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      <title>Clonage de Littérature engagée à compléter by LESPINAS Lilian</title>
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      <description>Présentation d&#39;œuvres engagées </description>
      <language>en-us</language>
      <pubDate>2021-03-22 08:22:03 UTC</pubDate>
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         <title>&quot;Liberté&quot;, Paul Eluard - 1942</title>
         <author>lilianlespinas</author>
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         <description><![CDATA[<div>Sur mes cahiers d’écolier<br>Sur mon pupitre et les arbres<br>Sur le sable sur la neige<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur toutes les pages lues<br>Sur toutes les pages blanches<br>Pierre sang papier ou cendre<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur les images dorées<br>Sur les armes des guerriers<br>Sur la couronne des rois<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur la jungle et le désert<br>Sur les nids sur les genêts<br>Sur l’écho de mon enfance<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur les merveilles des nuits<br>Sur le pain blanc des journées<br>Sur les saisons fiancées<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur tous mes chiffons d’azur<br>Sur l’étang soleil moisi<br>Sur le lac lune vivante<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur les champs sur l’horizon<br>Sur les ailes des oiseaux<br>Et sur le moulin des ombres<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur chaque bouffée d’aurore<br>Sur la mer sur les bateaux<br>Sur la montagne démente<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur la mousse des nuages<br>Sur les sueurs de l’orage<br>Sur la pluie épaisse et fade<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur les formes scintillantes<br>Sur les cloches des couleurs<br>Sur la vérité physique<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur les sentiers éveillés<br>Sur les routes déployées<br>Sur les places qui débordent<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur la lampe qui s’allume<br>Sur la lampe qui s’éteint<br>Sur mes maisons réunies<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur le fruit coupé en deux<br>Du miroir et de ma chambre<br>Sur mon lit coquille vide<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur mon chien gourmand et tendre<br>Sur ses oreilles dressées<br>Sur sa patte maladroite<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur le tremplin de ma porte<br>Sur les objets familiers<br>Sur le flot du feu béni<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur toute chair accordée<br>Sur le front de mes amis<br>Sur chaque main qui se tend<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur la vitre des surprises<br>Sur les lèvres attentives<br>Bien au-dessus du silence<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur mes refuges détruits<br>Sur mes phares écroulés<br>Sur les murs de mon ennui<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur l’absence sans désir<br>Sur la solitude nue<br>Sur les marches de la mort<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Sur la santé revenue<br>Sur le risque disparu<br>Sur l’espoir sans souvenir<br>J’écris ton nom<br><br></div><div>Et par le pouvoir d’un mot<br>Je recommence ma vie<br>Je suis né pour te connaître<br>Pour te nommer<br><br></div><div>Liberté.<br><br><br>Biographie :<br>Paul Eluard de son vrai nom Eugène Emile Paul Grindel est un poète née à Saint Denis le 14 Décembre 1895.<br>Il renonce à ses études à l’âge de 16 ans pour se reposer car il est atteint de la Tuberculose. Il rencontre Gala, une jeune femme Russe, qu’il épouse en 1917 et dont il se sépare en 1929.<br>Il publie ses premiers poèmes à l’âge de 18 ans avant de participer au début du surréalisme.<br>Dès 1925, il soutient la révolte des Marocains et en janvier 1927, il adhère au parti communiste français, avec Louis Aragon, André Breton, Benjamin Péret Pierre Unik.<br>Sa poésie prend une dimension plus politique. Sous l’occupation Allemande, il écrit des recueils comme « Livres Ouverts » publié en 1940. Il s’oppose discrètement au nazi.<br>Il écrit « Au rendez-vous Allemand » en 1944 où il s’oppose de manière plus violente.<br>Après la guerre, il aura une activité militante jusqu’à sa mort à Charenton-le-Pont le 18 Novembre 1952.<br><br></div>]]></description>
