvre abstraite de cent soixante-dix-neuf centimètres sur cent onze, composée essentiellement d’une vaste masse obscure centrale. Ce n’était pas tout à fait un aplat de noir mais plutôt une nappe vibrante, dont on sentait qu’elle avait été composée par une pulvérisation de peinture. D’ailleurs, elle avait des bords inférieurs et supérieurs qui oscillaient très légèrement et dont la délimitation incertaine était faite d’une matière soufflée, atomisée, donnant l’impression d’une brume qui se dissipe. Il y avait en aval de la nappe noire une base jaune citron, qui occupait le bas du tableau et s’élevait sur un peu moins de vingt pour cent de sa hauteur totale. Cette zone était très légèrement rainurée à la verticale et ces innombrables sillons conféraient à l’œuvre un dynamisme vif. Dans la zone qui surplombait la nappe noire, affleurait une bande d’un bleu profond (rainuré lui aussi) et vraiment étroite, presque écrasée contre le bord supérieur du cadre, à la manière de ces bouts de ciel qui semblent discrètement poindre derrière les tumultes d’un orage. Enfin, dans l’ample masse noire, se dressaient trois traits lumineux “d’une netteté fulgurante, comme trois grandes herbes ou trois longs cheveux isolés, légèrement courbes, joliment souples, mais tendus par une puissante énergie aérienne. Au centre, il y avait le plus grand qui parcourait presque de bas en haut la totalité de la nappe obscure. À sa gauche, un deuxième trait, plus fin et plus arrondi, suivait un mouvement s’apparentant à une tangente, et, plus discret encore, à sa droite, un troisième trait cheminait de même, sans que ni l’un ni l’autre ne touchent néanmoins le trait principal. Ensemble, ils pouvaient suggérer de façon ultra simplifiée l’ascension d’un grand tronc d’arbre effilé. Et bien d’autres choses encore.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/co46enL" />
         <pubDate>2024-04-08 08:38:35 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2946512018</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Anna-Eva Bergman: « Repars sans cesse de zéro »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2946528889</link>
         <description><![CDATA[<div>“On croyait voir une forme purement abstraite tant elle était simplifiée : une espèce de pentagone irrégulier et convexe noir, étiré sur la vaste hauteur de cent quatre-vingts centimètres (encore que la pointe n’atteignît pas tout à fait le sommet du cadre) et se découpant sur un fond uniforme blanc. C’était une proue de bateau, mais perçue frontalement, en raccourci, de sorte que l’arête de l’étrave, au lieu de paraître saillante, était écrasée. Les côtés latéraux du pentagone s’avéraient discrètement courbes, mimant de manière épurée la forme d’une coque. Celle-ci, si on voulait l’imaginer plongée dans l’eau, aurait eu une ligne de flottaison qui correspondait à la base du tableau. Il y avait une dynamique entretenue par d’infimes effets d’asymétrie et de décalage. Ainsi, l’angle supérieur gauche était légèrement plus bas que l’angle supérieur opposé qui s’enfonçait de surcroît très délicatement hors cadre, ce qui créait un subtil décentrement. Enfin, ce noir, plus brillant que mat, n’était pas tout à fait uniforme, il était traversé par des effets de matière – en particulier une oblique – qui densifiaient la présence de la proue et sur lesquels la lumière scintillait parfois en fonction de l’angle de celle-ci ou de la position du regardeur dans l’espace.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/cMzjMG" />
         <pubDate>2024-04-08 08:54:45 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2946528889</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Jean-Michel Basquiat: « Sors de l’ombre »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2946545795</link>
