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      <title>Tomy NoteBook by </title>
      <link>https://padlet.com/talleuc/dtmnia1ef1i9zfn2</link>
      <description>Confidences &amp; Moods. </description>
      <language>en-us</language>
      <pubDate>2020-04-21 16:34:28 UTC</pubDate>
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         <title>Fucking Containment </title>
         <author>talleuc</author>
         <link>https://padlet.com/talleuc/dtmnia1ef1i9zfn2/wish/520807469</link>
         <description><![CDATA[<div>Moi aussi, je vais livrer la manière dont je vis le confinement. J'ai besoin de m'exprimer et de laisser s'évaporer mes craintes, mes angoisses et mon état d'esprit. </div><div><br></div><div>Premièrement, en tant qu'étudiant a l'université publique, ayant déjà connu une vague de grève puis aujourd'hui l'arrêt des cours lié aux mesures de confinement, c'est a la fois extrêmement frustrant et décevant. Cette année, je n'ai rien appris, je ne me suis pas épanouis intellectuellement, j'étais constamment laissé à l'abandon, privé d'informations et privé de recevoir un enseignement et des savoirs qui me permettaient de m'élever et m'epanouir. L'université et les cours étaient pour moi le seul moyen de tenir bon, de maintenir un rythme de vie et de me fixer des objectifs concrets. Personne n'est responsable de cela, mais je condamne toutefois l'université qui aujourd'hui nous laisse sans réponses. Le département qui n'a jamais répondu à mes nombreux mails concernant ce qui allait se passer pour les examens et la délivrance de notre diplôme. Je erre entres mauvaises informations et doutes, personne ne nous tiens informé.e.s. Cela m'angoisse beaucoup et provoque de nombreuses insomnies, je suis angoissé a l'idée d'avoir fait tout ce chemin pour rien, d'apprendre a la dernière minute des travaux a rendre, que je suis contraint de bâcler alors qu'ils s'agissaient de réflexions intéressantes et pour lesquelles j'aurai aimé consacrer du temps et de l'énergie. Le fait de rester sans réponses, de ne pas être informé correctement et d'être totalement délaissé de la part de nos universités publiques m'attriste et me met en colère. Nous obtenons toujours des informations au compte gouttes qui viennent se contredire les unes des autres, personne ne prend la peine de répondre a mes messages, un tas de représentants et délégués nous donnent des informations a droite a gauche, nous ne savons même plus a qui nous adresser, je me sens perdu et délaissé.</div><div><br></div><div>Je me sens pris pour un débile par mon propre pays. Je me sens trahi et manipulé. La levée du confinement, c'est purement un argument économique. Même si je vis extremement mal ces nouvelles mesures, j'ai conscience que nous avons besoin de plus de temps. Ils vont en priorité réouvrir les écoles uniquement pour que cela fasse office de garderie et que les parents puissent retourner relancer l'économie. On ne réouvre pas les bars, les restaurants (ce qui est tout a fait normal), mais a côté de ça on réouvre les magasins de vêtements ? Je ne trouve pas la logique la dedans, ça me dépasse. J'ai le sentiment profond que toutes ces mesures sont une mascarade. Et nous allons avoir une deuxième vague de l'épidémie a cause de cela, et des gens vont de nouveau mourir a cause d'un gouvernement qui ne voit que ses intérêts économiques. Et je dois écouter, subir, et fermer ma gueule. Je suis tellement, mais tellement en colère. On se fait berner et nous sommes contraints de ne pouvoir rien faire. Obligé.e.s de subir des mesures que je ne trouves pas contrôlées et illégitimes. </div><div><br></div><div>Etre confiné tout en étant une personne trans en pleine transition, c'est également une source d'angoisses. Je ne sais jamais si je pourrais obtenir mes ampoules de testostérone, s'il y aura pénurie, si l'ordonnance pourra être renouvellée et si des infirmières seront disponibles pour venir me faire les injections. </div><div>Je suis enfermé chez moi et être loin des associations, des collectifs, du milieu Queer et de mes ami.e.s me procure aussi un grand sentiment de solitude. Je ne suis pas seul, certes, mais ces milieux me faisaient beaucoup de bien et je pouvais échanger avec des personnes qui vivent les mêmes craintes, victoires et frustrations que moi. On me répète que mon traitement n'est pas fondamental, que je ne dois pas prendre de risques et mettre en péril ma santé pour une simple dose de testostérone. Je me sens donc incompris, c'est vital pour moi. Je ne peux plus voir mes frères et soeurs qui ont toujours été a mes côtés et cela me rend malheureux, je ressens le besoin d'en parler, d'échanger avec eux et de me sentir entouré, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Je me livre a mon pc, j'écris mes ressentis mais je me sens terriblement seul. <br><br>J'ai besoin de soutien, sans être vu j'me sens moche, sans me montrer j'me sens pas. L'enfermement me rend vide et insensible. </div><div><br></div><div>Cela rejoint un point fondamental qui n'est malheureusement pas beaucoup pris en compte : l'oppression sociale et la nécessité de solitude. </div><div>J'ai "la chance" d'être confiné en colocation, je "ne suis pas a plaindre", j'ai donc encore une fois le sentiment que mon mal être n'est pas légitime et que je me dois de bien vivre le confinement, mais ce n'est pas le cas. Je me sens opprimé, j'ai peur de sortir, d'être réprimandé, je me sens surveillé et enfermé. Ayant toujours voyagé et étant une personne qui a besoin d'avoir plusieurs cercles sociaux et de "sortir" pour tenir bon, le confinement est pour moi une source de frustrations et de mal-être. Ce n'est pas parce que je vis en colocation que cela fait de moi une personne qui aime constamment être avec des gens. Même sans les mesures appliquées depuis le 18 mars, en vivant ici, j'avais souvent le besoin de retourner m'isoler a la campagne chez ma mère pour être un peu seul avec moi même et souffler, car j'aime notre petite vie ici a la colocation, mais je suis une personne qui a parfois besoin de se retrouver seul. Les bruits ambiants en permanence, les regroupements collectifs et la nécessité d'avoir des contacts me fatiguent. Je souffre du fait de ne pas pouvoir me retrouver avec moi-même, et la sociabilité me demande beaucoup d'efforts en ce moment, car je n'ai pas envie de parler ou d'être avec des gens pour le moment. </div><div>Cet environnement est bruyant en permanence, et je ressens le besoin de m'isoler, je ne supporte plus les cris et le brouahah.</div><div>Par conséquent, je m'isole beaucoup et j'essaie d'inverser mon rythme et vivre un peu plus la nuit pour pouvoir me retrouver seul et au calme. </div><div>Si nous n'étions pas confinés, je serais déjà chez ma maman, a profiter de balades avec mon chien en pleine campagne et à lire sous un arbre le long de la Deûle, seul, mais je ne peux pas. Je dois m'isoler et me ressourcer tout en restant ici.</div><div><br></div><div>J'ai été très déprimé a la fin de l'année 2019. L' oppression que je subissais concernant mon identité de genre, l'agression et les angoisses liées a la nécessité de parler a mes parents concernant ma volonté d'être considéré comme un garçon par ma famille, a provoqué chez moi un énorme sentiment de mal-être. J'etais pris de grosses crises d'angoisses et j'ai passé plusieurs semaines enfermé chez moi car j'avais peur de sortir. Les fêtes de fin d'années m'ont achevées car les retrouvailles en famille étaient une véritable frayeur pour moi. J'ai de nouveau vécu plusieurs mois d'enfer, rythmées par des insomnies, des crises de larme, un sentiment de dégoût vis a vis de moi, et l'impossibilité de sortir de chez moi, seul et contraint de rester avec moi même, aussi effrayant qu'il soit. J'étais malheureux, déprimé, seul et au plus mal. </div><div><br></div><div>Puis, la vie a repris son cours. Mes amis sont intervenus et grâce a eux j'ai petit a petit repris confiance en moi. J'ai profité de mes 26 ans pour faire mon coming out auprès de ma famille, commencer les hormones et faire un travail sur moi. J'avais enfin trouvé une psy géniale qui me faisait du bien, je parvenais doucement a ressortir, et a m'investir dans des projets collectifs pour me fixer des objectifs. Petit a petit, je parvenais a fréquenter de nouveaux les soirées, parler a de nouvelles personnes et me sentir mieux dans ma peau. Cela me faisait beaucoup de bien. </div><div>Juste avant les mesures de confinement, je me sentais enfin bien comme je ne l'avais plus été depuis longtemps. Je me sentais libre et beau. Je prenais de nouveau plaisir a faire la fête, être avec mes ami.e.s et ouvert a de nouvelles rencontres.</div><div><br></div><div>J'en veux au monde entier car je me sentais enfin bien, et voilà qu'on m'impose le confinement et on vient me voler mon bonheur. J'ai un énorme sentiment de frustration et je me dis que c'est tout simplement pas juste. Quand vais-je enfin avoir le droit d'être heureux ? </div><div><br></div><div>Je me sens incompris, car ma situation est loin d'être catastrophique ou oppressante pour beaucoup, mais peu importe, cela ne m'empêche pas de mal le vivre et de me sentir abandonné et malheureux. </div><div>Aujourd'hui, j'écris tout ça et j'ai peur de ne pas me sentir légitime, que je ne suis pas a plaindre, que je n'ai pas le droit de me plaindre... </div><div>Par peur de m'exprimer, j'ai gardé tout cela pour moi, mais aujourd'hui j'ai besoin que ça sorte. Je vis mal le confinement qui a des conséquences sur moi et vient altérer mon bien être, mon épanouissement et ma liberté.</div><div>Je compte les heures et les jours, je dors par ennui, et je me défonce un maximum pour que cela passe plus vite. Je erre et j'ai perdu toute motivation. </div><div><br></div><div>J'aspire pouvoir reprendre mes activités, retrouver mes repères et cercles sociaux, et délivrer de l'affection et de l'amour a toutes les personnes qui ont toujours été là pour moi, j'ai hâte de reprendre le cours de ma vie et d'être a mon tour un petit peu heureux, et surtout profiter de chaque seconde, j'ai hâte de pouvoir re-vivre un peu, car je suis constamment en colère et attristé en ce moment, et j'ai besoin d'air.</div>]]></description>
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         <pubDate>2020-04-21 16:35:57 UTC</pubDate>
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