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         <pubDate>2021-03-22 08:40:56 UTC</pubDate>
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         <title>&quot;Madrid 1936&quot;, Pablo Neruda - 1938</title>
         <author>lilianlespinas</author>
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         <description><![CDATA[<div>Madrid seule et solennelle, Juillet t'avait surprise avec ta joie<br>De rayon de miel pauvre ; claire était ta rue,<br>Clairs étaient tes songes.<br>Un hoquet noir</div><div>De généraux, une vague<br>De soutanes rageuses<br>Rompit entre tes genoux<br>Ses eaux boueuses et leurs ruisseaux de fange.<br>Les yeux encore tout meurtris de sommeil,<br>Avec un vieux fusil et des pierres, Madrid,<br>Récemment blessée,<br>Tu te défendis. Tu courais<br>Dans les rues<br>Laissant les traces de ton sang sacré<br>Rassemblant, appelant d'une voix d'océan<br>Avec ton visage à jamais changé<br>Par la lueur du sang,<br>Madrid,<br>Comme une montagne vengeresse,<br>Comme une sifflante<br>Étoile de couteaux.<br><br></div><div>Lorsque dans les ténébreuses casernes,<br>Dans les sacristies de la trahison,<br>S'enfonça ton épée ardente,<br>Il n'y eut qu'un long silence d'aube,<br>Il n'y eut que le pas haletant des drapeaux,<br>Et qu'une honorable goutte de sang sur ton sourire.<br><br>biographie:<br>Né à Parral en 1904 et mort à Santiago en 1973, Pablo Neruda fut un poète, écrivain, homme politique et diplomate chilien. Après une enfance très proche de la nature, il publie ses <em>Vingt Poèmes d’amour et une chanson désespérée</em>. Ses œuvres se succèdent au long d’une vie marquée par les voyages, l’errance, l’exil : <em>Résidence sur la terre</em>, <em>Le Chant général</em>, <em>Les Vers du capitaine</em>, <em>Hauteurs de Machu Picchu</em>, <em>Les Odes élémentaires</em>, <em>La Centaine d’amour</em>… En 1971, Neruda reçoit le prix Nobel de Littérature « pour une poésie qui par l’action d’une force élémentaire donne vie à la destinée et aux rêves de tout un continent ». Atteint d’un cancer, le poète est mis en résidence surveillée par les putschistes du 11 septembre 1973. Il meurt douze jours plus tard, officiellement des suites de sa maladie, mais les derniers éléments de l’enquête tendraient à prouver qu’il fut éliminé par ses ennemis politiques.</div>]]></description>
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         <pubDate>2021-03-23 11:50:38 UTC</pubDate>
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         <title>&quot;étranges étrangers&quot;, Jacques Prévert - 1951</title>
         <author>lilianlespinas</author>
         <link>https://padlet.com/lilianlespinas/d357bysaj5unnc2a/wish/1342386609</link>
         <description><![CDATA[<div>Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel</div><div>Hommes de pays loin</div><div>Cobayes des colonies</div><div>Doux petits musiciens</div><div>Soleils adolescents de la porte d’Italie</div><div>Boumians de la porte de Saint-Ouen</div><div>Apatrides d’Aubervilliers</div><div>Brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris</div><div>Ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied</div><div>Au beau milieu des rues</div><div>Tunisiens de Grenelle</div><div>Embauchés débauchés</div><div>Manœuvres désœuvrés</div><div>Polacks du Marais