         <description><![CDATA[<div>“Il s’agissait d’une grosse tête. Ou plutôt de deux. Car la figure principale, complètement hallucinée, disproportionnée et de trois quarts, se superposait à une autre, de profil, obstruée et reléguée à l’arrière-plan. Cette double effigie venait trouer le grand badigeon de noir, à peu près rectangulaire mais grossier, qui recouvrait l’ensemble du papier à l’exception des bords restés vierges. Elle surgissait au cœur de l’obscurité sans être complètement au milieu mais plutôt légèrement décentrée sur la gauche et vers le bas. On aurait pu qualifier le dessin d’extraordinairement nerveux et enfantin à la fois. Les lignes étaient hachées, brisées, et dépourvues de la moindre fioriture. La tête principale se caractérisait par son regard asymétrique où la sclère flamboyait de jaune et les pupilles se dilataient. Elle avait des cheveux en brosse (noirs au centre, verts sur les côtés) surgissant d’un crénelage ceignant le sommet du crâne. La figure se trouvait divisée en plusieurs parties, en particulier dans la région supérieure, où avaient été tracées des séparations nettes entre les deux hémisphères du front d’une part et, d’autre part, entre ce front et la région orbitaire. Les zones colorées – le jaune des yeux cernés de rouge, du bleu pour l’essentiel du visage, du gris, du vert et du rouge pour le front et les joues – étaient un gribouillis dont on voyait la course du crayon. Il y avait aussi un grand nez pointu et un chaos à son aval, à savoir une grosse masse sombre et indistincte qui descendait jusqu’à la bouche, laquelle était ouverte, souriante, barrée de deux grands crocs. Quant à la tête de profil, elle était un peu plus à gauche de la composition et, élément perturbant, sa mâchoire et celle de la tête de trois quarts se trouvaient sur un même plan ; elles s’emmêlaient presque. La cavité de la bouche était cette fois parcourue d’une dentition ajourée et surplombait un menton velu. Plus haut, on devinait de vagues narines suggérées par des petits trous au bout d’un fil tendu. Il n’y avait en revanche pas d’yeux visibles, pas de globes : rien qui fasse concurrence à la folle radiance des deux ovales jaunes qui fixaient le spectateur.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/c9nByAa" />
         <pubDate>2024-04-08 09:12:54 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2946545795</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Louise Bourgeois: « Sache dire « non » »</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2946560784</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était un gros tonneau en cèdre, un réservoir circulaire (mais à plafond ouvert) de plus de quatre mètres de haut. Il y avait deux portes de part et d’autre de la structure et, au-dessus de l’une d’elles – celle de l’entrée –, il était inscrite sur une ceinture métallique : « Art is a guaranty of sanity. » Une fois dans le tonneau, on découvrait une chambre. On voyait sur le plancher de quatre mètres de diamètre une armature de lit vide, sinistre, et une flaque de liquide à sa surface. Autour du lit, quatre montants en fer étaient dressés sur des plots où pendaient, au bout de fines branches perpendiculaires, quantité de récipients et tuyaux en verre tout en courbes et de tailles variables : fioles, cornues, alambics… On en comptait une petite cinquantaine. Cet appareillage versait de l’eau sur le sommier et la récupérait lors de la condensation, en circuit fermé. Au sol, dans l’axe du lit et contre la paroi, une lampe en albâtre consistant en la superposition en croix de deux mamelles, dégageait une lumière douce et vibrante. Du côté gauche de l’entrée, juste à côté de l’ouverture, était accroché un immense manteau noir au pied duquel se trouvaient deux grosses sphères en caoutchouc de même couleur d’environ soixante centimètres de diamètre. Sous le manteau, bombait grâce à un bourrage de son une chemisette brodée : on y lisait à la verticale les mots « merci » et « mercy ». Il y avait également, en regard des deux sphères de l’entrée, deux autres sphères similaires – ce qui en faisait donc quatre en tout – mais en bois cette fois-ci.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser<br><br></div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/s04yuuz" />
         <pubDate>2024-04-08 09:29:25 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2946560784</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Marina Abramović: “La séparation est une chance à saisir”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2946773213</link>