du Temple des Rosiers</div><div>Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone</div><div>Pêcheurs des Baléares ou du cap Finistère</div><div>Rescapés de Franco</div><div>Et déportés de France et de Navarre</div><div>Pour avoir défendu en souvenir de la vôtre</div><div>La liberté des autres</div><div> </div><div>Esclaves noirs de Fréjus</div><div>Tiraillés et parqués</div><div>Au bord d’une petite mer</div><div>Où peu vous vous baignez</div><div>Esclaves noirs de Fréjus</div><div>Qui évoquez chaque soir</div><div>Dans les locaux disciplinaires</div><div>Avec une vieille boîte à cigares</div><div>Et quelques bouts de fil de fer</div><div>Tous les échos de vos villages</div><div>Tous les oiseaux de vos forêts</div><div>Et ne venez dans la capitale</div><div>Que pour fêter au pas cadencé</div><div>La prise de la Bastille le quatorze juillet</div><div> </div><div>Enfants du Sénégal</div><div>Dépatriés expatriés et naturalisés</div><div>Enfants indochinois</div><div>Jongleurs aux innocents couteaux</div><div>Qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés</div><div>De jolis dragons d’or faits de papier plié</div><div>Enfants trop tôt grandis et si vite en allés</div><div>Qui dormez aujourd’hui de retour au pays</div><div>Le visage dans la terre</div><div>Et des hommes incendiaires labourant vos rizières.</div><div>On vous a renvoyé</div><div>La monnaie de vos papiers dorés</div><div>On vous a retourné</div><div>Vos petits couteaux dans le dos.</div><div> </div><div>Étranges étrangers</div><div> </div><div>Vous êtes de la ville</div><div>Vous êtes de sa vie</div><div>Même si mal en vivez</div><div>Même si vous en mourez.<br><br>biographie:<br>Jacques Prévert (1900-1977) est  l'un des poètes français les plus populaires. Il est célèbre pour son écriture familière et ses jeux de mots. On lui doit « Paroles » en 1945, « Contes pour enfants pas sages » en 1948, ou le scénario de « Quai des Brumes » en 1938. Il est l'un des artisans du réalisme poétique.</div>]]></description>
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         <pubDate>2021-03-23 12:04:24 UTC</pubDate>
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         <title>&quot;Romance de la Garde civile espagnole&quot;, Federico García Lorca - 1928</title>
         <author>lilianlespinas</author>
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         <description><![CDATA[<div>Ils montent de noirs chevaux<br>dont les ferrures sont noires.<br>Des taches d’encre et de cire<br>luisent le long de leurs capes.<br>S’ils ne pleurent, c’est qu’ils ont<br>du plomb au lieu de cervelle.<br>Avec leur âme en cuir verni<br>par la chaussée ils s’en viennent.<br>Nocturnes et contrefaits<br>là où ils vont ils ordonnent<br>des silences de gomme obscure<br>et des pleurs de sable fin.<br>Ils passent, s’ils veulent passer,<br>cachant au creux de leur tête<br>une vague astronomie<br>de pistolets irréels.<br><br></div><div>Ô la ville de gitans !<br>Au coin des rues, des bannières.<br>La lune et la calebasse<br>et la cerise en conserve.<br>Ô la ville des gitans,<br>qui jamais peut t’oublier ?<br>Ville de douleur musquée<br>avec des tours de cannelle.<br><br></div><div>Comme descendait la nuit,</div><div>la nuit la nuit tout entière,</div><div>les gitans à leurs enclumes</div><div>forgeaient flèches et soleils.</div><div>Un cheval ensanglanté</div><div>frappait aux portes muettes.</div><div>Des coqs de verre chantaient</div><div>à Jerez de la Frontière.</div><div>A l’angle de la surprise</div><div>le vent nu tourne soudain</div><div>dans la nuit d’argent de nuit,</div><div>la nuit la nuit tout entière.</div><div>La Vierge et saint Joseph<br>ont perdu leurs castagnettes.<br><br></div><div>Ils vont prier les gitans</div><div>de se mettre à leur recherche.</div><div>La Vierge avance habillée</div><div>d’un costume d’alcaldesse</div><div>en papier de chocolat</div><div>et colliers d’amandes vertes.