         <description><![CDATA[<div>“Dans une salle rectangulaire, il y avait trois éléments en cuivre parallélépipédiques suspendus de manière régulière sur chacun des murs blancs : deux – à gauche et au centre – se trouvaient à la verticale et le dernier à l’horizontale ; tous étaient épais d’une vingtaine de centimètres. Ils en mesuraient deux cent cinquante de longueur, cinquante-deux de largeur. D’une massivité froide, austère, ils se révélaient très épurés, parcourus par des effets et des reflets de vert et de grisé. Grâce à une sorte de mode d’emploi (partie intégrante de l’œuvre), on comprenait que le premier objet à droite, appelé « Dragon blanc : debout », invitait à se hisser dessus et à regarder vers le sol. Il comportait une base pour dresser ses jambes ainsi qu’un repose-tête rigide en quartz orientant le regard. L’objet du centre, appelé « Dragon rouge : assis », invitait cette fois à se caler sur un siège et à regarder devant soi. « Dragon vert, couché » enfin, avec son oreiller et sa cale pour les pieds, invitait à la position allongée et à regarder en haut.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/cgjzopE" />
         <pubDate>2024-04-08 13:01:35 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2946773213</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Christian Boltanski: “Archive-toi”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2947034792</link>
         <description><![CDATA[<div>“Étalées sur trois murs, vingt vitrines identiques –&nbsp;on aurait pu dire vingt caissons&nbsp;–, de cent cinquante centimètres de hauteur, quatre-vingt-sept centimètres de largeur et douze de profondeur, s’enchaînaient avec régularité. Il y en avait deux fois sept accrochées sur les parois latérales et six sur la paroi frontale. Imposantes, elles étaient dotées d’un cadre sombre, avaient un éclairage au néon intégré dans leur partie supérieure, un grillage rectiligne extrêmement fin semblable à un tamis pour protéger leurs contenus, et elles se trouvaient séparées les unes des autres par un très faible interstice. Chacune d’elles était surchargée de documents de toutes sortes&nbsp;: il y avait surtout de nombreux papiers manuscrits ou dactylographiés plus ou moins grands, plus ou moins froissés, et des photographies en couleurs ou en noir et blanc&nbsp;: c’étaient des courriers, des imprimés, des enveloppes, des Polaroid, aussi bien des portraits d’enfants que des paysages, et puis des griffonnages, d’autres choses encore… Le tout datant de la seconde partie du XXe&nbsp;siècle. Les vitrines faisaient songer à ces grands murs d’images dont raffolent les films policiers, avec leurs panneaux entièrement recouverts de signes visuels et textuels et où une enquête, une énigme, un crime se trouvent cartographiés.”<br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/es/ressources/oeuvre/cKxLx8K" />
         <pubDate>2024-04-08 16:09:36 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2947034792</guid>
      </item>
      <item>
         <title>Pierre Soulages: “Le noir est une couleur”</title>
         <author>javier_medina</author>
         <link>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2947302528</link>
         <description><![CDATA[<div>“C’était un tableau abstrait aux tons sourds presque carré de deux mètres de haut sur deux mètres vingt de large. Il était essentiellement composé de cinq bandes foncées disposées à l’horizontale de manière régulière sur un grand et fin panneau homogène en médium&nbsp;–&nbsp;c’est-à-dire en fibre de bois. Les bandes étaient séparées par quatre traits au pastel clair. Le panneau de médium se trouvait lui-même superposé sur un premier support –&nbsp;comme s’il s’agissait d’un tableau collé sur un tableau&nbsp;– et le recouvrait dans la totalité sur la hauteur mais non sur la largeur. Deux marges verticales mesurant dix centimètres demeuraient ainsi visibles. Elles étaient elles-mêmes bordées d’un contour d’acrylique noire de chacun des côtés mais, dans l’interstice qui les séparait du panneau carré en fibre, il y avait, à droite comme à gauche, un jeu entre des zones blanches et d’autres qui étaient sombres. On devinait en somme l’amorce de formes raides ou curvilignes obturées par la superposition du support composé des cinq bandes foncées. Celles-ci n’étaient pas du tout monochromes. On y sentait les tonalités brunes et changeantes du bois, ses veines et ses aspérités et, absorbé en elles à l’aide d’un chiffon, un enduit de peinture presque transparente y faisait sourdre des bouffées de marron et des vapeurs de gris aux limites du rouillé. Ce procédé y faisait naître des reflets et des lumières.”<br><br><br>Les Yeux de Mona<br>Thomas Schlesser</div>]]></description>
         <enclosure url="https://www.centrepompidou.fr/es/ressources/oeuvre/c84jyb" />
         <pubDate>2024-04-08 20:56:32 UTC</pubDate>
         <guid>https://padlet.com/javier_medina/hw23ynht0kc1/wish/2947302528</guid>
      </item>
   </channel>
</rss>