</div><div>Saint Joseph remue les bras</div><div>sous sa cape de satin</div><div>suivi de Pedro Domecq</div><div>avec trois sultans de Perse.</div><div>La demi-lune songeait</div><div>dans une extase d’aigrette.</div><div>Les terrasses s’emplissaient</div><div>d’étendards et de lanternes.</div><div>Et des danseuses sans hanches</div><div>à leurs miroirs sanglotaient.</div><div>L’eau et l’ombre, l’ombre et l’eau</div><div>à Jerez de la Frontière.<br>Ô la ville des gitans !<br>Aux coins des rues des bannières.<br>Voici la Garde civile.<br>Eteins tes vertes lumières.<br>Ô la ville des gitans !<br>Qui jamais peut t’oublier ?<br>Laissez-la loin de la mer<br>sans peigne à ses longues tresses.<br>Ils avancent deux par deux<br>vers la ville de la fête.<br>Une rumeur d’immortelles<br>envahit les cartouchières.<br>Ils avancent deux par deux.<br>Double nocturne de toile.<br>Le ciel pour leur fantaisie<br>n’est qu’un bazar d’éperons.<br>La ville multipliait<br>ses portes, libre de crainte.<br>Quarante gardes civils<br>pour la piller y pénétrèrent.<br>Les horloges s’arrêtèrent<br>et le cognac des bouteilles<br>se camoufla en novembre<br>pour que nul ne le suspecte.<br>Une volée de longs cris<br>jaillit dans les girouettes.<br>Les sabres fendent les brises<br>que les lourds sabots renversent.<br>Par les chemin de pénombre<br>s’enfuient les gitanes vieilles<br>avec leurs chevaux dormants<br>et leurs jarres de piécettes.<br>Au haut des rues escarpées<br>grimpent les capes funèbres,<br>faisant reluire fugaces<br>des moulinets derrière elles.<br>Les gitans se réfugient<br>au portail de Bethléem.<br>Saint Joseph, couvert de plaies,<br>enterre une jouvencelle.<br>Des fusils perçants résonnent,<br>toute la nuit, obstinés.<br>La Vierge applique aux enfants<br>de la salive d’étoiles.<br>Pourtant la Garde civile<br>avance en semant des flammes<br>dans lesquelles, jeune et nue,<br>l’imagination s’embrase.<br>Rosa, fille des Camborios,<br>gémit, assise à sa porte,<br>devant ses deux seins coupés<br>et posés sur un plateau.<br>Et d’autres filles couraient,<br>poursuivies par leur tresses,<br>dans un air où éclataient<br>des roses de poudre noire.<br>Lorsque toutes les terrasses<br>furent des sillons en terre,<br>l’aube ondula des épaules<br>en un long profil de pierre.<br>Ô la ville des gitans !<br>La Garde civile se perd<br>dans un tunnel de silence<br>tandis que les flammes t’encerclent.<br>Ô la ville des gitans !<br>Comment perdre ta mémoire ?<br>Qu’on te cherche dans mon front.<br>Jeu de lune et jeu de sable.<br><br>Biographie:<br>Federico Garcia Lorca (1899-1936)  naît au sein d'une famille andalouse aisée et libérale. Il s'intéresse très tôt aux différents domaines des arts et emprunte la voie de la poésie dès 1921 avec <em>Canciones</em> puis <em>Romancero gitano</em> (1928). Il approfondit et enrichit ses œuvres à travers ses nombreux voyages (<em>Poète à New York</em>, 1934). En alliant modernité et folklore populaire, Garcia Lorca emporte rapidement la reconnaissance du public.</div>]]></description>
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         <pubDate>2021-03-23 14:22:43 UTC</pubDate>
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         <title>&quot;Poème liminaire&quot;, Léopold Sédar Senghor - 1940</title>
         <author>lilianlespinas</author>
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         <description><![CDATA[<div>Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main chaude sous la glace et la mort<br>Qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’armes, votre frère de sang ?<br><br></div><div>Je ne laisserai pas la parole aux ministres, et pas aux généraux<br>Je ne laisserai pas — non ! — les louanges de mépris vous enterrer furtivement.<br>Vous n’êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur<br>Mais je déchirerai les rires <em>banania</em> sur tous les murs de France.<br><br></div><div>Car les poètes chantaient les fleurs artificielles des nuits de Montparnasse<br>Ils chantaient la nonchalance des chalands sur les canaux de moire et de simarre<br>Ils chantaient le désespoir distingué des poètes tuberculeux<br>Car les poètes chantaient les rêves des clochards sous l’élégance des ponts blancs<br>Car les poètes chantaient les héros, et votre rire n’était pas sérieux, votre peau noire pas classique.<br><br></div><div>Ah ! ne dites pas que je n’aime pas la France — je ne suis pas la France, je le sais —<br>Je sais que ce peuple de feu, chaque fois qu’il a libéré ses mains<br>A écrit la fraternité sur la première page de ses monuments<br>Qu’il a distribué la faim de l’esprit comme de la liberté<br>À tous les peuples de la terre conviés solennellement au festin catholique.<br>Ah ! ne suis-je pas assez divisé ? Et pourquoi cette bombe<br>Dans le jardin si patiemment gagné sur les épines de la brousse ?<br>Pourquoi cette bombe sur la maison édifiée pierre à pierre ?<br><br></div><div>Pardonne-moi, Sira-Badral, pardonne étoile du Sud de mon sang<br>Pardonne à ton petit-neveu s’il a lancé sa lance pour les seize sons du sorong <br>Notre noblesse nouvelle est non de dominer notre peuple, mais d’être son rythme et son cœur<br>Non de paître les terres, mais comme le grain de millet de pourrir dans la terre<br>Non d’être la tête du peuple, mais bien sa bouche et sa trompette.<br><br></div><div>Qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’armes, votre frère de sang<br>Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main chaude, couchés sous la glace et la mort ?<br><br>Biographie:<br>Léopold Sédar Senghor (1906-2001) est un poète, écrivain, homme d'État français, puis sénégalais et premier président de la République du Sénégal (1960-1980). Il fut aussi le premier Africain à siéger à l'Académie française.</div>]]></description>
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         <pubDate>2021-03-23 14:41:02 UTC</pubDate>
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         <title>&quot;Afrique&quot;, David Diop - 1956</title>
         <author>lilianlespinas</author>
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         <description><![CDATA[<div> Afrique mon Afrique <br>Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales <br>Afrique que chante ma grand-mère<br>Au bord de son fleuve lointain Je ne t`ai jamais connue <br>Mais mon regard est plein de ton sang <br>Ton beau sang noir à travers les champs répandu <br>Le sang de ta sueur <br>La sueur de ton travail <br>Le travail de l'esclavage <br>L`esclavage de tes enfants Afrique dis-moi <br>Afrique Est-ce donc toi ce dos qui se courbe <br>Et se couche sous le poids de l'humilité <br>Ce dos tremblant à zébrures rouges <br>Qui dit oui au fouet sur les routes de midi <br>Alors gravement une voix me répondit <br>Fils impétueux cet arbre robuste et jeune <br>Cet arbre là-bas <br>Splendidement seul au milieu des fleurs blanches et fanées C`est L'Afrique ton Afrique qui repousse <br>Qui repousse patiemment obstinément <br>Et dont les fruits ont peu à peu L’amère saveur de la liberté. <br><br>Biographie:<br>David Léon Mandessi Diop (1927-1960) est né le à Bordeaux, d'un père sénégalais et d'une mère camerounaise. Alors qu'il est âgé de huit ans, son père décède et David est élevé aux côtés de ses cinq frères et sœurs par sa mère Maria Diop.<br>Ses premiers poèmes sont publiés dans la revue Présence Africaine, et aussitôt reproduits par Léopold Sédar Senghor dans son Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française en 1948.</div>]]></description>
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         <pubDate>2021-03-23 14:57:45 UTC</pubDate>
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